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Former les médecins aux annonces difficiles

Comment trouver les bons mots pour annoncer une maladie grave à un patient ? Le centre de simulation de l’hôpital d’Angers propose à des internes de faire de fausses consultations. Un exercice essentiel pour les futurs jeunes médecins afin de les aider à faire face à des situations difficiles.

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Former les médecins aux annonces difficiles

Ils sont secrétaires, aide-soignants ou infirmiers et tous viennent au centre de simulation de l’hôpital d’Angers pour suivre une formation d’apprenti comédien. Deux jours pour apprendre à réagir et à parler comme de vrais patients pour, ensuite, jouer ce rôle face à de jeunes internes.

"On leur apprend à ne pas simplement être dans un jeu d'acteur, mais à faire un petit peu avec ce qu'ils sont, avec ce qu'ils ressentent dans la simulation, de manière a pouvoir être au plus près de ce qu'un patient peut ressentir", précise Ingrid Cartier, psychologue au CHU d'Angers et formatrice. "On voit bien que, sur un même scenario, si on prend trois acteurs différents, on aura trois jeux différents", souligne la professionnelle.

Simulation puis débriefing

Aujourd’hui, c’est Nadine qui va jouer la patiente. Le réalisme est poussé jusqu’à reproduire la lésion qu’elle est censée avoir sur la joue.

Puis, l’exercice commence : dans une fausse salle de consultation, Kevin Chassain, interne en dermatologie, accueille sa patiente. Les formateurs sont dans les coulisses, à scruter tous les faits et gestes du futur médecin. Comme prévu dans le scénario, l’actrice joue la sidération, pour pousser l’interne à renouer le dialogue.

L’exercice va durer au total plus de 20 minutes, durant lesquelles l’interne va répondre du mieux qu’il peut aux questions et aux angoisses de sa fausse patiente.

Il sera suivi d'un débriefing, une étape essentielle de la simulation, qui permet de mettre le doigt sur les points à améliorer.

Un exercice essentiel

"La consultation d'annonce complexe est un exercice essentiel", souligne le Pr Ludovic Martin, dermatologue au CHU d'Angers. "Mais il ne faut jamais la faire la première fois avec un patient car on peut être maladroit ou insuffisant dans la qualité de l'annonce, ce qui va conditionner une partie de la prise en charge ultérieure", précise-t-il. "Donc, même si chaque patient est singulier, chaque situation est singulière, il y a des grandes typologies de situations sur lesquelles ont peut travailler en simulation sans aucun risque", conclut-il.

Un bénéfice pour les patients, donc, mais aussi pour les médecins. La simulation en santé n’est pas encore obligatoire dans leurs études, mais elle tend à se généraliser.

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