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100% psycho-sexo

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Le préservatif qui détecte les IST (MST)

Rédigé le 30/09/2015 / 2

Vert pour le chlamydia, violet pour le papillomavirus, jaune pour l'herpès… Non, ce n'est pas un canular mais l'idée de collégiens britanniques qui ont mis au point un préservatif changeant de couleur selon le germe détecté. Un outil intéressant pour tous les hommes qui ne souhaitent pas consulter leur médecin ? A voir

Baptisé S.T.Eye, le préservatif en latex est équipé d'anticorps anti-herpès, anti-chlamydia et anti-papillomavirus : ils se fixent au virus et teintent le préservatif de la couleur qui lui est attribuée. L'intérêt ? D'après les concepteurs, qui ont remporté un prix en juin pour leur idée, il offrirait aux gens un test de dépistage à faire à la maison alors que ces infections sont habituellement asymptomatiques et diagnostiquées par des prélèvements, ou pour l'herpès génital à cause de ses lésions typiques.

Tester son partenaire, une bonne idée ?

On imagine facilement que le préservatif sera utilisé avec un nouveau partenaire afin de vérifier qu'il n'est pas infecté (rappelons que le papillomavirus et l'herpès peuvent se transmettre par un contact peau à peau). Que va-t-il se passer ? Dans le pire des cas, "Bon, tu es positif, ciao" et dans le meilleur, "Oh mon pauvre, va voir ton médecin mais pas de galipettes ce soir" ?

Certes, le principe de ce préservatif est utile du point de vue de la partenaire (ou du partenaire en cas de rapport homosexuel) mais il est rude si l'on se place dans la peau de l'homme testé ! Est-ce réellement à une femme, non formée médicalement, d'annoncer une infection sexuellement transmissible ? Il est légitime d'en douter, que l'histoire du couple soit toute récente ou pas ! Je vous parlerai dans un autre post de la façon d'annoncer à son ou sa partenaire que l'on a une IST...

De plus, il reste à connaître l'efficacité réelle du préservatif : détecte-t-il toutes les infections (autrement dit quel est le taux de faux négatifs ?) ? Et combien de personnes seront détectées malades alors que ce n'est pas le cas (taux de faux positifs) ?

Autrement dit, rien ne remplace le dépistage classique... Retrouvez la conduite à tenir ici en à chaque prise de risque (rapport sans préservtafi, rupture de préservatif).

Infarctus : le sexe, une activité physique comme une autre

Rédigé le 22/09/2015 / 2

Cette étude va rassurer les personnes ayant eu un infarctus : à elles les galipettes sans stress ! S'il y a de nombreuses études sur l'activité physique après un infarctus, leur nombre est plus restreint à propos de l'activité sexuelle. Or une étude portant sur plus de 500 patients, confirme que faire l'amour n'est pas plus risqué que prendre l'escalier ou marcher rapidement.

Il s'agit d'une recherche allemande, publiée dans Le Journal of the American college of cardiology (Journal du collège américain de cardiologie) et intitulé "Sex do not increase heart attack risk".

Après un infarctus, les patients sont souvent inquiets à l'idée de faire l'amour. Fatigue, dépression, médicaments pour le cœur altérant l'érection ou la libido,… plusieurs raisons parasitent souvent la spontanéité et le bon déroulement de la sexualité.

Certaines histoires entretiennent cette crainte, comme le président Félix Faure mort dans les bras de sa maîtresse soi-disant au cours d'une fellation divine (et mortelle). Mais il faut savoir que l'activité sexuelle est comparable au fait de monter deux étages (sortez vos chronomètres, 20 marches en 10 secondes) ou à la marche rapide (à 3 à 6 km à l'heure sur une surface plane). Avec le ou la partenaire habituel(le) – on fait toujours plus d'effort avec un nouvel amant…- et dans des circonstances classiques, sans se lancer dans des pratiques acrobatiques ou farfelues.

Un déclencheur improbable de l'infarctus

Les auteurs de l'étude allemande suivirent 536 patients souffrant d'une atteinte cardiaque et âgés de 30 à 70 ans, et évaluèrent leur activité sexuelle dans les 12 mois précédant l'infarctus. Ils déterminèrent ensuite l'association entre la fréquence de l'activité sexuelle avec les évènements cardio-vasculaires, tels que la crise cardiaque, l'accident vasculaire cérébral.

