Cancers du rein, de l'œil et de la plèvre : un gène de prédisposition commun identifié

Cancers du rein, mélanomes de l'œil ou mésothélium (cancer de la plèvre) : bien que ces trois cancers soient très différents les uns des autres, les chercheurs de l'Inserm/Institut Curie viennent de leur trouver un point commun. Leur apparition peut en effet être favorisée par la mutation d'un seul et même gène (le gène BAP1, porté par le chromosome 3). Ces travaux, réalisés par une équipe mixte de l'Inserm et de l'Institut Curie, ont été publiés le 6 juin 2013 dans American Journal of Human Genetics.

La rédaction d'Allo Docteurs
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Cancers du rein, de l'œil et de la plèvre : un gène de prédisposition commun identifié

Comme souvent dans la recherche fondamentale, la découverte de l'implication de ce gène s'est produite presque par hasard. Tout est parti d'une famille au sein de laquelle plusieurs personnes jeunes étaient atteintes de cancers différents. L'un de ses membres avait ainsi développé successivement plusieurs cancers du rein et du sein. Cette personne était suivie de très longue date par le service de génétique de l'Institut curie (Paris), mais aucune altération de gènes classiques de prédisposition n'avait été décelée. C'est après le décryptage de son génome que l'on a constaté l'altération du gène BAP1 porté par le chromosome 3.

Ce résultat a également été confirmé par l'analyse de tumeurs rénales : dans les cellules malignes, seule la forme altérée (et donc non fonctionnelle) du gène BAP1 a été retrouvée.

Pour l'instant, les chercheurs ne savent pas expliquer par quel mécanisme ce gène est impliqué dans ces trois cancers. Ils avancent cependant l'hypothèse que la protéine BAP1, produite par ce gène, pourrait bloquer la prolifération des tumeurs.

"Il arrive que certaines cellules perdent un chromosome," explique le Pr Marc-Henri Stern, co-auteur de la découverte. "Si les cellules ont au départ deux bonnes copies du gène en question, cette perte n'est pas grave : la protéine peut toujours être fabriquée à partir de l'autre chromosome. Mais si les cellules ont une bonne et une mauvaise copie, ce qui est le cas lorsqu'on hérite d'une mutation transmise par l'un de ses parents, il n'y a plus de bouée de secours. La perte du seul chromosome fonctionnel entraîne l'inactivation complète du gène dans la cellule : la protéine BAP1 ne peut alors être fabriquée."

Source : Germline BAP1Mutations Predispose to Renal Cell Carcinomas. Stern et al. The American Journal of Human Genetics, 16 May 2013 doi:10.1016/j.ajhg.2013.04.012

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