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Moins de poils pubiens, plus d'infections sexuellement transmissibles ?

À nombre de partenaires et fréquence de rapports sexuels égaux, les personnes qui épilent leurs poils pubiens présenteraient un risque plus élevé que les autres de contracter une infection sexuellement transmissible, selon une étude publiée dans la revue Sexually Transmitted Infections.

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Moins de poils pubiens, plus d'infections sexuellement transmissibles ?
Moins de poils pubiens, plus d'infections sexuellement transmissibles ?

Quelques petites études avaient déjà pointé du doigt cette tendance statistique : on trouve plus de cas d'IST chez les personnes qui s'épilent ou se rasent fréquemment le pubis que les autres. Diverses hypothèses ont été avancées pour expliquer cette corrélation, notamment d’ordre sociologique : peut-être que les personnes les moins actives sexuellement, et donc les moins à risque de contracter une IST, se préoccupaient-elles également moins de leur toison pubienne ?

Une nouvelle étude, portant sur les habitudes pileuses et sexuelles de 7.580 adultes résidant aux États-Unis, vient mettre en cause cette interprétation simpliste. En effet, en mettant dans l’équation le nombre de partenaires annuels des participants, ainsi que leur nombre de rapports sexuels, la corrélation statistique entre "IST diagnostiquée par le passé" et "fréquence et/ou étendue de l’épilation/rasage" reste significative, et fortement marquée. Dans le groupe étudié, les grands adeptes de l’épilation ou du rasage rapportaient des antécédents d'IST 3,5 fois plus fréquemment que les autres. La corrélation apparaît particulièrement nette pour "les IST cutanées, l'herpès et les infections à papillomavirus."

Mais l’analyse de ces résultats n’est pas simple puisque, comme le notent les chercheurs, "la causalité inverse pourrait expliquer toutes les associations par lesquelles les personnes interrogées [ont commencé à éliminer les poils] suite à une infection sexuelle récente".

Divers biais pourraient entacher les résultats, parmi lesquels le fait que des personnes qui acceptent de décrire leurs pratiques épilatoires pourraient être également plus enclines à parler librement de leurs IST, ou plus préoccupées par l’état et l’aspect de leur appareil génital (augmentant la probabilité de diagnostiquer certaines pathologies).

Ceci étant posé, plusieurs mécanismes biologiques - très plausibles - sont également susceptibles d’expliquer ces résultats. Comme nous le rappelions en 2012 sur Allodocteurs.fr, l'irritation et l’inflammation des follicules pileux sont à l’origine d’une multitude de micro-plaies ouvertes au niveau du pubis, alors même que l'environnement humide et chaud des organes génitaux constitue un milieu de culture parfait pour des bactéries. Interrogée sur le plateau de notre émission, la gynécologue et sexologue Hélène Jacquemin-Le Vern insistait sur le fait que "certaines femmes ont une fragilité de la peau qui va entraîner des infections", et que certaines se blessent au cours du rasage des poils pubiens, avec des conséquences analogues.

Source : Correlation between pubic hair grooming and STIs: results from a nationally representative probability sample. E.C. Osterberg et al. Sex Transm Infect doi:10.1136/sextrans-2016-052687

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