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Vagin : détox et paillettes, de dangereuses "tendances"

Rédigé le 31/08/2017 / 0

Un sauna vaginal ou des boulettes d''herbes pour assurer la détox de cet organe féminin, des paillettes pour embellir les sécrétions intimes… les dernières tendances se révèlent stupéfiantes. Sur un plan médical, irritations, altération de la flore vaginale, mycoses sont possibles. Sur un plan psychologique, quelle image ont la société et les femmes du vagin pour imaginer et accepter de telles pratiques ? Alerte rouge sur des procédés qui ne sont pas sans risque.

Les paillettes vaginales, un cauchemar pour la flore ?

Tel un conte de fée vaginal, une tendance s'est propagée sur la toile cet été. Des paillettes pour les sécrétions féminines, n'est-ce pas un excellent moyen de les glamouriser un peu ? On introduit dans le vagin une pilule 1 heure avant le rapport et hop, des paillettes comestibles illuminent de tous leurs feux les sécrétions féminines et les aromatisent au goût de bonbon. On se croirait chez Walt Dysney, avec ce vagin digne des princesses… et d'après le site qui commercialise les paillettes magiques, c'est tout de même plus sympa d'avoir "quelque chose d'étincelant plutôt que de blanc et poisseux". Commentaire féministe, à quand les paillettes pour le sperme... ? 

C'est une hérésie d'introduire dans le vagin des composés discutables, qui n'ont rien à faire là ! Les pilules contiendraient un colorant à base de sucre, de la gélatine, de l'acacia. Ces corps étrangers risquent fort de perturber l'équilibre fragile de la flore vaginale. Avec à la clé des mycoses, des vaginoses, des inflammations… Et les germes, avides de sucre, risquent fort d'apprécier ce repas inespéré ! De plus, le site suppute que les paillettes sont compatibles avec un préservatif mais aucun test n'a été réalisé...

La détox du vagin : sauna, sachets d'herbes… et mycoses

Assises sur une chaise percée, les adeptes de la détox vaginale reçoivent un bain de vapeur parfumé aux huiles essentielles, une sorte d'inhalation pour vagin, dont la mode a été lancée il y a 2 ans par Gwyneth Paltrow. Ce sauna vaginal est censé provoquer une sudation au niveau du périnée et des orifices qu'il abrite. Il "stimule la production d'hormones, protège l'utérus des ulcères et tumeurs, soigne l'inconfort abdominal et calme les nausées, tue les vers intestinaux et active la circulation sanguine" d'après Internet... Certaines crédules n'hésitent pas à croire qu'il soigne l'infertilité. Or les promesses de cette pseudo-panacée se transforment en réalité à risques multiples pour les gynécologues.

Le corps est une merveille de perfection et il se charge seul d'assurer le bon fonctionnement du vagin, grâce à un écosystème efficace. Maintenu à la température de 37 degrés, il n'a pas besoin d'un excès de chaleur, qui offre un bouillon de culture très apprécié des champignons comme le Candida albicans, et des autres germes ! De plus, elle perturbe la flore vaginale, ces bonnes bactéries qui forment un biofilm sur la muqueuse du vagin et protègent des infections ; la vapeur d'eau risque par ce biais, et contrairement à l'objectif promis, d'assécher la muqueuse vaginale et de favoriser le développement des mycoses…

Dans le même genre, il est possible de se procurer sur Internet des sachets d'herbes mystérieuses à introduire dans le vagin pour le "détoxifier" ainsi que l'utérus. Il est impossible de savoir précisément ce qu'ils contiennent et l'introduction de ce corps étranger suspect ne semble pas raisonnable du tout ! A la clé, des irritations de la muqueuse vaginale, une perturbation la flore, des infections, voire un choc septique…

Vous avez envie de prendre soin de votre vagin ? Evitez-lui les bains de vapeur et autres douches vaginales, n'utilisez pas de savon asséchant pour la vulve mais un pain surgras et n'abusez pas des toilettes intimes : une fois par jour et délicatement…

En savoir plus :

 

Onanisme : 3 questions sur la masturbation

Rédigé le 25/08/2017 / 0

Pour clôturer cette série des mots du sexe en -isme, je réponds à 3 questions sur l'onanisme, qui qualifie aujourdhui la masturbation. Pourquoi je jouis plus facilement en me caressant ? Pourquoi j'éjacule en me masturbant et non avec une femme ? Pourquoi je n'ose pas me masturber ?

