1. / Se soigner
  2. / Prothèse
  3. / Prothèse de hanche

Prothèses de hanche métalliques : une plainte déposée contre l'ANSM

Mi-décembre 2014, l’Agence de sûreté du médicament (ANSM) publiait des recommandations officielles déconseillant le recours aux prothèses de hanche à articulations métalliques, du fait des risques d'intoxication. Alléguant que ces dangers étaient connus depuis une dizaine d’années, un avocat marseillais porte aujourd’hui plainte contre l’ANSM au nom d’un client craignant pour sa santé. "Le Magazine de la santé" reviendra aujourd’hui sur les dangers connus associés à ces dispositifs médicaux.

Rédigé le

Prothèses de hanche métalliques : une plainte déposée contre l'ANSM

Dans un avis publié mi-décembre 2014, l’ANSM observait que, depuis 2012, les signalements de vigilance relatifs aux prothèses de hanche "à couple de frottement métal-métal" (voir encadré) étaient "très supérieurs à ceux observés avec des prothèses ayant d’autres couples de frottement". Pour cette raison, l’Agence invitait les praticiens à "éviter l’ensemble des prothèses de hanche à couple de frottement métal-métal chez les femmes en âge de procréer [et] les patients allergiques à des métaux" et à améliorer le suivi des autres patients implantés, en fonction de certaines spécificités techniques des prothèses.

Une prothèse de hanche se compose de trois parties. La tige fémorale, qui s'insère dans le fémur ; le cotyle, qui se fixe sur le bassin ; la tête fémorale, enfin, fait la jonction entre les deux premiers éléments. L’ensemble tête fémorale / cotyle constitue le couple de frottement.

Selon l'ANSM, de 100.000 à 140.000 prothèses totales de hanches sont implantées chaque année en France. En 2012, environ 7.000 présentaient un couple de frottement métal-métal (3.000 en 2013).

Schéma d'une prothèse totale de hanche. (ANSM)
Radiographie d'une prothèse de hanche. (cc-by-sa KimvdLinde)

Cette recommandation a-t-elle été tardive ? Devrait-elle même être élargie ? Telle est la conviction de l’avocat de Frédéric Simon, quadragénaire qui, suite à la pose d’un tel dispositif médical en 2010, a découvert que son taux de cobalt sanguin était quatre fois supérieur aux seuils "normaux". Or, le cobalt peut être à l’origine de très graves intoxications(1).

De fait, comme l’observe Le Parisien, de multiples études sur la dispersion de particules métalliques dans le sang des porteurs de prothèse totales de hanche (PTH), liés au frottement de la tête fémorale dans le cotyle (voir ci-contre) ont été publiées depuis le début des années 2000.

En conséquence, la Haute Autorité de Santé (HAS) française avait émis en septembre 2007 des recommandations pour la "mise en place d’un suivi clinique" des patients implantés. "Toutes les études comparatives montrent des concentrations sanguines et urinaires d’ions chrome et cobalt significativement plus élevés chez les patients porteurs d’une PTH à couple de frottement métal-métal que chez les patients-témoins non porteurs d’une PTH, ainsi que chez les patients implantés avec une prothèse à couple de frottement polyéthylène conventionnel-métal", soulignait la HAS. "Les conséquences cliniques, à long terme, d’une exposition prolongée à des concentrations élevées d’ions chrome et cobalt dans l’organisme ne sont pas connues".

L’ANSM n’est pas seule à être visée par la plainte, le fabricant de la prothèse et l'Assurance-maladie étant également concernés. "Je n’admets pas avoir été exposé à un risque pour ma santé, alors que celui-ci était connu des autorités et du fabricant", a déclaré Frédéric Simon au journal Le Parisien. "C’est pour cela que je demande à la justice de se pencher sur mon dossier."

 

-----

(1) Depuis plus de cinquante ans, l’intoxication au cobalt est identifiée une cause de cardiomyopathie. Les cas recensés concernaient essentiellement des expositions professionnelles ou des contaminations alimentaires. Des intoxications liées aux prothèses de hanche sont recensées depuis une quinzaine d’années. Au Royaume-Uni, des recommandations officielles de suivi des patients porteurs de prothèses ont été fixées en avril 2010, qui stipulent la recherche annuelle de symptômes d’intoxication au cobalt dans les cinq ans suivant l’opération.

Besoin d'un conseil médical ?

Service proposé par

 logo MesDocteurs

Sponsorisé par Ligatus

Voir aussi sur Allodocteurs.fr

Besoin d'un conseil médical ?

Nos médecins partenaires répondent à vos questions immédiatement 24h/24