Seuls 0,7% des participants à l'étude avaient fait l'amour dans l'heure qui précéda l'infarctus, contre 78% plus de 24 heures avant. 14,9% des patients n'avaient pas eu de rapport sexuel dans la période de suivi, 4,7% seulement en avaient 1 fois par mois, plus d'1/4 moins d'une fois par mois et 55% se laissaient tenter par la bagatelle, une fois ou plus par mois. De plus, 100 troubles cardiaques survinrent dans les 10 ans de suivi sans qu'aucun soit lié à la sexualité.

Le Dr D. Rothenacher, l'auteur principal, estime qu'"il semble très improbable que l'activité sexuelle soit un facteur déclenchant pertinent de la crise cardiaque".

Trop pudiques et concentrés sur la vie de leurs patients, les cardiologues n'ont pas l'habitude d'aborder spontanément le sujet. Ce que confirme le Dr Dillinger, cardiologue : "spontanément on ne parle pas de la sexualité. On leur conseille de ne pas faire d'activité physique dans le mois qui suit l'infarctus et on les pousse ensuite à bouger, en l'absence d'angine de poitrine, car ils ont souvent peur de le faire."

En pratique

"Il faut considérer que c'est une activité physique comme une autre, explique le cardiologue. Et il y a beaucoup d'études sur l'activité physique en revanche !" La reprise doit se faire progressivement, en évitant un effort violent d'emblée.

La fédération de cardiologie recommande d'attendre jusqu'à 6 semaines, précisant que le risque est diminué si la personne pratique une activité physique régulière et prend ses médicaments protecteurs du cœur sans oubli.

La vie sexuelle n'est pas encore une priorité dans les consultations de cardiologies. Or retrouver le plaisir sexuel, c'est se sentir à nouveau vivant…  Espérons qu'un jour, faire l'amour rentrera dans les conseils prodigués aux patients, au même titre que pratiquer une activité sportive !

 

 

Cancer : une consultation dédiée aux troubles sexuels

Rédigé le 18/09/2015 / 2

Les personnes atteintes de cancer souffrent souvent de troubles de la sexualité, liés à la maladie, à son retentissement psychologique ou aux traitements. Elles n'osent pas forcément en parler, des consultations d'onco-sexologie se développent donc pour répondre aux questions et aux besoins des patients. Sébastien Landry, psycho-sexologue, est l'auteur d'Onco sexologie*, un livre dédié aux patients et aux professionnels de santé pour parler de cette discipline essentielle :

Qu'est-ce que l'onco-sexologie ?

L’onco-sexologie est une discipline s’articulant autour de deux spécialités que sont la cancérologie et la sexologie. Son objectif est d’apporter un soutien, une aide, une thérapie face aux problématiques intimes et sexuelles rencontrées par les patients ayant ou ayant eu un cancer. Bien souvent, ce sont les traitements, plus que le cancer, qui engendrent ces difficultés, souvent passagères mais qui peuvent néanmoins s’installer durablement et engendrer des désordres affectifs chez le patient et, par là même, affecter sa vie intime et de couple.

Pour tous les traitements nous rencontrons chez la femme comme chez l’homme des difficultés intimes tant d’ordre physique que d’ordre psychique : une inhibition du désir sexuel, des sécheresses vaginales, des dysfonctions érectiles, des dyspareunies, des vaginismes secondaires, des difficultés à atteindre l’orgasme, etc. De plus, il peut y avoir des répercussions psychiques liées aux séquelles chirurgicales telles que l’ablation d’un sein ou d’un testicule affectant la femme et l’homme dans leur féminité et leur virilité. Les stomies vont également impacter l’image du corps et avoir des répercussions sur la sexualité du patient. L’onco-sexologie permet de répondre à toutes ces problématiques.

Pourquoi est-elle essentielle à vos yeux ?

Cette consultation dédiée aux difficultés intimes et sexuelles est indispensable, car non seulement la sexualité reste encore taboue, mais il est également difficile aux différents acteurs de cancérologie d’aborder cette thématique avec les patients. De plus, le manque d’informations sur le sujet lors du parcours de soin rend cette consultation essentielle, ne serait-ce qu’à titre d’informations et de conseils. Sa légitimité est d’autant plus importante que les effets secondaires intimes induits par les traitements ont tendance à s’installer même une fois que les traitements du cancer sont terminés. Il n’est pas rare de voir des difficultés de couple apparaître dans "l’après cancer". En effet, pendant la lutte contre la maladie, le ou la conjoint(e) se sent souvent démuni et angoissé par la peur de la perte de l’être aimé. Mais une fois les traitements terminés, la « vie quotidienne » reprend. La sexualité étant une dimension importante du couple, la reprise souhaitée par le ou la conjoint(e) est légitime. Mais sans aucune information sur le sujet, sans aucune aide, sans aucune prise en charge, comment comprendre cette diminution de libido, ce désintérêt pour la sexualité ou encore les douleurs lors des rapports ? Voilà pourquoi il me semble que cette consultation d’onco-sexologie est essentielle et pourquoi elle doit être proposée aux patients.

