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Cancers oropharyngés : le cunnilingus menace-t-il les hommes ?

Aux États-Unis, les hommes sont deux fois plus touchés que les femmes par les cancers de la gorge et de la bouche liés à une infection par un papillomavirus (HPV), en lien avec la fréquence des rapports sexuels bucco-génitaux, selon une étude présentée le 12 février 2016 lors de la conférence annuelle de l'American Association for the Advancement of Science (AAAS).

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Cancers oropharyngés : le cunnilingus menace-t-il les hommes ?
Vidéo : Entretien avec le Pr Cécile Badoual, pathologiste à l'Hôpital européen Georges-Pompidou (Paris) - Image : A gauche, une cellule saine. A droite, une cellule infectée par le HPV.

Le sexe oral augmenterait le risque de cancer oropharyngé de 22%, selon une étude publiée en janvier 2016 dans le Journal of the American Medical Association. Ce type de cancer a augmenté de 225% depuis vingt ans.

L’infection oropharyngée à HPV est assez fréquente et la plupart des personnes l'élimine en un ou deux ans, mais les hommes moins que les femmes.

Le HPV ne déclenche pas directement les mutations responsables de la tumeur, mais provoque des changements dans les cellules infectées dans la gorge ou le col de l'utérus qui deviennent cancéreuses.

Dans la plupart des pays occidentaux, près de deux tiers des cancers de la gorge et de la bouche sont provoqués par une infection par le HPV 16, en lien avec pratique de la fellation ou du cunnilingus. Or, selon des travaux présentés ce 12 février à Washington par l’épidémiologiste Gypsyamber D'Souza, et relayés par l’Agence France Presse, ces cancers toucheraient désormais "beaucoup plus les hommes - surtout blancs d'âge moyen - que les femmes."

Les données présentées par la chercheuse n'ont pas encore été publiées dans une revue scientifique.

"Notre étude montre que chez les hommes le risque d'une infection par le HPV s'accroît avec le nombre de leurs partenaires avec qui ils ont eu des relations sexuelles buccales", a expliqué la chercheuse.

En revanche, chez les femmes, le nombre de partenaires récents n'a pas semblé augmenter le risque d'infection. Autrement dit, à nombre égal de partenaires, les hommes auraient beaucoup plus de risques d'être infectés par des HPV.

L'étude montrerait en outre que les femmes qui ont eu plus de partenaires pour des relations vaginales avaient moins de risque d'infection par le HPV transmis par ces pratiques. Selon la chercheuse, cette donnée suggère qu'une première exposition vaginale au HPV confère une plus grande protection en déclenchant une forte réaction immunitaire. Chez les hommes, la réponse du système immunitaire pourrait être plus faible, ce qui les rendrait plus vulnérables à une infection.

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