Les médicaments anti-douleur

Chat du 17 avril 2012, avec les réponses du Dr Isabelle Nègre, responsable du centre anti-douleur du GH Hopitaux Universitaires Paris-Sud (Bicêtre) et du Pr. Alain Serrie, responsable du département Diagnostic et Traitement de la douleur à l'hôpital Lariboisière, président fondateur de Douleurs sans frontières.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

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Les réponses du Dr Isabelle Nègre, responsable du centre anti douleur du GH Hopitaux Universitaires Paris-Sud (Bicêtre)

Si votre bilan hépatique est normal, le risque est faible, quasi identique à la population normale. Il peut être prudent de diminuer les doses (pas plu de 3g/j) et de ne pas le prendre en continu. N'hésitez pas à demander conseil à votre généraliste.

Il semble s'agir d'une atteinte rhumatismale. Les meilleurs antalgiques sont les anti-inflammatoires. Mais ils ont des contre-indications qui doivent être respectées. Les antalgiques de niveau 1 (paracétamol) peuvent aider. Les massages peuvent soulager. N'oubliez pas les médecines alternatives (acupuncture, auriculothérapie) qui peuvent avoir de l'efficacité et sont sans effets secondaires.

Avez-vous consulté votre médecin ? Il peut s'agir d'un problème au poignet (canal carpien) ou d'une mauvaise position de la colonne vertébrale cervicale. Il est important de bien décrire vos symptômes qui vont permettre d'orienter vers une cause à soigner.

Oui. Le Lyrica® est indiqué dans les douleurs neuropathiques. Néanmoins, s'il n'est pas efficace, il faut revoir le traitement, car il y a d'autres traitements possibles. Par ailleurs, une fois la douleur traitée, la rééducation est indispensable.

Il faudrait donner plus de détails, car il y a plusieurs types de douleur. Ceci étant dit, on a montré qu'il existe des récepteurs au cannabis qui participent au phénomène douloureux. Dans les cas complexes comme celui de votre ami, un examen très complet doit être fait.

L'algodystrophie est de cause inconnue et peut durer longtemps. C'est très douloureux. Il est très important de prendre cette douleur en charge pour éviter une mauvaise évolution. Il existe des traitements médicaux et des traitements par analgésie loco régionale du membre.

La fibromyalgie n'est pas une maladie : c'est un ensemble de symptômes (syndrome) regroupés sous un nom. Il n'y a pas de fatalité. La prise en charge doit être globale, prenant an compte le corps et la psychée. De nombreuses méthodes existent pour vous aider.

Si les traitements habituels sont inefficaces, les techniques d'anesthésie loco régionale peuvent aider.

Tout dépend pour quoi. Le tramadol® utilsé trop souvent peut entraîner une certaine dépendance et vous pouvez avoir des difficultés à vous en débarrasser. S'il est efficace sur vos douleurs, le risque est faible. Ne dépassez jamais les doses prescrites maximales.

S'il s'agit de céphalées chroniques, le paracétamol n'est peut-être pas adapté : des antimigraineux spécifiques existent et diminueront sûrement les crises.

Exactement ! Si vous ne traitez que le (ou les) symptômes, le résultat ne sera pas satisfaisant. Il faut calmer la douleur, calmer l'esprit et suvent revoir son mode de vie : tout ça est un vrai travail et il faut être accompagné par une équipe pluridisciplinaire...

Les associations (par ex. l'Institut français d'hypnose) vous proposeront des praticiens proches de chez vous.

La K est un anesthésique ancien utilisé au bloc opératoire pour des "petits gestes" ou pour des pansements douloureux (grands brûlés). C'est un dérivé synthétique proche du LSD est il peut provoquer des rêves ou des cauchemars. Il y a 10-15 ans, on a montré qu'à petites doses la K agissait sur les récepteurs NMDA qui augmentent la douleur. Actuellement, la K est utilisée en douleur pour diminuer les doses de morphine (post-opératoire) et éviter les phénomènes de tolérance morphinique.

Il existe cerains patch analgésiques efficaces dans ce genre de douleur. On peut utiliser des ortèses pour diminuer la tendinite. Le traitement est parfois long et les médicaments oraux souvent peu efficaces.

Il est difficile de donner des conseils sans examen clinique : avez-vous consulté un centre anti-douleur ?

Vers une prise en charge globale : les médicaments seuls ne suffisent pas. Avez-vous consulté un centre de traitement de la douleur ?

Ils sont très utiles dans le traitement de la douleur. Plusieurs programmes permettent de cibler l'action selon le type de douleur.

Vous décrivez une douleur neuropathique typique pour laquelle un traitement particulier peut être proposé.

Oui, ils sont sous prescription : à mettre tous les jours, pendant 12h sur la partie douloureuse (versatis). Les médecines complémentaires (chiro/osteo) sont évidemment à essayer.

