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100% psycho-sexo

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Let's talk about sex : portrait du Dr Ruth

Rédigé le 29/10/2015 / 0

Dr Ruth est une institution aux Etats-Unis… Du haut de son mètre 40 et de ses 87 ans, Ruth Weistheimer a appris aux Américains à dire oui au plaisir sexuel. Grâce à ses émissions de radio, elle libère la parole sexuelle à une période où les simples mots d'orgasme et de jouissance étaient tabous et les préliminaires une notion inconnue.

Si aujourd'hui, on parle trop (ou trop mal) de sexe, il faut se souvenir qu'il y a 50 ans, on n'abordait pas ces choses-là. La sexualité féminine n'avait qu'un but, la procréation et le plaisir féminin n'effleurait même pas l'esprit des hommes. Ne parlons pas des troubles sexuels, qui restaient sous la couette et la souffrance qu'ils imposaient aussi… Dr Ruth fait partie de ces précurseurs en avance sur leur époque et son histoire mérite de s'y attarder.

Née à Francfort en 1928, la petite fille juive quitte l'Allemagne en 1938, après l'arrestation de ses parents par la Gestapo. Après un passage en Suisse, où elle découvre l'amour, elle part dans un kibboutz en Palestine où, pour l'anecdote,  elle perd sa virginité sur une botte de foin. Elle rejoint ensuite l'armée du futur état israélien et reçoit une formation de tireuse d'élite : un obus lui arrache alors une partie du pied et elle abandonne le métier auquel elle se destinait. Elle émigre aux Etats-Unis, connaît la vie de galère et les ménages mais continue ses études qui seront couronnées par un doctorat de sociologie. Ce parcours atypique dénote déjà d'une force de caractère incroyable.

Formée à tuer des gens, elle se tourne vers la vie et la sexualité : éros ou la pulsion de vie… Ses trois époux en témoignent, Ruth est une grande séductrice et elle charme facilement les Américains.  Son accent allemand résonne sur les ondes américaines dès 1980 et cette spécialiste de l'éducation sexuelle décomplexe les auditeurs n'osant pas aborder leurs problèmes sexuels avec un médecin. La sexothérapeute badine avec l'amour comme avec le sexe, sa simplicité et son humour font des ravages.

Dans son Panthéon, figurent le Dr Kinsey, sexologue des années 40, dont je recommande le biopic, ainsi que Masters et Johnson (dont la vie a inspiré une série). Des pionniers de la sexologie, qui ont visiblement inspiré le travail de toute sa vie : prôner une sexualité épanouie… Bravo Dr Ruth !

Sexe : plus c'est long moins c'est bon ?

Rédigé le 23/10/2015 / 0

@Patfawl, Humour de malade

1,2, 3, partez ! Vous avez moins de 13 minutes pour satisfaire votre partenaire, au-delà il s'ennuie… Nombreux sont ceux qui prêtent aux autres de longues nuits torrides. La réalité est bien différente puisque le rapport idéal durerait de 3 à 13 minutes. Au-delà, les amants s'ennuieraient. Le point sur la durée du rapport sexuel.

L'ISSM, l'International Society of Sexual Medicine fait le point sur la durée du rapport sexuel. Une étude[1] de 2005 portant sur 500 couples de 5 nationalités différentes l'estime à 5,4 minutes. Mais de quoi parle-t-on au juste ? Du temps séparant le début de la pénétration et l'éjaculation. Ne sont pas pris en compte les préliminaires et les suites éventuelles du rapport, quand l'amant prolonge le plaisir de sa partenaire.

Outre-Atlantique, en Europe, une autre étude[2] avait constaté une longueur de 10 minutes. Mais l' étude[3] qui a fait grand bruit date de 2008 : elle relayait les convictions des sexologues sur cette fameuse durée. Verdict : normale entre 3 et 13 minutes. Et plus précisément, entre 3 et 7, adéquat et désirable entre 7 et 13: au-delà, ils s'ennuient…

De quoi décomplexer ceux qui envient aux autres leurs soi-disantes longues nuits torrides !

Du point de vue du couple

Sous l'angle de cette définition médicale, la durée du rapport repose sur l'homme et la maîtrise de son excitation : c'est lui qui donne le tempo ! Lorsque l'on sait qu'une femme met physiologiquement plus de temps à accéder à l'orgasme, cela peut être problématique… Il revient donc au partenaire de la "préparer" à l'aide d'affriolants préliminaires ou de prolonger les ébats par d'adroites caresses.

L'ISSM rappelle avec justesse que la durée du rapport sexuel repose sur de nombreux paramètres : l'âge (plus on vieillit, plus on met de temps à atteindre l'orgasme), les circonstances (par exemple, les jeunes parents ont peu de temps pour les galipettes et doivent se dépêcher) mais aussi les préférences des couples. Certains sont parfaitement épanouis avec un rapport bref, où les deux prennent du plaisir, et d'autres s'ennuient à mourir lors d'une pénétration de 10 minutes ! De plus, certains amants ne limitent pas le sexe à la pénétration et le pimentent de caresses, de massages, de fellation, de cunnilingus. Ce qui prolonge avec bonheur le plaisir.