Le terme d'onanisme provient d'un passage de la Genèse… Le frère d'Onan décède et Onan est tenu de suivre la loi du lévirat et de donner une descendance à sa belle-sœur, devenue veuve. Un acte qu'il refuse et lors de leur rapport, il éjacule en dehors d'elle et laisse la semence se perdre... C'est la technique du coït interrompu (l'efficacité théorique de cette méthode contraceptive, connue sous le nom de méthode du retrait, est de 96% mais elle chute à 78% en utilisation pratique). 

Aujourd'hui, l'onanisme définit l'ensemble des pratiques, notamment auto-érotiques, pour parvenir à l'orgasme en dehors du coït normal (source : CNRL). Aujourd'hui, il se rapporte essentiellement à la masturbation. 

Pourquoi je jouis plus facilement en me caressant que durant la pénétration ?

Plaisir solitaire tellement appréciable, dont Woody Allen disait avec justesse : la masturbation, c’est faire l'amour avec quelqu'un qu'on aime... Je rajouterais : et que l'on connait bien ! Pour les femmes, il est souvent plus facile de jouir en se caressant qu'en faisant l'amour. Tout simplement parce qu'elles connaissent leur corps et elles savent parfaitement où et comment appuyer… autrement dit sur le clitoris, organe exclusivement consacré à la jouissance. Seules 35% des femmes jouissent lors de la pénétration[1]. Un autre tiers jouit en associant une stimulation du clitoris[2] et un autre tiers n'a pas d'orgasme du tout. Pour augmenter son plaisir lors de la pénétration, il ne faut pas hésiter associer les caresses manuelles. Autre possibilité : montrer à son partenaire comment le faire ou lui demander un cunnilingus. Une étude[3] avait montré en 2017 que le golden trio pour 89% des participantes était des baisers langoureux, un cunnilingus et des stimulations vaginales à l'aide des doigts.

Pourquoi j'éjacule en me masturbant, mais pas avec une femme ?

Certains hommes aussi ont beaucoup plus de facilité à éjaculer quand ils se caressent que quand ils font l'amour avec une femme. Le plus souvent, cela relève d'une absence de lâcher-prise ; la raison peut se trouver dans une difficulté à s'abandonner à son plaisir avec une femme et à perdre le contrôle (cette situation arrive souvent à des gens rigides, dans le contrôle). Il peut y avoir une vision sale du sperme ; une peur de la paternité qui l'empêche d'éjaculer dans sa partenaire ; il peut aussi craindre la dépendance à la femme si elle le fait jouir et il retient son plaisir pour ne pas en souffrir. Parfois, c'est le rapport à la mère dans l'enfance qui est en cause, a fortiori si cette anéjaculation est présente depuis le début de la vie sexuelle.

Après une longue période de célibat et de masturbation intensive, il est parfois difficile de changer la façon de parvenir à l'éjaculation. Le pénis (et le cerveau) se sont habitués à la main, et le corps s'est conditionné à jouir de cette façon. Il faut alors lui apprendre à prendre du plaisir dans ces nouvelles conditions.

Pourquoi je n'ose pas me masturber ?

La masturbation a longtemps été tabou pour les femmes ; on estimait qu'elle était normale pour les hommes qui "avaient plus de besoin" (je ne cautionne pas cette idée reçue) mais inconcevable pour la gent féminine. Les choses évoluent et la masturbation rentre davantage dans les mœurs (voir chiffres ci-dessous). Toutefois, elle n'est pas une obligation ! Et si la situation est bien vécue, elle ne pose aucun problème.

Plusieurs raisons peuvent l'expliquer : une éducation stricte ou culpabilisant le plaisir, la honte, l'absence de besoin, voire le manque de temps,,… Certaines femmes ayant une vie sexuelle épanouie en couple voient leurs envies de plaisir solitaire diminuer. Si le fait de ne pas se caresser provient d'un sentiment négatif et génère une souffrance, il peut être intéressant de réfléchir aux raisons, d'apprendre à mieux se connaître et à s'autoriser à se donner du plaisir. Consulter un psychologue ou un sexologue dans certains cas fait souvent gagner du temps, à l'aide de ce regard extérieur et professionnel.

En 2009, une étude portant sur plus de 5000 américains des 2 sexes avait été réalisée et livré quelques chiffres, que je vous communique avec cet article. Ce n'est pas un scoop, les hommes se masturbent davantage que les femmes, quelle que soit la tranche d'âge. Globalement, environ 33% des femmes entre 25 et 69 ans se masturbent quelques fois par an voire mensuellement (pour 15 à 30% des hommes, selon la tranche d'âge). Environ 25% des hommes se masturbent quelques fois par mois, voire de façon hebdomadaire (pour 1 femme sur 5 entre 25 et 49 ans).

