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Grande-Synthe : "le camp de la honte"

Dans cette petite ville près de Dunkerque, près de 3.000 migrants - essentiellement des Kurdes syriens et des Irakiens - vivent depuis plusieurs semaines dans des conditions inhumaines, sur un terrain vague, sans eau courante ni chauffage. La préfecture vient de donner son accord pour déménager le camp vers un nouveau site aux normes internationales. Mais il faudra plusieurs semaines de préparation avant de pouvoir reloger les familles. Reportage.  

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Grande-Synthe : "le camp de la honte"

A quelques centaines de mètres du centre ville de Grande-Synthe, ce bidonville ressemble à une immense décharge. Ils étaient 300 en août 2015, ils sont désormais 3.000 à vivre dans ce camp. Majoritairement Kurdes et Irakiens, ils sont tous candidats à l'exil vers l'Angleterre et se sont installés ici car le passage serait plus facile qu'à Calais. En attendant, ces hommes, femmes et enfants, tentent de survivre avec rien.

Deux médecins, un infirmier et une psychologue assurent le suivi médical. Chaque jour, ils auscultent une soixantaine de patients par jour. Beaucoup de symptômes grippaux en ce début d'hiver. "La difficulté est de ne pas rater l'infection plus grave, comme l'infection pulmonaire surinfectée avec un risque de pneumopathie qui nécessite une prise en charge hospitalière", explique le Dr Clément Toussaint, médecin urgentiste pour Médecins sans frontières (MSF).

Baeshwar vit avec sa mère, ses quatre frères et deux amis 

Un peu plus loin, un infirmier soigne un homme qui s'est brûlé en s'endormant près du feu. Les chutes et les blessures liées aux tentatives de passage sont légion. Mais comment se soigner correctement quand on vit dehors, et sans hygiène possible ? Dans le camp, il n'y a qu'une trentaine de toilettes et 250 douches seulement pour 3.000 personnes.

Baeshwar accepte de nous montrer sa tente. Ce jeune Kurde est un ancien travailleur social. Il est arrivé il y a moins de deux mois. Il vit avec ses quatre frères, deux amis et sa mère qui s'efforce de garder les lieux propres. "Nous n'avons ni électricité, ni gaz, ni frigo, alors pour garder la nourriture on la stocke dehors, mais ça attire de gros rats. Voilà c'est ça notre vie", raconte-t-il.  

MSF craint l'arrivée de nouveaux migrants et le retour du froid

La préfecture a donné son accord, le 11 janvier 2016, pour déplacer le camp vers un nouveau site qui respectera les normes internationales. C'est une priorité pour MSF qui craint l'arrivée de nouveaux migrants et le retour du froid.

"Avec l'augmentation de la population, on va devoir augmenter nos activités, avoir plus de médecins sur place, améliorer les conditions de vie pour que les gens soient des tentes chauffées. L'objectif est que tout le monde puisse avoir un accès à un point d'eau et aux douches. Mettons-nous à leur place, ça serait intolérable pour nous", explique Mathieu Balthazard, référent médical du camp (MSF). 

L'installation du nouveau camp humanitaire devrait prendre au moins un mois ; 2.500 places seront créées sur un terrain. La préfecture rappelle que celui-ci restera un camp d'urgence humanitaire qui n'a pas vocation à se pérenniser.

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