Comme toujours en sexualité, à chacun sa normalité…


[1] A multinational population survey of intravaginal ejaculation latency time.

Waldinger. J Sex Med. 2005 Jul;2(4):492-7.

[2] Premature ejaculation: results from a five-country European observational study. Eur Urol. 2008 May;53(5):1048-57. Epub 2007 Oct 16.

[3] Canadian and American sex therapists' perceptions of normal and abnormal ejaculatory latencies: how long should intercourse last? Corty EW, Guardiani JM. J Sex Med. 2008 May;5(5):1251-6. doi: 10.1111/j.1743-6109.2008.00797.x.

 

Dico sexuel : le binge dating

Rédigé le 16/10/2015 / 0

Un billet léger sur un mot à la mode (je vous parlerai régulièrement de néologismes sexuels)… Vous connaissiez le binge drinking, pour les accros aux ivresses express, le binge watching qualifiant ceux qui ingurgitent les séries à la vitesse grand V, voici le binge dating, dédié à ceux qui enchaînent les amants. Traduction en français  : le sexorcisme… Ou exorciser la peine grâce au sexe.

Certaines se gavent de glace devant des comédies sentimentales, tandis que d'autres restent sous la couette avec des paquets de mouchoir. Les adeptes du binge dating vont se consoler en multipliant les conquêtes : quoi de plus enivrant qu'un regard plein de désir, suivi d'une nuit agitée sous la couette ? Sentir que l'on plaît rassure sur sa capacité de séduction, sur un sex-appeal mis à mal par la perte de l'être aimé. A fortiori si l'on a été quitté(e), la confiance en soi est altérée : on cherche les raisons de la rupture indéfiniment : la "blessure narcissique" que laisse une rupture est terrible et marque parfois à vie.

Combler le vide, se rassurer et s'étourdir de plaisir…

Il n'est pas rare que les "nouveaux" célibataires comblent le vide laissé, par des sorties effrénées et des rencontres multipliées.  Envie de découvrir le monde du célibat sans limite, envie de nouveautés capiteuses, envie de plaisir sans contraintes… Le plaisir justement, qui agite dans le cerveau le "circuit de la récompense", usine à dopamine et à endorphines. Résultat, grâce à une nouvelle conquête, on plane… pile ce que l'on cherchait, en manque de ce que le partenaire procurait avant la rupture. Où est le problème, me direz-vous ?

Le binge dating ne rassure qu'un temps… A trop conquérir, on y laisse parfois des plumes et à force d'enchaîner les galipettes avec des personnes différentes, les plus fragiles finissent par s'y perdre et ne plus savoir ce qu'ils cherchent. Si les premières histoires rassurent sur sa valeur sexuelle (hélas souvent confondue avec la valeur personnelle), les suivantes apportent des remises en questions et des doutes, notamment chez les femmes. Elles ne bénéficient toujours pas de la même indulgence concernant le donjuanisme et vivent parfois mal la multiplication du nombre de partenaires. Oser la liberté et l'assumer est plus difficile qu'il n'y paraît au féminin.

 

Et dans le cas extrême, ce qui apporte un soulagement temporaire peut devenir une drogue : le circuit de la récompense demande régulièrement son dû, en l'occurrence un nouvel amant, une maîtresse différente. Une méthode anodine en apparence se transforme alors en addiction, avec une sexualité compulsive.

Comment se remettre d'une rupture en amoureuse ?

Il n'y a pas de recette magique, ce serait trop simple : à chacun de trouver celle qui lui convient pour panser ses plaies sentimentales. Je consacrerai un jour un article entier à ce vaste thème mais respecter un temps de chagrin en acceptant ses émotions semble important : oui, vous avez le droit de pleurer sous la couette, de regarder 3 fois Bridget Jones ou de siffler quelques cocktails avec des amis (et modération)…

L'étape suivante est plus cérébrale : analyser avec objectivité la rupture. Pourquoi s'est-elle produite ? Comment dois-je l'interpréter ? Quels sont mes éventuels torts (c'est rarement tout noir tout blanc, chacun a une part de responsabilité) ? Les questionnements les plus lourds peuvent être judicieusement aidés par une psychothérapie.

Conseil pratique, listez tout ce que vous ne supportiez pas chez votre partenaire, plutôt que de ressasser avec nostalgie les bons moments… Prenez soin de vous, distrayez-vous et variez les sources de plaisir. Au choix selon les goûts : les copines, les apéros entre amis, le sport (bon substitut d'endorphines), le théâtre ou le ciné, la famille, un cours de peinture (de poterie, de macramé,…).

