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Généralistes : de moins en moins de volontaires pour les gardes de nuit

Le taux des médecins volontaires pour la permanence des soins (c'est-à-dire en dehors des horaires d'ouverture des cabinets) est passé de 67% en 2014 à 65% en 2015, selon un rapport publié le 21 mars 2016 par le Conseil national de l'Ordre des médecins. Les gardes de nuit ne sont plus assurées dans 31 départements.

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Généralistes : de moins en moins de volontaires pour les gardes de nuit
"Les médecins boudent les gardes de nuit", entretien avec le Dr Roger Rua, médecin généraliste

De 2014 à 2015, le taux de médecins volontaires pour la permanence des soins est passé de 67% à 65%, selon le rapport de l'Ordre des médecins. Si cette "légère baisse" n'a pas empêché de répondre "globalement" aux besoins de la population, elle recouvre de "nombreuses disparités selon les territoires".

Ainsi, plus de 60% des généralistes sont volontaires dans 66 départements, "un chiffre record depuis 13 ans", mais "25 départements" enregistrent "une baisse du volontariat". Parmi eux, 15 "accusent une baisse de 10% et plus", comme les Alpes-de-Haute Provence, la Corrèze, la Creuse, l'Indre-et-Loire ou encore le Bas-Rhin.

À l'inverse, six départements (Haute-Corse, Indre, Loire-Atlantique, Haute-Marne, Var, Val-d'Oise) bénéficient d'une hausse du volontariat de 10%. De manière générale, "certaines missions commencent à se déliter [...] ou à ne plus pouvoir être assurées", observe l'Ordre.

Médecins de nuit

Environ 8% des quelque 1.600 "territoires de permanence des soins" délimités dans chaque département par les agences régionales de santé (ARS) "ne fonctionnent pas en soirée", de 20h à minuit, en raison d'un manque de praticiens, les services d'urgences assurant la relève. 

La situation est encore plus tendue en nuit profonde (de minuit à 8h00), l'arrêt des gardes s'étendant "inexorablement" : il concerne désormais 31 départements et 69% des secteurs de permanence de soins (ce qui ne signifie pas que 70% de la population ne peut recourir à un médecin de garde la nuit).

Peu d'incitations

Démographie déclinante, désintérêt des jeunes pour l'activité libérale, ou encore "absence de mesures d'incitations financières" expliquent le désengagement des médecins, également échaudés par la loi Santé de Marisol Touraine, selon l'Ordre.

Pour éviter "la poursuite de cet effritement", il préconise une meilleure coopération entre les ARS et les organisations représentatives de médecins, une "remise à plat" de l'organisation des soins et "une sensibilisation de la population".

Malgré l'instauration d'un numéro d'appel unique national, en parallèle du 15, pour contacter un médecin de garde, la permanence des soins n'a tenu "qu'une place minime" dans la loi santé, déplore l'Ordre.

AFP