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Hôpitaux en grève : le "ras-le-bol" des soignants

Ce mardi, les médecins hospitaliers sont en grève aux côtés des autres professions de santé. Une mobilisation très suivie qui dénonce la dégradation des conditions de travail et l'étranglement financier de l'hôpital.

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Hôpitaux en grève : le "ras-le-bol" des soignants

Si les infirmiers se retrouvent régulièrement sur le pavé pour dénoncer leurs conditions de travail, le fait qu’ils soient aujourd’hui rejoints par les médecins est exceptionnel. C’est la traduction de l’ampleur du malaise hospitalier.

Un malaise global de l'hôpital

Selon Thierry Amouroux, secrétaire général du Syndicat National des Professionnels Infirmiers, "que l’on soit ouvrier, administratif, soignant ou médecin, on voit que l’hôpital est en crise. Depuis 10 ans, on a supprimé des postes, des lits… Tout ça dans une logique purement comptable sans prendre le temps d’écouter les soignants et les médecins".

Avec jusqu’à 80% de grévistes dans certains services, les anesthésistes sont en tête de la mobilisation médicale. Une grève masquée par les réquisitions administratives qui les maintiennent au bloc opératoire. Mais, l’épuisement est réel face aux restrictions budgétaires imposées depuis des années.

Le Dr Michel Bru appartient au Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs. "Chaque jour, on fait ce qu’on peut pour ne pas que le patient en souffre. On se démultiplie. On occupe plusieurs postes à la fois : on fait l’infirmier, le médecin, le secrétaire… Quand il y a une désorganisation, au bout d’un certain temps, les gens n’en peuvent plus et, pour leur propre santé mentale, ils s’en vont. Ils vont travailler ailleurs, dans les endroits où les conditions de travail sont meilleures parce que c’est mieux organisé. Au départ, ce n’est pas une question d’argent qui pousse les gens à s’en aller. C’est une question de désorganisation chronique".

Des conditions de travail plus attractives dans le privé

En plus, l’hôpital doit assurer l’accueil des urgences auquel échappent la plupart des établissements privés. Quitter le public, c’est donc assurer moins de gardes, pour des revenus plus élevés. Des arguments qui séduisent aussi de plus en plus le personnel infirmier.

Pour Thierry Amouroux, "les infirmiers sont confrontés à une maltraitance institutionnelle. Il y a le sentiment que les gens sont des pions que l’on déplace d’un service à l’autre pour combler les trous qui sont creusés par l’administration. On demande sans arrêt aux infirmiers de revenir sur leurs jours de repos ce qui pose des vrais problèmes de sécurité".

Des revendications partagées avec les autres fonctionnaires

Le personnel hospitalier partage aussi la colère des autres fonctionnaires quant aux dernières mesures du gouvernement. Il appelle la ministre de la Santé à négocier plus globalement, pour que les économies qui viennent d’être annoncées ne mettent pas davantage en péril les hôpitaux.

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