Il ne s'applique que sur la peau. Certains centres sont spécialisés dans ce type de douleur : on peut y pratiquer des blocs analgésiques (injections). L'Anafrani®l à très petite dose peut avoir moins d'effets secondaires que les anti-épilpetiques.

Il existe d'autres morphiniques de synthèse qui pourraient être mieux supportés que la morphine (oxycontin, sophidone, fentanyl) avez-vous essayé?

Tout dépend de quelles douleurs... Les produits sont locaux (patch) ou oraux : soit certains antiépileptiques, soit certains antidépresseurs (mais à très faible dose).

Si vous pouvez continuer vos activités dans de meilleure conditions, continuez. Vous pouvez faire de temps en temps une 'fenêtre' en arrêtant les produits pendant 1 ou 2 jours.

Je suis surprise que vous n'ayez aucun antalgique. Puisque la douleur est chronique et très invalidante, je propose souvent un patch de fentanyl faiblement dosé.. Bon courage

Je vous suggère d'aller sur le site de l'Institut français d'hypnose : on pourra vous indiquer des adresses.

Avez-vous essayé Anafranil® ou Laroxyl® a très faible dose ?

Rien dans la littérature n'indique une efficacité. Désolée.

Ces effets diminuent avec le temps, mais il n'y a pas d'antidote (à ma connaissance).

Avez-vous recherché un syndrome du canal carpien ?

Il faut faire ça à l'hopital. Pendant quelques jours +/- hospitalisation.

Oui, à priori, mais chaque interaction doit être vérifiée.

Le baclofène est indiqué pour la spasticité, par pour les douleurs neuropathiques.

Je ne pense pas, à vérifier...

Les variations interindividuelles sont énormes : pour une même douleur, les doses peuvent aller de 1 à 5...

Le paracétamol est un médicament agissant rapidement, alors que vous semblez avoir une douleur chronique : il vaudrait mieux un produit qui diffuse sur toute la journée. Attention au surdosage de paracétamol.

Tout dépend de la dose... Et oui si elle est trop forte. Vous pouvez essayer de diminuer doucement.

A priori non.

Le traitement est plus compliqué qu'un seul médicament : il faut souvent les associer et ajouter kiné douce et repos...

Où les paresthésies ? Mais les choses peuvent être liées. Les antiépileptiques et certains antidépresseurs sont plus indiqués que l'Efferalgan® codéiné.

Presque tous ont un métabolisme hépatique, ce qui ne veut pas dire toxicité... Il faut donc les prendre avec modération, ou faire une sélection si vous avez un problème au foie.

Oui absolument.

Oui, ordonnance sécurisée, maxi 28j en toutes lettres, commencer par la plus petite dose.

Changez.

Beaucoup de produits sont disponibles, mais n'oubliez pas l'hygiène de vie, les medecines complémentairres (auriculo, acupuncture, osteo/chiro). L'équilibration du diabète est très importante.

La bursite troch est très douloureuse et difficile à traitre. Si vous avez déja essayé les infiltrations, avez vous essayé chiro/osteio. La douleur disparait souvent brutalement sans qu'on puisse le prevoir

Tout peut s'envisager et se négocier. Commet peut-on reprendre le travail avec une algo ? AVez-vous vu le medecin du travail ?

Surement une petite lésion du nerf. On peut infiltrer ou appliquer du versatis.

Oui c'est obligatoire.

Addiction.

Par une prise en charge globale, avec des traitements locorégionaux

Avez-vous vu un chiropracteur/osteopathe. Il y a peut être une malposition rachidienne.

On peut rajouter de la morphine à libération rapide à prendre quand la douleur apparait.

L'évolution peut être longue (§ mois).

L'acupan® ?

Oui, l'enfant peut avoir des signes d'imprégnation.

C'est la bonne solution.

Essayez Ixprim® à petit doses.

Petite lésion nerveuse opératoire : versatis ou infiltration locale.

Le traitement est difficile... Avez vous essayé l'Acupan® ?

Oxynorm® ? Abstral®, (ce qui revient un peu au même mais le pic plasmatique est moins fort).

Anti inflammatoires car le mécanisme est l'inflammation.

C'est vrai. Je conseille de changer de molécule...

Versatis patch.

Pas de toxicité renale. C'est quand le rein est malade que la codéine devient toxique.

Les réponses du Pr. Alain Serrie, responsable du département Diagnostic et Traitement de la douleur à l'hôpital Lariboisière, président fondateur de Douleurs sans frontières

Il est impossible de faire un diagnostic par mail, mais devant ce que vous me décrivez je vous conseille de demander une consultation dans un centre anti-douleur, vous trouverez la liste sur le site de la société savante SFETD.

Il faut demander à votre médecin, il saura vous conseiller.

