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L' estime de soi sexuelle, pour une sexualité plus épanouie !

Rédigé le 29/09/2017 / 0

L'estime de soi est connue pour son impact sur la satisfaction sexuelle[1]. Une étude de juillet 2017 revient sur les facteurs qui influencent l'estime de soi sexuelle, chez les femmes. A la clé de cette compréhension, la possibilité de la stimuler...

D'après les spécialistes, l'estime de soi joue un rôle important dans le bonheur. Elle se définit comme une attitude positive ou négative envers soi-même (d'après Rosenberg, 1965). L'estime de soi sexuelle (EES) en découle et elle y est souvent corrélée (toutefois, une personne ayant une bonne estime d'elle-même globale peut se révéler très vulnérable dans sa sexualité).

L'estime de soi sexuelle en 2 mots

Les chercheurs Gaynor et Underwood l'ont définie en 1995 comme une "tendance à donner de la valeur ou à dévaluer sa propre sexualité, et donc à être capable d'approcher plus que d'éviter les expériences sexuelles avec soi-même et avec les autres". On comprend alors à quel point elle participe à la confiance sexuelle, qui favorise l'épanouissement sous la couette. 

Les échelles sont souvent utilisées pour évaluer un trouble sexuel. La sexual sef-esteem inventory for Women (SSEI-W) mesurer "les réactions affectives rencontrées lors de l'auto-évaluation portant sur la sexualité", d'après les auteurs. Elle se fonde sur 5 sous-items, qui aident à comprendre ce qui sous-tend l'ESS : l'attractivité, les compétences et l'expérience, le contrôle, le jugement moral et l'adaptabilité. Des scores élevés dans cette échelle sont donc habituellement "corrélés à une activité sexuelle dans le cadre de relations stables et engagées".

Les facteurs influençant l'estime de soi sexuelle

Certains facteurs altèrent l'ESS : un manque de respect ou un jugement de la part des partenaires, un manque d'ouverture et d'éducation sexuelle positive ou appropriée, un changement physique, le développement sexuel féminin, des évènements de vie stressants, des attentes culturelles ou sociétale, une faible satisfaction avec son apparences physique. Le harcèlement sexuel ou une agression sexuelle ont aussi un impact très négatif.

A l'inverse, d'autres favorisent l'ESS : l'expérience d'une relation ouverte, stable, respectueuse avec un partenaire, la confiance en soi et l'autonomie, l'ouverture à propos de la sexualité, l'attention/le respect/les avances de la part des hommes…

Le rapport avec son corps et les médias en cause

Les femmes entretiennent un rapport souvent complexe avec leur poids et ce dernier a un rôle déterminant dans l'EES.  Evalué avec l'IMC (index de masse corporelle), des études ont montré un lien significatif avec l'attractivité : plus il est élevé, plus cette dernière est jugée faible, et avec l'insatisfaction corporelle. En revanche, il n'est pas lié à la satisfaction sexuelle.

Le rôle des médias dans la promotion de la minceur et de la jeunesse s'avère crucial. Ces images de minceur idéale affectent la satisfaction vis-à-vis de son corps et l'image corporelle. Toutefois, toutes les femmes n'y sont pas sensibles, tout dépend de leur propension à se comparer et de l'intensité avec laquelle elles intègrent l'idéal promu par les médias. 

A suivre la semaine prochaine : Comment booster son estime de soi sexuelle ?

Etude source : The involving of cognitions, bdy and society's factors in the understanding of the sexual self-esteem by women. Hannier. Sexologies. Avril 2017. doi : 10.1016/j.sexol.2016.04.004

[1] The analysis of self-esteem, body image and sexual knowledge in single women 30--50 years of age: The study of their sexual satisfaction. Hopkins. Capella University. 2010

 

Refaire l'amour après une période d'abstinence

Rédigé le 22/09/2017 / 0

Sortir d'une période d'abstinence génère souvent beaucoup de questions. Quelques conseils pratiques offrent une reprise plus sereine et davantage tournée vers le plaisir.