Et que ce soit sexuellement ou amoureusement, un seul critère est primordial : choisir une personne qui plait vraiment et fait vibrer, et qui n'est pas là pour combler un manque.

PS : si la tristesse perdure, que l'on perd tout attrait pour des activités que l'on aimait, il est recommandé d'en parler à un médecin.

 

La vie sexuelle d'un sexologue mise en scène

Rédigé le 09/10/2015 / 0

Le Dr Papaix est sexologue mais a plusieurs cordes à son arc : il enseigne la sexologie, écrit à son propos et plus étonnant, la met en scène au théâtre. Dans "Je suis sexologue mais je me soigne", il s'y aventure pour interpréter un sexologue confronté aux aléas de la vie conjugale. Oui, les sexologues ont la même sexualité que les autres, quoiqu'en fantasment les gens ! A cela près qu'ils disposent de connaissances et d'outils pour réinventer la vie de couple et relancer le désir. Des idées et des réflexions offertes au public…

Pourquoi ce titre ? De quoi est malade un sexologue ?

C’est juste une boutade pour interpeller un public saturé de messages sexuels en tous genres. Et pour une fois tourner gentiment en dérision le sexologue plutôt que ses patients… en plus que les thérapeutes sont par nature et par déontologie plutôt pudiques. Qu’un sexologue se raconte, ça aiguise l’attention du spectateur qui reste friand d’information dans ce domaine. Sinon, le sexologue n’est pas plus et pas moins à l’abri de dysfonctionnements sexuels et conjugaux que ses patients.

Il y a encore beaucoup de fantasmes et de méconnaissances autour de cette profession. Pensez-vous que l'on prête une sexualité particulière à un sexologue ? 

On me pose souvent malicieusement cette question surtout quand ma femme m’accompagne dans une conférence grand public. Le mythe serait que le sexologue devrait être une bête de sexe… Foutaises mais pourquoi pas ! Nous avons nos limites d’humains comme tout le monde, nous subissons le poids des saisons comme les autres, nous avons une histoire et un parcours de vie plus ou moins complexes comme tout à chacun. Seule différence, nous n’avons pas l’excuse de dire qu'on ne sait pas car, la « chose », nous l’avons étudiée, nous l’enseignons et la soignons tous les jours !

Que raconte votre pièce ?

J'interprète un sexologue de campagne fictif, Justin Piedefeu. Il remplace au pied levé le professeur Craspignol,  sexologue lui aussi, pour une conférence sur « L’hibernation conjugale » (ou comment le couple finit par se congeler sur le plan sexuel et sentimental avec le temps ?) Piedefeu improvise un discours où se mêlent souvenirs professionnels et personnels. Il aborde les aléas de la grossesse, de l’éjaculation précoce, d’internet et du porno, etc.  Il nous raconte comment il s’est planté avec sa première compagne sur fond d'ignorances et de maladresses. Plus tard, avec sa deuxième compagne, refaisant les mêmes erreurs et fort de son expertise en sexologie,  il tente de réinventer sous les yeux du public ce que pourrait être une séduction de couple au quotidien afin de relancer le désir. Y parviendra-t-il ?

Cette pièce peut-elle aider certains spectateurs à améliorer leur vie sexuelle ?

Absolument et je l’ai écrite dans cette seule intention.  Le bon théâtre de boulevard nous divertit et nous en avons vraiment besoin. Mon ambition est toute autre ! Distraire certes, mais instruire et faire réfléchir chacun sur nos parcours d’hommes et de femmes, qu’on soit hétéros ou homos. En me voyant (m’amuser…) sur scène, le spectateur s’interroge sur son propre itinéraire sentimental, sexuel et conjugal, au rythme des révélations, des pudeurs et des exaltations de mon personnage.

Piedefeu nous confie ses 3 prises de conscience : sur l'importance des gestes d'intimité dans un couple et pas que sexuels ; sur la maladie de l'intimité sous toutes ses formes; et enfin sur la nécessité d'une séduction quotidienne de couple. 

Au final, le spectateur repart avec 3 mots en tête : intimité, tendresse et séduction au quotidien. Entre temps, il se sera bien amusé des mésaventures  de Piedefeu. De son siège, les neurones miroirs du spectateur auront fait le reste. En repartant du théâtre de l’Archipel, « … il  aura tout le chemin du retour pour en parler - en passant par un petit resto - la nuit pour décanter, le week-end pour méditer et toute la vie pour s’entraîner… ». Et si ça peut lui donner envie de consulter un sexologue seul ou en couple, il n’aura pas perdu sa soirée. Ni lui, ni son ou sa partenaire.

« Je suis sexologue mais je me soigne » 

du 17 octobre 2015 au 2 janvier 2016, tous les samedi à 18h, au théâtre de l’Archipel, Paris (Xème).

 www.larchipel.net (métro Strasbourg St Denis)