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Hystérectomie : quels effets sur la sexualité ?

Rédigé le 24/10/2016 / 0

Le point de l'International Society of Sexual Medicine sur l'hystérectomie et ses répercussions sur la sexualité, est l'occasion de parler des conséquences de l'hystérectomie. Une étude[i] datant de juillet 2016 et publiée dans le Journal of Sexual medecine, estime que les changements restent très mineurs, dans la plupart des cas.

Les études à ce propos ont souvent relayée des conclusions différentes, notamment parce que les populations étudiées ne sont pas forcément homogènes. Les femmes ont un profil psychologique différent, une histoire et un bien-être sexuels différents, un statut hormonal variable (ménopausées ou pas), elles sont issues de culture différente.

D'après l'étude israélienne de juillet 2016, la grande majorité des femmes ne voient pas de grand changement dans leur vie sexuelle. Certaines voient leur vie sexuelle s'améliorer lorsque celle-ci était perturbée par des saignements intempestifs, la douleur, l'incontinence. D'autres sont libérées par le fait d'être débarrassée du risque de grossesse et elles profitent davantage de leur vie sexuelle. Et si les sensations au niveau génital pouvaient être différentes, ces changements restaient mineurs.

Lorsque la baisse du taux d'œstrogène du fait de l'ablation des ovaires, affecte les rapports en diminuant la lubrification, l'administration d'oestrogènes compensera le plus souvent cette baisse et améliorera les douleurs durant les rapports.

Pas de différence quand on laisse le col de l'utérus

Par le passé, certains estimaient qu'une hystérectomie subtotale, laissant en place le col de l'utérus assurait une meilleure vie sexuelle. Il semblerait que des études plus solides, dont une revue[ii] de Cochrane,  ne retrouvent pas de différence entre les type d'interventions.

Des conséquences négatives dans certains cas

Une étude[iii] évaluait à 10 à 20% la proportion de femmes dont la vie sexuelle était altérée par l'opération, du fait de douleurs durant le rapport sexuel (dyspareunie) ou de sensations d'orgasme perturbées. La présence de dépression avant l'intervention ou d'une vie sexuelle insatisfaisante constituaient des facteurs de risque.

D'autre part, l'image de soi est parfois mise à mal par l'ablation de l'utérus, organe de la féminité pour certaines. Un travail psychologique permettra de rééquilibrer la situation et de placer la féminité ailleurs que dans l'utérus et les règles…


[i] Current Practice in Hysterectomy for Benign Reasons and Its Effect on Sexual Function. Yechiel. Jour of Sex Med. July 2016. DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.jsxm.2016.06.007

[ii] Total versus subtotal hysterectomy for benign gynaecological conditions. Letbaby. Cochrane Database Syst Rev. 18-04-2012. doi: 10.1002/14651858.CD004993.pub3.

[iii] Effects of Hysterectomy on Sexual Function. Lonée-Hoffmann. Curr Sex Health Rep. 14-09-14. doi:  10.1007/s11930-014-0029-3

Sept façons de prendre soin de votre érection

Rédigé le 17/10/2016 / 3

 Phallus étrusque funéraire, @wikimedia

Dorlotez votre pénis et évitez le trouble de l’érection avec quelques conseils de base.

  • Arrêtez de fumer : le tabac est nocif sur les vaisseaux et c'est un facteur de risque[1] de trouble de l’érection par son effet sur les vaisseaux et probablement sur le système sympathique.

 

  • Faites du sport : la sédentarité est l’ennemie de l’érection, notamment parce qu'elle augmente le risque de maladie vasculaire. La pratique régulière d’une activité physique améliore l’érection, chez les hommes jeunes[2], comme chez les hommes plus âgés. Attention, n’abusez pas du vélo puisque le cyclisme intense peut provoquer un trouble de l’érection...

 

  • Faites surveiller votre tension, le cholestérol et la glycémie. Le trouble de l’érection partage les mêmes facteurs de risque[3] que la maladie cardio-vasculaire.

 

  • Luttez contre le stress : l’adrénaline, l’hormone du stress, s’oppose à l’érection. Alors apprenez à vous détendre, à l’aide de sophrologie par exemple, ou en faisant du sport pour évacuer les mauvaises ondes (vous ferez d'une pierre deux coups, voire ci-dessus).

 

  • Mettez la pédale douce sur l’alcool. Même si les études ne retrouvent pas toutes l’effet négatif de l’alcool sur l’érection ; par mesure de précaution, limitez votre consommation.

 

  • Evitez certains médicaments, tant que faire ce peut. Certains sont connus pour leur effet négatif  sur l’érection: anxiolytiques, antidépresseurs, collyres contre le glaucome font mauvais ménage avec l’érection. Mais n’arrêtez jamais votre traitement sans l’avis de votre médecin !

 

  • Faites l’amour régulièrement. Je finis par ce conseil qui vous enchantera sans doute : l'activité sexuelle régulière diminue le risque de dysfonction érectile. D'après cette étude, les hommes de plus de 55 ans qui avaient moins d’un rapport par semaine souffraient davantage de trouble de l’érection[4 que ceux qui en avaient plus... 