De nombreuses raisons expliquent une période d'abstinence : une mauvaise expérience qui se révèle traumatisante, des remarques acerbes sur la taille du sexe ou les bourrelets, une séparation houleuse, l'arrivée d'un bébé qui relègue la sexualité au second plan, une maladie… Le souvenir de l'expérience malheureuse, qu'elle soit d'ordre sexuel, physique, affectif ou relationnel reste parfois tellement présent qu'il empêche de se projeter dans une nouvelle relation. L'abstinence qui en résulte est souvent mal vécue, dans une société où le sexe est apparemment très présent : sensation de ne pas être comme tout le monde, sentiment d'échec, de honte ou de culpabilité... Lorsqu'une nouvelle rencontre embrase à nouveau le corps et le cœur, l'appréhension est reine : sais-je encore faire l'amour ? Mon corps va-t-il bien réagir ? Comment mon partenaire jugera-t-il mon corps ? Ma partenaire me trouvera tel mauvais amant ?

7 conseils pratiques pour une "reprise" réussie

Des questions certes légitimes mais qui parasitent parfois les premiers rapports et empêchent de profiter pleinement de la reprise d'une vie sexuelle.

  • En parler à votre nouvel amant peut désamorcer le malaise. Bien sûr, il est inutile de passer la soirée entière sur la raison de l'abstinence ! Les détails n'ont pas forcément lieu d'être. Le but est simplement de vous mettre plus à l'aise et de donner à votre partenaire une information importante ; il évitera de vous brusquer et vous mettra en confiance s'il a un minimum de finesse.
  • Rassurez-vous, le sexe, c'est comme le vélo : ça ne s'oublie pas ! En mots plus clairs, si vous êtes excité(e), votre corps réagira par une érection ou la production de sécrétions vaginales (lubrification). Mais l'appréhension génère parfois un stress qui peut perturber ces réactions physiologiques. L'adrénaline, hormone du stress, s'oppose en effet à l'érection, elle précipite l'éjaculation et elle amoindrit la lubrification. De plus, une contracture réflexe des muscles du périnée peut compliquer la pénétration ou la rendre un peu douloureuse.
  • Détendez-vous… Vous ne jouez pas votre vie. Mettre ce rapport en perspective permet de prendre un peu de distance : vous êtes là pour être enflammé(e) par l'excitation et embrasé(e) par le plaisir d'être avec votre nouvel amant. De plus, avec l'expérience, tout le monde sait que la première fois est rarement la meilleure ; elle ne reflète pas non plus la vie sexuelle future. Alors, respirez profondément par le ventre, habillez-vous dans des vêtements qui vous mettent en valeur et dans lesquels vous vous sentez bien et hop, en piste !
  • Développez votre confiance sexuelle. Les femmes sont souvent un rapport à leur corps compliqué et une image de leur corps négative. Pour désirer, elles ont souvent besoin de se sentir désirables et aimables. Ni une ni deux, réconciliez-vous dès maintenant avec votre corps et suivez les conseils prodigués dans cet article. Les hommes succombent eux sous le poids des injonctions et de la performance. Travailler sur cette vision totalement stérile d'une sexualité performante est intéressant pour mieux s'en libérer, soit seuls avec de la réflexion et des lectures (par exemple, Histoires de pénis de Ronald Virag). Entretenez également votre sensualité au jour le jour : focalisez-vous sur vos points positifs et non vos défauts ; oubliez les injonctions sexuelles qui n'ont pas lieu d'être. Et cultivez l'érotisme pour vous rapprocher de vos sensations.
  • Choisissez la configuration qui vous convient La majorité des gens préfèreront un(e) amant qui attire vraiment et en qui la confiance est réelle ; la relation esquissée vous aidera à vous détendre réellement. Mais pour certains, ce type de situation est susceptible de mettre une pression supplémentaire, auquel cas il est préférable d'avoir une relation moins prometteuse : l'histoire d'un soir a l'avantage de se limiter à la nuit…
  • Centrez-vous sur vos sensations. Votre corps sait parfaitement ce qu'il fait ; les questions que vous vous posez, si elles vous obsèdent, l'entravent. Alors la solution est de faire confiance à votre corps et de vous concentrer sur les sensations physiques : les mains qui caressent la peau de l'autre, une bouche qui se livre, des corps qui se découvrent. Laissez-vous totalement aller…
  • Ne vous pressez pas. En prenant votre temps avant de passer à l'acte, vous laissez le désir monter doucement pour être maximal… Il vous submergera et le plaisir sera proportionnel ! Et le conseil est aussi valable le jour J : découvrez doucement le corps de l'autre, utilisez tous vos sens, l'écoute de la voix et des gémissements, la vue de ce corps dénudé, comme son odeur et son goût, le toucher érotique de sa peau. Et approchez de façon sensuelle des zones stratégiques… 

