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Gardasil : quels risques pour la santé ?

Le vaccin Gardasil®, qui protège contre l’infection aux souches communes du papillomavirus humain, est visé depuis le 22 novembre 2013 par une plainte, déposée auprès du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) par une jeune femme de 18 ans. Le développement d’une inflammation du système nerveux central au cours de son adolescence est imputable, selon elle, à ce traitement. Y-a-t-il un lien de cause à effet avéré entre le vaccin au Gardasil® et l’apparition de ces troubles ? Y-a-t-il une remise en cause de l’intérêt de la vaccination contre le HPV ?

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Gardasil : quels risques pour la santé ?

En octobre 2010, une Landaise de 15 ans recevait - comme des millions de jeunes Françaises de son âge - une première injection de Gardasil®, complétée en décembre 2010 par une seconde dose de vaccin.

Le vaccin Gardasil® est disponible en France depuis novembre 2006. Ce vaccin est indiqué en prévention du cancer du col de l’utérus dû à certaines infections à  papillomavirus humains (HPV). Le Gardasil® protège contre les souches 6, 11, 16 et 18 du HPV.

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) préconise depuis 2012 que la vaccination HPV des jeunes filles "[soit pratiquée] entre les âges de 11 et 14 ans". Un rattrapage est possible jusqu'à 20 ans (c'est-à-dire 19 ans révolus). Depuis 2012, cette vaccination "n’est plus sous-tendue par la notion de l’âge de début de l’activité sexuelle" même si, précise le HCSP, "le vaccin sera d’autant plus efficace que les jeunes filles n’auront pas encore été infectées par les papillomavirus ciblés par la vaccination".

Peu de temps après, sont survenus une perte transitoire de la vue, une paralysie faciale et des difficultés motrices, trahissant une attaque de son système nerveux central. Le diagnostic médical correspond soit à une encéphalomyélite aiguë disséminée (EMAD), soit à une première poussée de sclérose en plaque (SEP). Ces deux affections se caractérisent en effet par une disparition partielle de la myéline, la "gaine" qui protège les nerfs (un peu à l’image des gaines de plastique qui isolent les fils électriques).

Y-a-t-il un lien de cause à effet entre le Gardasil® et l’apparition des troubles de la jeune femme ?

La plainte déposée le 22 novembre 2013 par la jeune Landaise s’appuie sur un double rapport d’expertise de la Commission Régionale de Conciliation et d’Indemnisation des Accidents Médicaux (CCI) d’Aquitaine, qui considère que le vaccin, en stimulant l’immunité de la jeune femme, a effectivement pu initier une série d’événements entraînant une inflammation de son système nerveux central.

Une telle réaction inflammatoire, consécutive à une vaccination (contre de nombreux types de virus), est en effet possible, mais extrêmement rare, comme en témoigne une récente revue de la littérature scientifique. La possibilité de survenue d’une affection du système nerveux est, de fait, évoquée par la notice du Gardasil®, étant précisé que la fréquence de cet évènement indésirable "ne peut pas être estimée sur la base des données disponibles".

Le Gardasil® lui-même n'est donc absolument pas remis en cause par la CCI, qui précise bien qu'il n'existe "aucun argument scientifique en faveur de l'incrimination du Gardasil® comme facteur causal des pathologies inflammatoires du système nerveux central".

Dans son avis, la CCI a en outre limité l’indemnisation du préjudice de la jeune landaise à 50%, jugeant que celle-ci pouvait avoir un terrain génétique favorable au développement de cette affection. Chaque année, plus de 500 nouveaux cas d’EMAD et 2000 cas de SEP sont déclarés en France. Les EMAD touchent une population majoritairement jeune, sans distinction de sexe, tandis que les SEP touche prioritairement les femmes âgées de 20 à 40 ans.

Le Gardasil® présente-t-il un risque pour la population générale ?

En octobre 2011, après cinq années de mise sur le marche du Gardasil®, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) avait statué qu’il [n’existait] aucune donnée suggérant un caractère potentiellement délétère du vaccin dans certaines catégories de la population."

"Le nombre total de manifestations auto-immunes recueillies (démyélinisation aiguë centrale et périphérique, lupus érythémateux systémique, thyroïdite, diabète insulinodépendant, purpura thrombopénique idiopathique...) reste bien inférieur à celui attendu dans la population générale sur la base des données d’incidence et de prévalence disponibles dans la littérature", poursuivait le HCSP. "Dans tous les cas, ces maladies peuvent survenir en l’absence de toute vaccination."

Ce rapport confirmait l'analyse du "bilan du plan de gestion des risques européen et national" publié en juillet 2011 par l’Agence nationale du médicament (Afssaps, désormais ANSM), selon lequel "le nombre total de manifestations auto-immunes recueillies [était] inférieur à celui attendu dans la population générale". Ces travaux concluaient que l’analyse des données de surveillance disponibles ne remet pas en cause le rapport bénéfice/risques du vaccin.

Les plus récents travaux en date confirment qu'il n'y a pas plus de cas de maladie du système nerveux chez les adolescentes vaccinées contre le HPV que chez les autres.

Le 25 novembre 2013, Daniel Floret, président du comité technique des vaccinations, interrogé sur RTL, confirmait que les données internationales portant sur plusieurs dizaines de millions de vaccinations, "ne montrent aucun lien" entre le Gardasil® et la sclérose en plaques. Il estimait que l’affaire ici médiatisée "montait en épingle" des effets pervers "éventuels" du médicament.

"Les données de pharmacovigilance internationales ne montrent pas de lien entre ce vaccin et une quelconque maladie auto-immune, dont la sclérose en plaques", rappelait-il. "Le fait qu'il y ait une plainte ne prouve pas qu'il y ait un problème".

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