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Chirurgie esthétique : le sexe féminin aussi !

Les seins, le nez, le ventre, les fesses... Depuis de nombreuses années, la chirurgie esthétique sculpte les corps. Aujourd'hui, elle s'intéresse aussi au sexe féminin. Depuis dix ans, de plus en plus de femmes sont complexées par l'apparence de leur sexe. Laissées à l'appréciation des médecins, les demandes de chirurgie de la vulve augmentent. Et particulièrement la nymphoplastie, c'est-à-dire la réduction des petites lèvres lorsqu'elles dépassent de la fente vulvaire. La dictature de la norme semble désormais s'attaquer à cet organe, allant jusqu'à le standardiser.

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Attention, images de chirurgie

L'histoire l'a souvent affublé de petits noms à défaut d'en parler. Mais le sexe féminin est un organe comme un autre. Un mont de Vénus, un clitoris, de grandes et de petites lèvres… trop grandes pour certaines femmes qui développent des complexes. Certaines d'entre elles se tournent alors vers la chirurgie, et la nymphoplastie (opération consistant à réduire la taille des lèvres) pour y faire face.

Depuis une dizaine d'années, de plus en plus de femmes ont recours à cette intervention. L'opération se déroule sous anesthésie locale. Pour réduire la petite lèvre, le chirurgien la découpe tout en prenant soin de conserver son aspect initial et de ne pas sectionner les tissus nerveux. L'étape suivante consiste à recoudre la lèvre sectionnée à l'aide de quelques points de suture. Le chirurgien procède exactement de la même manière pour l'autre lèvre. L'intervention est courte (30 minutes environ) et elle est techniquement simple à réaliser. Mais elle n'est pas anodine. "Si on abîme cette zone, on peut vraiment abîmer la vie d'une femme. J'ai vu des patientes amputées des petites lèvres, et cela ne se répare pas", confie le Dr Laurent Benadiba, chirurgien plasticien.

Hospitalisées en ambulatoire, les patientes peuvent reprendre une activité sexuelle trois semaines après l'intervention et elles quittent la clinique quelques heures seulement après l'opération. Il faut compter environ 2.000 euros pour une nymphoplastie, le prix à payer pour un sexe standardisé. Un sexe jugé esthétiquement normal.

Une normalité formatée par l'évolution des moeurs : la mode de l'épilation intégrale par exemple ou la banalisation des rapports oro-génitaux. Plus regardé, plus critiqué, le sexe féminin est devenu source de complexes. Des complexes soi-disant résolus en un coup de bistouri grâce à la nymphoplastie. De plus en plus demandée, la nymphoplastie n'est pas la seule intervention en matière de chirurgie de l'intime. Aujourd'hui des médecins proposent même à leurs patientes de gonfler leur point G ou de resserrer leur vagin. Bon pour le business, reste à savoir ce qu'en retire la cause féminine.

Le professeur François Haab, urologue, était l'invité du Magazine de la santé ce 1er décembre 2015. Il a souhaité réagir à ce reportage :

"Je suis heureux de la réflexion de la psychologue (Sara Piazza) interviewée dans ce reportage. Cela reste des interventions chirurgicales, c'est de la chirurgie normative. Et moi, je n'aime pas la chirurgie normative quand elle est esthétique. Il existe des indications de chirurgie fonctionnelle des organes génitaux. Quand les petites lèvres sont très grandes, cela peut être gênant et l'intervention est même prise en charge par l'Assurance maladie. Mais on a aujourd'hui des demandes qui sont totalement aberrantes.

"La nouvelle mode chez les hommes, c'est le lifting du scrotum - donc de remonter la peau des bourses. On arrive à des aberrations où comme le dit la psychologue, le problème n'est pas anatomique, le problème est dans la tête. On parle souvent de la chirurgie d'agrandissement de la verge ou d'allongement de la verge, le fameux syndrome du vestiaire où l'homme a le sentiment qu'il a une trop petite verge. Mais lorsqu'on a expliqué, lorsqu'on a compris la demande, plus d'une fois sur deux la chirurgie n'a pas lieu.

"Aucune chirurgie n'est anodine. Et la nymphoplastie me semble dans une grande majorité des cas un peu superflue. Il vaut mieux s'intéresser aux raisons de la demande et une fois qu'on l'a analysée, on peut déterminer si véritablement il y a une justification à un acte chirurgical".

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