[1] Differences in orgasm frequency among gay, lesbian, bisexual and heterosexual men and women in a US national sample. Frederick, D.A., John, H.K.S., Garcia, J.R. et al. Arch Sex Behav (2017). doi:10.1007/s10508-017-0939-z 

[2] source : sondage IFOP 

[3] Differences in orgasm frequency among gay, lesbian, bisexual and heterosexual men and women in a US national sample. Frederick, D.A., John, H.K.S., Garcia, J.R. et al. Arch Sex Behav (2017). doi:10.1007/s10508-017-0939-z 

 

Sommes-nous tous fétichistes ?

Rédigé le 16/08/2017 / 0

La vue d'une nuque qui trouble davantage que celle d'une poitrine pigeonnante, des bas en soie qui font grimper le désir en flèche… Nous sommes tous ou presque plus ou moins fétichistes mais à partir de quand est-on vraiment fétichiste ? Comment l'explique-t-on et le soigne-t-on ?

Des bas portés par votre partenaire embrasent votre excitation ? Vous fantasmez sur les jolis pieds ? Vous n'êtes pas fétichiste pour autant… Nous avons tous ou presque un vêtement, une partie du corps, qui augmente particulièrement notre excitation, sans que cela pose problème. Avoir des préférences vestimentaires ou corporelles est même un jeu érotique excitant dans le couple, lorsqu'il est pratiqué ponctuellement. Un sms évocateur embrassera les fantasmes de l'autre, avant des retrouvailles épicées, et décuplera le plaisir.

Le fétichisme, un retentissement problématique

En revanche, avoir systématiquement besoin que sa partenaire porte des bas en soie, un tissu en cuir ou encore des escarpins pour être excité et pour prendre du plaisir, cela répond à la définition du fétichisme (littéralement "adoration d'un fétiche"). La satisfaction sexuelle dépend intégralement de la présence de ce fétiche, ou elle se focalise systématiquement sur une partie du corps, comme les pieds. Ce qui peut faire sourire au prime abord est en réalité problématique : imaginez un tendre câlin au réveil, en pyjama, et votre amant qui vous demande de porter une combinaison en latex… Ennuyeux, non ? Ou votre partenaire se focalise sur vos pieds au détriment de votre clitoris, ce qui se révèle très frustrant !

La définition précise de la paraphilie, dont fait partie le fétichisme, est la suivante : il s'agit "d'un fantasme ou d'un comportement sexuel récidivant et sexuellement excitant, survenant depuis au moins 6 mois, et ayant un retentissement gênant pour le sujet, ou la société, voire pour l'entourage" (source : DSM-IV). D'après une étude[1] de 2007, le fétichisme le plus répandu concernerait celui concernant une partie du corps, comme les pieds, par exemple.

A la recherche d'une cause

Si Freud le mettait en rapport avec le complexe de castration, les chercheurs peinent encore à expliquer ce type de comportement. Est-il lié à l'enfance (avec l'association des premières sensations érotiques et de certains souvenirs) ? A la biologie ?

Tout est possible mais le cerveau pourrait apporter une réponse intéressante, et notamment le lobe temporal (lobe du cerveau situé près de la tempe. C'est en tout cas l'hypothèse de chercheurs japonais[2], qui ont profité de l'arrestation d'un fétichiste des sous-vêtements de 24 ans, pour passer son cerveau à un appareil appelé "tomographie d'émission monophotonique". Le débit sanguin était diminué dans certaines parties du cerveau, au niveau des lobes temporaux et occipitaux. Les chercheurs conseillent donc de réaliser cet examen en suspicion de fétichisme. Le jeune homme suivit une thérapie comportementale, traitement de référence jusqu'à présent, et vit son trouble s'améliorer.

Une prise en charge complexe

Le fétichisme provoque une souffrance et il est problématique dans la vie de couple. Ce qui pousse les fétichistes à consulter un sexologue. On réalise alors un travail progressif d'évitement de l'objet impliqué et en parallèle, il est important de développer des fantasmes, de travailler sur l'excitation et le plaisir, de façon à les associer à une sexualité jugée plus classique.

