Bulletin de santé du 24 août 2011

La peau, atteinte de troubles de la pigmentation, pourrait retrouver de la couleur, et être mieux protégée des rayons ultraviolets, grâce à des cellules souches, selon une équipe française de chercheurs. L'épidémie de choléra en Haïti, qui a fait de nombreuses victimes en 2010, provenait bien du Népal. Epilepsie et troubles cognitifs : une protéine serait en cause.

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Bulletin de santé du 24 août 2011
Bulletin de santé du 24 août 2011

La peau reprend des couleurs

Les mélanocytes sont les cellules qui fabriquent les mélanines, ces fameux pigments qui donnent à notre peau sa coloration propre à chacun en même temps qu'ils la protègent des rayons ultraviolets (UV). L'absence ou la disparition de mélanine, est à la base des maladies comme l'albinisme ou le vitiligo.  

Des chercheurs français ont obtenu des mélanocytes à partir de cellules souches pluripotentes.

Après avoir reconstitué un épiderme à partir de cellules souches d'origine embryonnaire fin 2009, l'équipe de Christine Baldeschi de l'Institut des cellules souches I-STEM (Inserm/AFM), dirigée par Marc Peschanski, a réussi à lui donner sa couleur : les chercheurs ont obtenu in vitro, avec la même stratégie, des mélanocytes fonctionnels, ces cellules qui pigmentent la peau et la protègent des rayons ultraviolets (UV). Ces mélanocytes seraient capables de s'insérer au bon endroit de l'épiderme et de transférer leur mélanine à des cellules avoisinantes (kératinocytes) qui constituent l'épiderme.

Ces recherches pourraient permettre de lutter efficacement et sur le long terme, contre les maladies de dépigmentation de la peau.

Ces kératinocytes et mélanocytes dérivés de cellules souches doivent encore être testés sur les humains, afin de connaître la tolérance des kératinocytes obtenus in vitro. Ces tests devraient commencer au second semestre 2012.

Pour les mélanocytes, un essai est prévu sur des patients atteints de vitiligo, dont certaines zones sont dépigmentées. L’association des deux types cellulaires, kératinocytes et mélanocytes, est une troisième étape, précise Christine Baldeschi, une fois qu’ils auront été testés indépendamment. A terme, les chercheurs espèrent pouvoir greffer un épiderme coloré.

Source : AFP

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Haïti : le choléra provenait bien du Népal

En janvier 2010, l'île d'Haïti était touchée par un terrible séisme de magnitude 7, faisant près de 200 000 morts dans la région de Port-au-Prince. Dès le mois d'octobre de la même année, une forte épidémie de choléra frappait les rescapés, tuant à ce jour près de 6000 personnes selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Des études biologiques sont rapidement menées sur place, et révèlent une origine asiatique de la souche de choléra. Les premiers cas de diarrhées sont apparus près d'un campement de casques bleus de l'ONU, originaires du Népal, pays où le choléra prospère.

Pour confirmer l’origine de la souche bactérienne, la comparaison avec les bactéries présentes au Népal était nécessaire. Après plusieurs mois d'attente, les chercheurs népalais ont accepté de transmettre des souches collectées au cours de l'année 2010 au Népal à l’équipe de Frank Aarestrup, de l’Université technique du Danemark, qui dirige également des laboratoires de référence sur la résistance des microbes pour l’Union européenne et l’OMS.

Les chercheurs danois et américains ont ensuite utilisé des méthodes  de séquençage génétique afin de mettre en lumière les différentes souches de Vibrio cholerae, bactérie à la base du choléra. Des similitudes flagrantes sont mises à jour entre les bactéries répertoriées au Népal, et celles recensées en Haïti.

Les résultats confirment bien les premiers doutes : le choléra est bel et bien arrivé en Haïti dans les bagages des népalais envoyés par les Nations-Unies.

Suite au séisme du 12 janvier 2010, près de 400 000 cas de diarrhées imputables au choléra ont été répertoriés sur l'île.

                                                                     Source : "Population Genetics of Vibrio cholerae from Nepal in 2010: Evidence on the Origin of the Haitian Outbreak",
mBio, 23 août 2011

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Epilepsie et troubles cognitifs : une protéine en cause

Une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient d'établir le lien entre les crises d'épilepsie du lobe temporal et les troubles cognitifs qui y sont associés. En isolant la protéine à la base de ces troubles cognitifs, les équipes de l'Inserm espèrent bientôt pouvoir les prévenir.

Chez l'homme, le lobe temporal, partie du cerveau située au niveau des tempes, est une zone importante pour de nombreuses fonctions cognitives comme l'audition, le langage, la mémoire et la vision des formes complexes.

La crise d'épilepsie temporale entraîne la dégénérescence de quelques neurones dans cette région de l’hippocampe. Il s’ensuit une réorganisation des connexions entre les neurones, brouillant les messages transmis au cerveau.

L’équipe de l'Inserm a identifié une protéine impliquée dans ces perturbations qui se présente comme une cible thérapeutique intéressante pour traiter cette forme d’épilepsie et les troubles cognitifs associés.

Pour y parvenir les chercheurs ont donc essayé de comprendre les mécanismes conduisant aux troubles cognitifs observés chez certains patients atteints d’épilepsie temporale.

En observant les activités électriques des cellules neuronales du gyrus denté des animaux modèles, ils ont constaté qu’elles émettaient des signaux aberrants pendant les crises mais également en dehors des crises. "Le patron de l'activité neuronale est très fortement perturbé. La réorganisation du réseau neuronal dans cette zone brouille le codage de l’information et la nature des messages par rapport à un cerveau sein", clarifie Valérie Crépel, chef de l'unité.

En fait, un sous type de récepteur glutamatergique présent à la surface de ces cellules serait la cause de ces problèmes. "La réorganisation aberrante entraîne l’expression tout aussi aberrante de ce récepteur", précise Valérie Crépel, chef de l'équipe. En inhibant ce récepteur chez l’animal, les chercheurs ont réussi à rétablir des fonctions nerveuses normales.

 On estime que l'épilepsie affecte 1 à 2 % de la population. Près de 30 % sont des crises d'épilepsie temporale. 

Source : Inserm

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