Médicaments, ça chauffe !

Le succès du guide des Pr. Even et Debré et vos commentaires suite à mon tweet se demandant s'il n'y avait pas, derrière tout ça, un manque de confiance vis-à-vis du médecin me donne l'occasion de quelques réflexions personnelles et partagées par moi-même en toute indépendance… !

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Médicaments, ça chauffe !
Médicaments, ça chauffe !

D'abord, oui , il y a trop de médicaments dans le Vidal. Oui, il faut faire le ménage, et le récent appel des médecins qui réclament un livre blanc des médicaments est entièrement justifié. D'autant plus justifié qu'ils savent de quoi ils parlent… (médecin interniste, pharmacologues...)

Je suis un peu plus circonspect sur la légitimité des auteurs d'un livre dont tous les spécialistes disent qu'il est bourré d'inexactitudes et d'approximations… et qui affole les patients. Mais bon, la politique mène à tout…

Pour être juste, il faut avouer que ce guide a relancé le débat sur les médicaments en France.

Mais faut–il, pour autant, sous–entendre que les médecins français sont, au mieux, incompétents en termes de prescription, au pire corrompus et qu'ils ne prescrivent qu'en fonction des arguments de vente du dernier (ou de la dernière !) visiteur médical ?

Les médecins "tournent", en dehors des généralistes, selon leur spécialité, avec 30, 40 parfois 50 médicaments au quotidien. Et encore, souvent moins.

Des molécules qu'ils maîtrisent, savent manier, dont ils connaissent les effets secondaires, les associations dangereuses. Alors oui, quand un visiteur vient nous voir (ce qui est de plus en plus rare), ou qu'un article scientifique parle d'un nouveau médicament, nous sommes attentifs. Nous écoutons, nous lisons (et pas seulement Prescrire), nous en parlons avec nos confrères (c'est pour cela que j'aime travailler à l'hôpital, on croise du monde…) !! Bref nous ne nous précipitons pas parce que c'est "hightech", mais parce que nous espérons qu'il pourra apporter un plus à notre arsenal thérapeutique.

Mais nous ne sommes pas la Haute Autorité de Santé (HAS). Nous ne sommes pas l'Agence du médicament. Il nous faut bien faire confiance à ceux qui délivrent les Autorisations de Mise sur le Marché (AMM). Pas aux labos, aux autorités !

Et parfois, comme avec le Mediator, on plante les médecins, comme on plante les patients !

Alors, plus de 4 000 médicaments c'est trop… beaucoup trop…

Tant pis pour les labos. Tant pis pour l'argument massue : pas de profit, plus de recherche !

Gageons que si un laboratoire trouve un nouvel antibiotique, il le vendra sans problème aux médecins, et donc augmentera ses ventes…

Et soyons égoïste, la recherche c'est international, non ? Si un nouveau médicament est découvert ailleurs, par exemple aux USA, les labos vont–ils nous punir parce qu'on a fait baisser leurs marges, et nous empêcher d'en disposer ?

Je suis (peut-être) un peu cynique, mais les temps changent, la crise est là et tout le monde doit faire des efforts.

Les labos, sûrement. Les médecins, sans doute. Les patients, aussi. On doit pouvoir sortir du cabinet de son médecin traitant avec pour tout traitement… une bonne poignée de mains.

Michel Cymes

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