La sexualité au Maroc : le poids des mots, le choc des dessins

Rédigé le 19/09/2017 / 0

©Zainab Fasiki

Le Maroc est le lieu de tous les dangers pour les femmes, victimes de violences sexuelles et de préjugés terribles. La rentrée littéraire 2017 met en lumière le combat de deux femmes marocaines, l'écrivaine Leila Slimani et l'illustratrice Zainab Fasiki.

A 2000 km de la France, le Maroc oscille entre la modernité et le traditionnalisme, qui est semble l'emporter et marquer au fer rouge les relations entre hommes et femmes. Les rapports sexuels hors mariage y sont passibles d'amende et de prison, tout comme l'homosexualité et l'avortement pratiqué pour des raisons non médicales. La femme marocaine n'a que deux options : être considérée comme une "pute" si elle vit sa sexualité comme elle l'entend ou comme une épouse potentielle, si elle reste vierge. Un dualisme schizophrénique, qui est le reflet de la société marocaine et de ses hommes… Eux ont le droit de "s'amuser" et les femmes sont leur propriété ; ils décharger leurs pulsions sexuelles et leur violence sur elles.   Ce manichéisme de la vision féminine est tellement surprenant psi l'on se souvient qu'au 15ème siècle, le monde arabe diffusait des écrits d'un érotisme torride et choquant pour l'Occident…

Les femmes libres paient un tribut terriblement lourd pour rester fidèles à leurs convictions : la société les juge avec une sévérité abyssale, elle les ostracise, elle les violente.Quant à celles qui refusent les rapports sexuels avant le mariage, elles maintiennent certes leur réputation et leur intégration dans la société. Elles se prêtent parfois à la sodomie, pensant rester vierges parce qu'elles gardent un hymen intact ; celles qui ont cédé aux plaisirs sexuels, passent parfois par la case chirurgie pour se refaire une virginité. Cruelle hypocrysie de la société qui pousse ses vierges à avoir des rapports anaux et d'autres à demander une reconstruction artificielle de l'hymen... Même une fois mariées, le parcours de la combattante est loin d'être fini : les femmes sont souvent la proie de viols conjugaux, de coups et blessures.

Les violences sexuelles, le quotidien des femmes 

Les agressions sexuelles sur les femmes sont également légion au Maroc. 63% des femmes avaient vécu une violence. 2/3 ont lieu dans des espaces publics. Une réalité tragique mais culturellement acceptée…

De peur d'entacher leur réputation, de voir leur carrière freinée et d'être mises au ban de la société, les femmes osent peu parler des violences qu'elles ont subi. La double peine. le viol et l'ostracisme qu'il provoque…

Un combat pour faire évoluer la société

Certaines femmes s'élèvent avec courage et détermination contre les violences sexuelles ; elles font bouger les choses en les dénonçant et en libérant la parole. La parole, une arme massive, pour Leïla Slimani, auteure du livre Sexe et mensonge, la vie sexuelle au Maroc, aux éditions des Arènes : informer, communiquer, libérer. La parole et les femmes… Le roman, également été mis en BD, sous le titre Paroles d'honneur, avec des dessins de Laëtitia Coryn, est édifiant.

