Sept somnifères bientôt déremboursés

Les Français font partie des plus gros consommateurs de somnifères en Europe. Face à cette surconsommation et à un mauvais usage de ces médicaments, la Haute autorité de santé propose de diminuer le remboursement de sept somnifères de la classe des benzodiazépines hypnotiques.

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Sept somnifères bientôt déremboursés
Sept somnifères bientôt déremboursés

Initialement prescrits pour traiter les troubles du sommeil à court terme, les benzodiazépines hypnotiques ont connu une prescription abusive ces dernières années. Consommées trop longtemps et sans indications valables, les benzodiazépines peuvent être à l'origine de troubles de la mémoire et du comportement, de somnolence, d'accidents et de dépendance. Un rapport de la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) rendu public, jeudi 24 juillet, pointe du doigt le faible effet de ces somnifères sur le sommeil.

Les somnifères visés par la baisse du service médical rendu des benzodiazépines hypnotiques et produits apparentés ainsi que leurs génériques :

  • estazolam (NUCTALON®)
  • loprazolam (HAVLANE®)
  • lormétazépam (NOCTAMIDE®)
  • nitrazépam (MOGADON®)
  • témazépam (NORMISON®)
  • zolpidem (STILNOX®)
  • zopiclone (IMOVANE®) 

Quatre semaines de prescription maximum

"Sur une longue période, la faible efficacité de ces médicaments sur une durée du sommeil, leurs effets délétères et le mésusage constaté ont conduit la Commission de la Tranparence à conclure à un intérêt thérapeutique limité de ces médicaments", indique la Haute autorité de santé dans un communiqué. Elle recommande une diminution du taux de remboursement de 65% à 15%, en raison de la baisse du service médical rendu (SMR) des benzodiazépines hypnotiques. La Haute autorité de santé préconise une prescription à plus faible dose pour une courte durée, c'est-à-dire une période de quatre semaines maximum incluant la phase de diminution de la dose car "au-delà de 28 jours, l'efficacité est incertaine".

Attention au nomadisme médical

Les experts de la Haute autorité de santé dénoncent également le renouvellement systématique des prescriptions d'hypnotiques. En cabinet, les médecins répondent à une demande émise par le patient. Une situation que connaît bien le Pr Alain Astier, chef du service de pharmacie à l'hôpital Henri Mondor, à Créteil, interrogé par le Magazine de la santé au mois de mars dernier. "Il existe un nomadisme médical, c'est-à-dire que les patients peuvent consulter différents médecins pour se faire prescrire ces médicaments. Ils y arrivent en prétextant des raisons personnelles. C'est un mauvais usage du médicament qui pose des problèmes". En 2013, 48,8 millions de boîtes de somnifères ont été vendues en officine, selon le rapport de la Haute autorité de santé.

Le recours aux thérapies cognitivo-comportementales

Autre recommandation : les benzodiazépines doivent être prescrites en seconde intention après l'échec des thérapies cognitivo-comportementales. Le rapport indique que ces méthodes ont démontré leur efficacité à court terme sur le temps de latence de l'endormissement et le nombre d'éveils en cours de nuit. En France, elles sont peu développées et ne sont pas prises en charge par l'assurance maladie.

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