Quelle est sa place en France ?

Cette consultation est encore rare en France, mais elle tend à se développer dans certains centres anticancéreux. Nous devons arrêter d’être gênés par ce qui fait partie de la sphère intime et sexuelle ! Néanmoins l’intérêt dans ce domaine évolue positivement : des informations sont transmises aux équipes pluridisciplinaires, des congrès dédiées à la sexualité et au cancer sont de plus en plus présents. Même si nous avons du retard par rapport à certains pays, notre vision des choses évolue. Le troisième plan Cancer met en avant l’importance de la qualité de vie des patients. Dans cette dynamique l’onco-sexologie permet de répondre au concept de santé sexuelle mis en avant par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Comment trouver une consultation d'onco-sexologie ?

C’est assez difficile étant donné que peu de professionnels sont actuellement formés en sexologie. Je pense que la meilleure façon d’avoir des contacts fiables est de se rapprocher des centres anticancéreux ou de contacter des associations telle que la Ligue contre le cancer. Ces professionnels du cancer sauront diriger au mieux les patients désirant consulter un sexologue.

Comment en parler à son cancérologue ?

Il faut aborder ces difficultés comme n’importe quel autre effet secondaire des traitements. Il est relativement simple et courant de parler de ses nausées, de ses vomissements, de sa fatigue, etc. Alors pourquoi n’en serait t-il pas de même pour ses problèmes intimes et sexuels ? Le cancérologue sera à l’écoute et saura diriger vers un psychologue ou un sexologue qui pourront apporter leur aide. Les cancérologues s’intéressent avant toute chose à la santé du patient et à l’action positive des traitements anti-cancéreux, mais ils sont également des acteurs de choix pour améliorer leur qualité de vie. Même s’ils n’osent pas aborder la vie intime, par pudeur ou par peur d’être intrusif, ils n’en restent pas moins sensibles aux problématiques intimes. Ils sauront apporter une aide précieuse si on ose parler de sa vie intime et sexuelle.

* Oncosexologie, Quand le cancer bouleverse la vie sexuelle et intime. Sébastien Landry. Edition Omniscriptum. 30€.

Sexualité des ados : déjà des stéréotypes !

Rédigé le 11/09/2015 / 0

Les premières relations sexuelles, c'est beau, c'est primordial mais elles ne devraient pas conditionner votre réseau amical. Et pourtant, c'est la conclusion de l'étude "Au contraire des garçons, les filles perdent des amis quand elles ont des relations sexuelles et gagnent copains pour faire la fête", menée par Derek Kreager.

Un autre constat l'a profondément étonné : les filles qui sortent beaucoup, sans avoir de relations sexuelles, gagnent des amis tandis que dans cette situation, les garçons en perdent. Autrement dit, c'est "fun" de coucher pour les garçons mais pas pour les filles !

Le travail se fonde sur le suivi de 2 cohortes de jeunes gens originaires de 28 communes rurales américaines (ce qui peut constituer un biais, si l'on admet que les résultats auraient pu être différents avec des adolescents citadins – à confirmer). Les jeunes Américains ont été suivis entre 2003 et 2007, soit entre 11 et 16 ans. Un âge où l'acceptation par les autres élèves est une étape importante et qui a été évaluée par l'intermédiaire du nombre d'amitiés.

Plus d'amis pour les garçons, moins pour les filles

L'étude présentée en août 2015 provenait de la deuxième cohorte, soit 921 élèves, qui remplissaient des enquêtes en ligne, évaluant le comportement sexuel et les amis les plus proches. Les filles déclarant avoir eu des relations sexuelles affrontaient une diminution de 45% des amitiés (aussi bien masculines que féminines) et les garçons dans le même cas une augmentation de 88%... Lorsqu'elles sortaient sans faire l'amour, elles avaient droit à une augmentation de 25% tandis qu'ils voyaient leurs amitiés diminuer de 29% (notamment masculines).

Des résultats cohérents avec les stéréotypes de genre, selon l'auteur : on attend des hommes et des garçons qu'ils suivent leurs pulsions sexuelles et qu'ils multiplient les partenaires. A l'inverse, les femmes et les filles sont censées préférer la romance au sexe, les relations engagées aux aventures  (et s'habiller de rose, cuisiner de bons petits plats  et s'occuper des enfants – non, là c'est moi qui m'emballe).

