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Des cellules souches embryonnaires pour soigner l'infarctus

Une greffe de cellules cardiaques dérivées de cellules souches embryonnaires ("pluripotentes") a été réalisée il y a trois mois sur une patiente souffrant d'insuffisance cardiaque qui "va bien" aujourd'hui, ont indiqué ce 16 janvier les médecins à l'origine de cet essai novateur.

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Des cellules souches embryonnaires pour soigner l'infarctus

Les cellules souches embryonnaires ont la capacité de se différencier en toutes les cellules de l'organisme (on les dit "pluripotentes").

Des travaux français et nord-américains, portant sur la greffe de cellules souches sanguines (déjà partiellement différenciées) ont déjà été présentés au public par le passé. C'est toutefois la première fois qu'une annonce porte sur des cellules souches embryonnaires.

Mi-2013, une équipe nord-américaine est parvenue à créer des cellules cardiaques à partir de cellules pluripotentes induites, c'est-à-dire des cellules différenciées que les chercheurs avaient fait régresser à un état antérieur, similaire à celui de cellules souches embryonnaires. Aucune greffe n'a encore été réalisée à partir de telles cellules.

Des essais à partir de telles cellules embryonnaires ont déjà été réalisés dans le monde pour corriger des pathologies de l'œil. Mais selon l'Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP Paris), c'est la première fois qu'elles sont utilisées pour soigner une insuffisance cardiaque.

La greffe sur la partie du cœur touchée par un infarctus, couplée à une pontage coronarien, a été réalisée le 21 octobre 2014, chez une patiente âgée de 68 ans, par le professeur Philippe Menasché et son équipe du service de chirurgie cardiovasculaire de l'Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP, Paris).

La patiente souffrait d'insuffisance cardiaque sévère avec altération nette de sa fonction cardiaque à la suite d'un infarctus ancien, mais elle n'était pas au stade ultime qui aurait relevé d'une greffe cardiaque ou d'un coeur artificiel.

Une avancée prometteuse

A présent, "la patiente va bien, son état s'est nettement amélioré, sans qu'aucune complication n'ait été observée. Elle est rentrée chez elle et a repris une activité normale", a dit à l'AFP le Pr Menasché.

Cette "avancée prometteuse" a été présentée ce 16 janvier 2015 aux 25èmes Journées européennes de la Société française de cardiologie à Paris.

Les jeunes cellules cardiaques obtenues à partir des cellules souches embryonnaires ont été incorporées dans un gel qui a été posé sous forme de patch sur la zone du cœur de la patiente, rendu inerte par un ancien infarctus.

Cette partie du cœur "bouge aujourd'hui", mais il serait prématuré de dire si l'amélioration provient de la greffe de cellules ou du pontage, souligne le chirurgien. 

Il précise qu'il y a un an, un patient "en bout de course" avait également été traité, mais n'avait pas survécu à ses multiples pathologies, sans que le patch soit en cause.

"Nous ne pensons pas que ces cellules vont vivre éternellement et fabriquer du tissu cardiaque", ajoute le Pr Menasché. "En revanche, il y a des arguments sérieux pour penser qu'elles sécrètent des substances qui peuvent induire une forme de réparation à partir du cœur lui-même". 

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