[1] Relative prevalence of different fetishes. Scoroli. International Journal of Impotence Research (2007) 19, 432–437; doi:10.1038/sj.ijir.3901547; published online 15 February 2007

[2] Underwear fetichism induced by bilaterally decreased cerebral blood flow in the temporo-occipital lobe. Koji Masuda. BMJ Case Reports 2014; doi:10.1136/bcr-2014-206019

Domination et soumission, de puissants leviers d'excitation

Rédigé le 04/08/2017 / 0

Dans la série des mots du sexe en –isme, j'aborde cette semaine le sadomasochisme. L'occasion d'aborder le rapport de domination et de soumission, levier puissant d'excitation et de plaisir, dans le couple…

Des pratiques pimentant la sexualité

Fessées, menottes, cordes et mots crus ont envahi l'ébat sexuel… Et c'est notamment via des romans comme Fifty shade of Grey, faisant l'apologie de pratiques soft de domination et soumission. Elles ont été assimilées au SM, à tort ou à raison, l'article n'aborde ce débat. L'intrigue est fréquemment la même : une jeune oie blanche apprend les délices de la transgression, grâce à son puissant et dominateur amant. Un scénario très classique des romans érotiques, relevant de fantasmes masculins (gageons que la littérature X féminine changera un peu les choses). Depuis, les ventes des accessoires de jeu SM grimpent aux rideaux ! Ils accentuent en effet les rapports de domination et de soumission, le jeu de contrôle et de perte de contrôle…

Autrement dit, des leviers très connus dans la sexualité, qui décuplent l'excitation et le plaisir qui en découle. Pour quelles raisons ? Du côté du soumis (ou de la soumise), ces leviers jouent sur l'abandon à l'autre. On est à la merci de celui qui pourrait tout nous infliger, mais ne nous offrira que du plaisir… Un jeu qui simule l'exposition au danger. Du côté du dominant, il obtient la toute-puissance sur son ou sa partenaire, avec la possibilité de faire mal ou de faire jouir… Bien sûr, il s'agit de fantasme et d'imaginaire, pas de violence infligée chez la plupart des couples. C'est parfois tout simplement faire une fellation, assise aux pieds de l'homme debout : qui est soumis et qui domine ? Celle qui est aux pieds de l'homme ? Ou elle domine en étant maîtresse du plaisir de l'autre ?

Ainsi le lit offre-t-il un espace de jeux en dehors du réel et de piquants jeux de rôles. Le besoin de se soumettre ne traduit nullement une faiblesse ou une soumission sociale. Tout comme les dominateurs (ou dominatrices) sexuels ne sont pas des despotes dans la vie quotidienne…

Le sadomasochisme, domination et soumission extrèmes

Dans sa forme pure, le sadomasochisme[1] fait partie de ce que l'on appelle les paraphilies, baptisées autrefois les perversions. A l'instar de l'exhibitionnisme, du fétichisme, de la zoophilie,… Ce sont des pratiques qui n'utilisent pas les ressorts sexuels jugés "normaux" par la société (à savoir que la normalité sociétale est variable selon les époques). Le plaisir est obtenu par un schéma répété, en faisant intervenir le sujet ou l'objet de la paraphilie (par exemple les chaussures en cas de fétichisme sur les chaussures).

Le masochiste ne jouira que dans la souffrance et l'humilation ; il n'aura pas d'orgasme dans un rapport classique. Son cerveau produit des endorphines, des antidouleurs naturels, qui sont sécrétés lors du plaisir, de l'orgasme et de la souffrance. Celle-ci est transformée en plaisir sexuel dans le cadre du masochisme. Le sadique, lui, prendra un plaisir à la fois psychologique et physique dans la douleur qu'il impose. Il frappe ou utilise la violence psychologique pour blesser son partenaire de jeux érotiques. Le pouvoir dont il dispose devant sa ou son partenaire, décuple son excitation et son plaisir. Il se confronte au pouvoir dont elle dispose sur un autre être humain et à sa toute-puissance.

Les sadomasochistes utilisent exactement les mêmes ressorts que les adeptes de domination et de soumission, mais à la puissance 100, pour augmenter leur plaisir. Car le plaisir est mutuel et partagé, c'est là tout l'enjeu du rapport SM. Il apporte un apaisement et un épanouissement sexuel aux couples qui le pratiquent.

Il est toutefois indispensable de mettre un garde-fou pour ne pas sombrer dans des pratiques trop violentes, qui mettent en jeu la santé, voire la vie (le SM n'a pas forcément conscience de ses limites).

Vacances du 5 au 15 août, je vous retrouve le 16 avec le fétichisme... 


[1] Le sadomasochisme est relatif aux écrits du Marquis de Sade qui racontait les plaisirs ressentis en infligeant une souffrance à ses partenaires, et à ceux de Leopold Van Der Masoch, qui aborda la notion de soumission sexuelle.