Déjà adolescents, ils sont contaminés par la pensée stéréotypée qui condamne chaque sexe à agir selon ce que la société attend de lui… Les filles adoptant un comportement jugé approprié, sont stigmatisées tandis que les hommes suivant les scripts traditionnels de la sexualité, sont valorisés.

Un impact sur la vie sexuelle future

En plus d'être injuste, c'est tout simplement navrant : les premières expériences sexuelles ont un retentissement sur toute la vie sexuelle. Que retiendront les jeunes filles qui ont eu envie de faire l'amour ? Les plus sensibles au jugement en souffriront et modèreront sans doute leur comportement sexuel ; souhaitons aux autres de garder cette liberté de corps et d'esprit…

PS : je déclare un conflit d'intérêt évident en tant que pourfendeuse des stéréotypes de genre…

*Unlike boys, girls lose friends for having sex, gain friends for making out, D. Kreager

Education sexuelle : sur les bancs de l'école

Rédigé le 03/09/2015 / 0

Cette semaine, c'est la rentrée et le moment de parler d'éducation sexuelle. Elle a sa place sur les bancs de l'école depuis 1973, à l'époque sous la forme d'un enseignement facultatif axé sur la contraception et les maladies vénérienne.

Aujourd'hui, cet enseignement a pour but de donner des connaissances fiables aux enfants et adolescents, aussi bien sur le plan du fonctionnement sexuel que d'une sexualité sans risque d'infections et de grossesse. Il est aussi censé leur apprendre les notions de respect, de liberté, de consentement indispensables pour faire des choix responsables dans leurs rapports sexuels et tout simplement humains.

La découverte de l'inconnu, une foire aux questions

Comment fait-on les bébés… ? La célèbre question côtoie tant d'autres interrogations chez les plus jeunes. Quelle est la taille du pénis ? Comment savoir si l'on est prêt à faire l'amour ? Quelle est la place des sentiments dans la sexualité ? Et la masturbation, la pornographie, la taille des petites lèvres, la fellation,… ? 

La découverte du monde inconnu de la sexualité est palpitante mais tellement riche en questions. Certes, Internet et les amis apportent bien des réponses, plus ou moins crédibles, plus ou moins satisfaisantes mais il revient aux adultes d'éduquer aussi les enfants dans ce domaine intime. L'éducation sexuelle semble donc avoir une place évidente à l'école. Mais comment se passe-t-elle ?

Depuis 2001, la loi prévoit 3 séances par an dans les écoles, collèges et lycées. Au programme, des connaissances anatomiques bien sûr mais aussi affectives, psychologiques, sociales, culturelles et éthiques. En d'autres mots, seront abordés les organes sexuels, les rapports sexuels, la contraception mais aussi de parler des notions de respect de l'autre sexe, de choix, de consentement… Tout cela en 3 malheureuses petites heures !

Une forme floue, un contenu aussi…

Ce sont les volontaires, qu'ils soient enseignants, les documentalistes, les conseillers principaux d'éducation ou les infirmières scolaires, qui deviennent professeurs d'éducation sexuelle, sans véritable formation, et le temps de trois cours… Trois cours qui seraient rarement effectués faute de temps !

Heureusement, les cours de sciences en fin de primaire et de SVT (sciences de la vie et de la terre) ensuite, rattrapent un peu ce manque puisqu'ils comportent des chapitres sur l'anatomie, la reproduction, la contraception… Désormais, la biologie du plaisir y est même abordée.

La sexualité est avant tout un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social d'après l'OMS… Il faut espérer que les enseignants commencent par cette définition épanouissante tout en regrettant que les textes officiels ne la mettent pas en tête du programme !

La place des parents essentielle

L'éducation sexuelle ne relève pas seulement de l'Education Nationale, les parents idéalement sont les mieux placés pour répondre aux questions de leur progéniture, aussi difficile cela soit-il d'aborder ce sujet intime… Dans l'idéal, l'éducation sexuelle serait assurée à la fois par les enseignants et par les parents. Il y a tant de sujets que l'école n'a pas le temps d'aborder…

Reste qu'il n'est pas simple de parler de "ça" avec la chair de sa chair et que les enfants sont parfois trop pudiques pour en discuter. Il existe des moyens de simplifier la discussion : retrouvez ici les conseils pour parler sexo avec votre ado.

Alors à quand un cours destiné aux parents pour leur apprendre à parler de sexualité avec leurs enfants ?

En savoir plus :