Il faut être raisonnable, l'alcool ne fait pas bon ménage avec les médicaments anti-douleur d'une façon générale, il faut en consommer avec modération je parle de l'alcool bien sûr et les médicaments de la façon que vous propose votre médecin.

La morphine n'est pas le médicament de toutes les douleurs, il faut faire d'abord le diagnostic du mécanisme de votre douleur et si elle est intense, et en fonction du mécanisme, la morphine peut être une solution je dis bien peut-être. Pour certaines douleurs la morphine est inefficace, c'est votre médecin qui fera le diagnostic du mécanisme.

Oui traitements par pommade et par comprimés, ensuite infiltration et intervention si pas d'efficacité.

Dangereux ce sont des puissants vaso-constricteurs qui réduisent le calibre des vaisseaux, si vous en prenez tous les jours vous risquez d'avoir des céphalées chroniques quotidiennes induites justement par la prise des triptans. Je vous conseille d'en parler avec votre médecin.

Parlez-en d'abord avec votre médecin, et demandez à un centre anti-douleur.

Ce peut être une indication, demandez au centre de Strasbourg, ils connaissent bien ce patch.

Je comprends, pour accélérer la prise de RDV votre médecin peut appeler le centre et expliquer votre cas.

Bien sûr essayez l'acupuncture qui ne pourra pas vous aggraver.

Sur des douleurs neuropathiques périphériques et localisées il n'est pas possible d'en mettre sur tout l'hémicorps.

On peut les traiter par un médicament carbamazépine si ce sont des névralgies du trijumeau et ce traitement est inefficace il y a d'autres solutions. Prenez contact avec un centre anti-douleur liste sur douleurs.org.

Il y a d'autres médicaments à visée douleurs neuropathiques, parlez-en avec votre médecin.

Il n'est pas expérimental, il s'agit d'un traitement et il permet d'identifier les patients pour lesquels on pourra discuter de l'indication d'une stimulation du cortex cérébral.

Avez-vous pris de la carbamazepine à libération immédiate 45 minutes avant les repas ?

Il y a des traitements pour la crise, il y a d'autres tryptans et des traitements de fond qui servent à espacer les crises et à diminuer leur intensité et leur durée.

Ils stimulent les fibres du tact et viennent fermer la porte à la douleur au niveau de la moelle, pour les douleurs neuropathiques ils peuvent être très intéressants et ils sont sans danger.

Non ils sont prescrits sur ordonnance et il y en a plusieurs avec des médicaments différents.

Non.

Oui c'est un traitement médical.

Oui parlez-en avec votre médecin.

En en parlant normalement, les centres ne reçoivent qu'après lettre du médecin traitant, car il faut connaître tous les antécédents, les traitements pris et les résultats des examens effectués et ce qu'en pense votre médecin.

Il faut réévaluer avec votre médecin, vous avez peut-être besoin d'un traitement de fond qui a pour objectif de diminuer le nombre de crises et donc la prise de Relpax®.

Oui c'est possible, dans ce cas il faut changer de médicament quitte à revenir au Tramadol® après.

Antalgiques et analgésiques ce sont les mêmes non stéroïdiens, ce sont la plupart des anti-inflammatoires. Les stéroïdiens ce sont les corticoïdes.

Ce n'est pas vous qui placez le patch. C'est fait en hospitalisation de jour dans un centre anti-douleur.

La morphine est envisagée après échec de tous les traitements à visée douleur neuropathique, en général dans ce cas elle n'est pas moins efficace que des traitements plus spécifiques. La morphine n'est pas le traitement de toutes les douleurs.

En savoir plus

La gestion de la douleur s'est améliorée depuis ces dernières années, et ce, parce que les soignants et les pouvoirs publics s'y sont intéressés. Aujourd'hui, les médecins et les infirmières tentent de plus en plus de soulager les douleurs qu'elles soient chroniques ou aiguës, les stratégies pour combattre sont nombreuses, variées et souvent efficaces.

Des centres, des unités, ainsi que des consultations pour les personnes souffrant de douleurs chroniques et rebelles se sont multipliés ça et là. La morphine, utilisée autrefois avec parcimonie et crainte, est incluse dans de nombreux protocoles de traitement de la douleur.

Enfin, des outils d’évaluation de la douleur sont utilisés pour en mesurer l’intensité (réglettes, échelles analogiques ou numériques, échelles pour les soignants lorsque les patients ne peuvent pas communiquer) et faciliter la mise en place du traitement.

Les principaux médicaments contre la douleur sont divisés en trois classes en fonction de leur puissance d’action, selon un classement de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le premier niveau est constitué des antalgiques utilisés couramment comme le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens. Ils concernent les douleurs d’intensité faible à modérée. Viennent ensuite les médicaments de niveau 2 comme ceux contenant de la codéine pour calmer les douleurs d’intensité modérée à sévère. Enfin ceux du niveau 3, constitués des opioïdes, comme la morphine.

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