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Hiver : le Samu social au chevet des sans-abris

Depuis le début de la semaine en France, les températures ont chuté. Cette vague de froid rend plus difficile la vie de ceux qui dorment dehors. A Paris, le Samu social réalise tous les soirs des maraudes. Ces équipes, composées de travailleurs sociaux, de personnels médicaux et de bénévoles, vont à rencontre des sans-abris pour leur proposer une aide. 

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Hiver : le Samu social au chevet des sans-abris
Le Samu social prend soin des plus précaires

"Bonsoir Kader, comment vous allez ?" C'est la première rencontre de la soirée pour l'équipe du Samu social, qui vient saluer l'un de ses habitués, à la rue depuis plusieurs années. Un café, un gâteau, du temps pour discuter… Mais impossible de convaincre Kader de venir dormir dans un centre. Ici, il a ses affaires, ses petites habitudes. "Ici, il y a moi, ma couette, ma radio… Il y a du passage le matin, j’ai les habitués qui passent, je leur dit : "Allez, au boulot, travaillez bien"".

Pour vérifier son état de santé, l’infirmier du Samu social, Régis Borniquel, prend sa tension et sa température. Deux examens rapides qui permettent de détecter les situations critiques. "On est au delà de 35°C. C'est mieux déjà que la dernière fois", explique-t-il à Kader. Régis Borniquel est attentif à tout changement. "C'est une personne qu'on retrouve régulièrement en hypothermie, qui a pas mal de problèmes de santé au niveau cardiaque. On essaye de vraiment détecter l'urgence."

3.000 appels chaque jour au Samu social de Paris

La nuit, huit équipes sillonnent la capitale. Ils répondent aux demandes des 3.000 appels que le Samu social reçoit chaque jour à Paris.

Ce soir-là, c’est un particulier qui vient de signaler un homme transi de froid. Sur place, l'équipe de la maraude propose à l'homme de se rendre dans un centre d'accueil. Brahim accepte car il souffre trop : "Je suis frigorifié. C'est impossible de survivre ici. Vingt-quatre heures dans cette position et c'est la mort".

En 2015, 450 personnes sont mortes dans la rue

A Paris, le Samu social réclame 500 places d'hébergement supplémentaires pour parer l'urgence. L'année dernière, au moins 450 personnes sont mortes dans la rue. Pour les sans-abris, les suivis psychologiques et sociaux sont compliqués et souvent très irréguliers. Ce soir-là, l'équipe tente d'aborder le sujet avec un SDF. "Et vous voyez une assistante sociale ? J’en vois pas. Vous voulez pas en voir ? Non, j'en veux pas d'assistante sociale. Elle me prend la tête l'assistante sociale". 

Tous sont persuadés que les maraudes de nuit sont plus propices au dialogue. Léna Mannino est éducatrice au Samu social. Pour elle, "la nuit, c'est assez particulier parce que on peut prendre le temps avec les personnes de discuter. Souvent la nuit, ils sont plus amenés à nous faire des confidences. Et puis, il y a aussi le côté social et infirmier qu’ils ont peut être pas parce qu’ils se déplacent plus forcément. C’est important de leur montrer qu'on est là et qu’il y a une main tendue, s’ils veulent la prendre on est là."

Cette nuit là, l'équipe tournera jusqu’à 5 heures du matin. D'autres prendront le relai dans la journée pour assurer une aide et une présence auprès des plus démunis.

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