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La vasectomie, pensez-y !

La vasectomie, l’un des moyens de contraception les plus sûrs, reste mal-aimée en France.

Rédigé le , mis à jour le

La vasectomie, pensez-y !
Après une vasectomie, la sensation de l’éjaculation reste inchangée. Crédit photo : Luckybusiness - Fotolia.com

En France, la vasectomie fait peur. "Seuls 0,1 % des Français ont choisi cette méthode de contraception", explique Pierre Colin, co-fondateur de l’Association pour la Recherche et le Développement de la Contraception Masculine (ARDECOM). A titre de comparaison, 14 % des hommes chinois et 21 % des hommes britanniques ont opté pour cette opération, rappelle Pierre Colin à l’occasion de la journée mondiale de la vasectomie, le 13 novembre. Elle est rapide et relativement simple : en quelques minutes, on sectionne les deux canaux qui acheminent les spermatozoïdes des testicules vers le canal éjaculateur. La vasectomie est de ce fait considérée comme un moyen de contraception définitive – et l’un des plus efficaces. Pourtant, elle est boudée par les Français.

"On pense que la contraception est une affaire de femmes"

Il est difficile de comprendre ce désamour, surtout quand on sait que cette opération de microchirurgie n’a aucune conséquence sur le plan hormonal. En outre, la quantité et la sensation de l’éjaculation restent les mêmes. Il est par ailleurs possible de revenir en arrière pour ceux qui changeraient d’avis, cela via une vasovasostomie, une reconstitution des canaux avec un taux de réussite de 80 %. Néanmoins, en France, il a fallu attendre 2001 pour que la vasectomie soit légalisée. Auparavant, elle était considérée comme une mutilation.

Pour Pierre Colin, il y a trois raisons principales à cette méfiance. "En France, seuls une vingtaine de professionnels de santé recommandent cette opération. En Angleterre, au contraire, les médecins doivent suivre une formation sur la vasectomie tous les cinq ans", affirme-t-il. "La deuxième raison, c’est que notre pays a une politique nataliste, alors qu’en Angleterre, l’Etat mène une vraie politique de contraception depuis le début du XXe siècle", ajoute le fondateur de l’ARDECOM. "Enfin, aujourd’hui encore, le corps médical a tendance à penser que la contraception est une affaire de femmes. On n’évoque jamais la contraception pour hommes. Le machisme est très prégnant", déplore Pierre Colin, qui résume, non sans malice : "Les hommes ne veulent pas qu’on touche à leur zizi !"

Vers un partage de la contraception ?

Mais le chercheur reste optimiste. Il est persuadé qu’avec "l’évolution des mentalités, cette situation pourrait changer. De plus en plus de femmes arrêtent de prendre la pilule, et le poids de la contraception se partage davantage." Il regrette néanmoins le manque de recherche en ce qui concerne la pilule pour hommes, qui "ne se développe pas", et rappelle qu’il existe à ce jour des "contraceptions masculines hormonales et thermiques", comme les piqûres ou… le slip chauffant.

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