Cet été, des violences sexuelles, perpétrées dans l'espace public et filmées, ont suscité de vives réactions et manifestations. Les dessins de Zainab Fasiki, future ingénieure, ont été particulièrement repérés en août, lorsqu'une jeune femme a subi des violences dans un bus, dans l'indifférence générale. Armé de sa tablette et d'un stylet électronique, la jeune illustratrice dénonce sur sa page Facebook les inégalités entre hommes et femmes et brise les stéréotypes marocains. Comme toutes les femmes, la future ingénieure estime avoir toujours été harcelée, et elle craint d'utiliser les transports en commun de peur d'être agressée. Mais son travail ne se limite pas à illustrer les violences et les douleurs ; elle célèbre aussi le corps féminin, en prêtant des courbes sensuelles à ses héroïnes. Elle n'hésite pas à les dénuder pour rendre hommage à la beauté artistique du corps féminin. Elle publiera une BD, Omor, qui relate la vie quotidienne de 3 jeunes femmes, représentatives de la diversité marocaine.

Bravo à leur combat admirable pour la liberté des femmes…

 

Le clitoris, the "place" to touch

Rédigé le 08/09/2017 / 0

Une étude*, parue cet été dans le Journal of Sex and marital therapy, confirme que le clitoris est incontournable dans l'orgasme féminin pour la majorité des femmes. Pourtant, il reste souvent "oublié" par les hommes, privilégiant la pénétration.

En juin 2015, un peu plus de 1000 femmes américaines, âgées de 18 à 94 ans, ont rempli un questionnaire en ligne. L'objectif ? Connaître leurs expériences concernant le toucher génital (en terme plus poétiques, les caresses prodiguées au clitoris).

Le clitoris, incontournable dans le plaisir féminin

18,4% des femmes rapportaient que la pénétration seule était suffisante pour avoir un orgasme (en sachant que la racine interne du clitoris est à l'origine de ce plaisir). Plus d'1/3 des femmes estimaient que la stimulation était nécessaire en complément. Plus du 1/3, évaluaient aussi que l'orgasme était meilleur s'il était caressé en même temps que la pénétration, même si la stimulation du clitoris n'était pas nécessaire à l'orgasme. Les 9% restant n'avaient pas d'orgasme ou décrivaient d'autres besoins, comme le cunnilingus ou une stimulation du clitoris avant le rapport. Inutile d'être mathématicien pour conclure que pour la majorité des femmes, caresser le clitoris est la clé de l'orgasme féminin.

Des goûts variés…

Les hommes vont (encore) paniquer mais en matière de clitoris, la diversité est reine…Où ? Comment ? A quelle pression ? sont 3 questions loin d'être anodines.

Près de 2/3 des femmes préféraient une stimulation directe du clitoris. D'autres aimaient un peu en dessous ou au-dessus, ou encore sur les côtés (20% préféraient des caresses des lèvres tandis que 5% évitaient le clitoris). Concernant le style de caresses, près de 64% préféraient les mouvements du haut vers le bas et plus de 51% des mouvements circulaires. 30% optaient pour des variations d'un côté à l'autre. La majorité des sondées préféraient une pression douce ou moyenne (seulement une femme sur 10 aimait la fermeté). Pour 1/5, toutes les pressions se valaient. Les femmes ont souvent le même schéma : les des mouvements rythmiques, ou circulaires, ou alterner différents mouvement,…

Faire, montrer, communiquer…

Comme l'illustrent à nouveau ces chiffres, le rapport sexuel se fait au grand détriment du clitoris et du plaisir féminin : il reste centré sur le phallus et la pénétratiion.

Rares sont les amants qui s'aventureront spontanément du côté du clitoris, force est de le reconnaître. Mesdames, prenez-en votre partie (pour le moment) mais éduquez-les : l'évolution de votre vie sexuelle et la sexualité des générations futures dépendent de vous... Alors caressez-vous ou apprenez à vous connaître (testez les localisations, les différents mouvements, les pressions). Puis montrez à votre homme comment faire ou parlez-lui : bref mettez toutes les chances de votre côté pour qu'il vous fasse l'amour comme vous en avez envie (et besoin) ! Et transmettez à vos filles et à vos fils l'importance du clitoris…

* Source : Women's Experiences With Genital Touching, Sexual Pleasure, and Orgasm: Results From a U.S. Probability Sample of Women Ages 18 to 94. Herbenick. J Sex Marital Ther. 2017 Jul 5:1-12. doi: 10.1080/0092623X.2017.1346530.