[1] Concurrent relations among cigarette smoking status, resting heart rate variability, and erectile response.

Harte CB1. J Sex Med. 2014 May;11(5):1230-9. doi: 10.1111/jsm.12486.

[2] Exercise is associated with better erectile function in men under 40 as evaluated by the International Index of Erectile Function.

Hsiao W1, J Sex Med. 2012 Feb;9(2):524-30. doi: 10.1111/j.1743-6109.2011.02560.x.

[3] Erectile dysfunction heralds onset of cardiovascular disease.

Basu J, Practitioner. 2016 Jun;260(1794):21-3, 3.

[4] Regular intercourse protects against erectile dysfunction: Tampere Aging Male Urologic Study. Koskimäki. Am J Med. 2008 Jul;121(7):592-6. doi: 10.1016/j.amjmed.2008.02.042.

 

Pas ce soir chérie, j'ai mal à la tête...

Rédigé le 10/10/2016 / 0

Un titre qui prête à sourire pour une affection qui n'a rien de drôle et qui entache sérieusement la sexualité de ceux qui en souffrent… Imaginez votre vie sexuelle si un mal de tête sévère survenait à chaque orgasme ou à chaque fois que l'excitation sexuelle monte. C'est le lot chez ceux qui souffrent de "céphalées liées à l'activité sexuelle", qu'elles soient orgasmiques ou coïtales (durant le rapport). Explications.

La fréquence de ces céphalées est mal connue, les patients rechignant à rapporter à leur médecin le moment où la douleur survient. Elle serait de 0,9%[1] et elle touche davantage les hommes que les femmes. On dénote deux pics de fréquence : la vingtaine et la quarantaine.

Il en existe 2 types : dans le premier, le mal de tête se situe des deux côtés du crâne, le plus souvent au niveau occipital (à l'arrière) et il s'accentue au fur et à mesure que l'excitation monte. Il disparaît en quelques minutes ou quelques heures.

Dans le second type, le plus fréquent, la douleur survient juste avant ou pendant l'orgasme et si elle commence souvent au niveau occipital, elle diffuse fréquemment à l'ensemble du crâne.

Chez un tiers des patients, la masturbation peut également provoquer ces douleurs.

Une origine encore mal comprise

Les mécanismes en cause restent obscurs. Le type 1 serait provoqué par une tension musculaire exacerbée. Le type 2 pourrait être lié à l'augmentation de la pression intracrânienne, observée durant l'orgasme. Certains médicaments faciliteraient ces céphalées: l'amiodarone, certaines pilules, la pseudoéphédrine, tout comme le cannabis.

Un traitement parfois indispensable

D'après l'article du British Journal of Medical Practitionners[2], 25% des patients souffrent de douleurs sévères durant 2 à 4 heures et 15% pendant plus de 4 heure, nécessitant un traitement en aigu. Les triptans, traitement classique de la migraine, sont efficaces 80% des patients, à l'inverse des antalgiques, inefficaces.

Le propanolol peut être utilisé, au moins 1 heure avant le rapport, ou l'indométhacine 30 minutes avant. En cas de céphalées sévères, ils peuvent également être pris de façon préventive, tous les jours.

Adapter l'activité sexuelle

Une consultation auprès d'un sexologue est parfois nécessaire. Les patients sont soumis à une véritable souffrance et leur qualité de vie est réellement altérée, tout comme celle du couple. Lorsque les céphalées sont fréquentes et/ou intenses, elles amènent à éviter les rapports Aborder les craintes et les frustrations avec un professionnel permet souvent  de les limiter et de désamorcer un conflit de couple.  

Adapter l'activité sexuelle, en renonçant à aller jusqu'à l'orgasme lorsque l'on sent une céphalée arriver (les patients finissent par bien se connaître et reconnaître leur survenue). Autre conseil : éviter les positions où la nuque est sous tension.

Une évolution capricieuse mais une guérison fréquente

Si elles sont bénignes, elles nécessitent toutefois une consultation pour s'en assurer et éliminer des causes vasculaires, comme une hémorragie dans l'arachnoïde (une des méninges, les enveloppes qui entourent le cerveau). L'évolution est capricieuse et les céphalées post-coïtales peuvent prendre une forme chronique, lorsqu'elles surviennent depuis plus d'un an, sans intervalle de plus d'un mois entre deux épisodes. La forme épisodique, les douleurs concernent plus de 50% des rapports sexuels mais elles disparaissent durant plus d'un mois au moins.

Bonne nouvelle pour les malheureux patients : dans plus de 2/3 des cas[3], ces céphalées disparaissent en moins de 3 ans. Ils pourront enfin profiter des joies des galipettes sans craindre un mal de tête !

 

[1] Comorbidity of migraine and headache associated with sexual activity. Bielh. Cephalgia. 2007 Nov. 27(11):1271-

 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17655717

[2] What if the ‘sexual headache’ is not a joke? Redelman. British Journal of Medical Practitionners

BJMP 2010;3(1):304 http://www.bjmp.org/files/2010-3-1/bjmp-2010-3-1-304.pdf

[3] Headache associated with sexual activity: prognosis and treatment options. Frese. Cephalalgia. 2007 Nov;27(11):1265-70 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17919305