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Mutuelles : les réseaux de soins sont-ils vraiment avantageux ?

Les réseaux de soins des mutuelles ont été créés pour faire baisser les tarifs des lunettes, des audioprothèses et des prothèses dentaires. L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a récemment publié un rapport pour dresser un premier état des lieux de ces réseaux.

Rédigé le , mis à jour le

"Les réseaux de soins des mutuelles sont-ils vraiment avantageux ?", chronique de Maroussia Renard du 3 octobre 2017

Un réseau de soins est un partenariat entre une mutuelle et des professionnels de santé qui s'engagent à limiter leurs tarifs tout en respectant certains critères de qualité. En contrepartie, les complémentaires incitent leurs adhérents à consulter ces professionnels partenaires, ce qui leur assure un afflux de clients.

Les premiers réseaux de soins ont vu le jour au milieu des années 90 mais ils se sont vraiment imposés depuis dix ans. Principalement dans trois domaines : l'optique, les audioprothèses et les prothèses dentaires. Dans ces trois domaines, les prix ne sont quasiment pas régulés par les pouvoirs publics, les remboursements de la Sécu sont dérisoires donc les patients doivent payer de leur poche des sommes astronomiques. Comme les complémentaires santé financent la majorité de ces dépenses, via les remboursements, elles ont décidé de réguler elles-mêmes le marché et de faire baisser les prix par le biais des réseaux de soins.

Qui peut bénéficier des réseaux de soins ?

On estime que 45 millions de Français ont accès à un de ces réseaux, c'est-à-dire les trois quarts des personnes qui ont une mutuelle. Mais beaucoup ne savent pas qu'elles y ont droit. Pour savoir si vous avez droit aux réseaux de soins, il vous suffit de prendre votre carte de tiers payant transmise par votre mutuelle et de regarder si au dos apparaît un des noms suivants : Carte Blanche, Istya, Itelis, Kalivia, Santéclair ou Sévéane. Si un de ces noms apparaît, vous avez accès à un réseau et aux avantages qu'il offre. Toutefois, il n'est jamais obligatoire de se rendre chez un opticien ou un dentiste affilié au réseau de soins de votre mutuelle. Vous restez entièrement libre de votre choix et vous serez remboursé quoi qu'il arrive.

Le constat de l'Igas est très clair : se rendre chez un professionnel de santé qui appartient à un réseau fait baisser la facture. C'est en optique que l'écart de prix est le plus important. Une paire de lunettes avec des verres progressifs chez un opticien membre d'un réseau sera facturée (hors monture) 398 euros contre 490 euros si le patient n'a pas accès à un réseau. La réduction s'élève donc à 20%. Pour une paire d'audioprothèses, le prix moyen est de 2.766 euros pour les assurés qui ont recours à un réseau contre 3.073 euros pour les autres, soit 307 euros d'économie. Pour le dentaire, la réduction est moindre, 5% en moyenne. Mais dans des villes, comme Paris par exemple où les tarifs des dentistes sont très élevés, l'écart peut atteindre 40%.

Quand le prix baisse, le reste à charge pour le patient diminue, cela est mécanique. Mais un autre élément peut encore faire baisser la facture : le remboursement différencié. Les mutuelles ont le droit de le faire depuis 2014 mais elles ne le font pas toutes (un tiers des mutuelles). Le principe : si vous décidez de consulter un opticien ou un dentiste affilié au réseau de votre mutuelle, vous serez mieux remboursé. La bonification peut atteindre 30%, voire 50%. Si en plus de payer vos lunettes ou vos prothèses auditives moins chères, vous êtes mieux remboursé, et vous avez moins d'argent à sortir de votre poche. De plus, les professionnels des réseaux de soins pratiquent le tiers payant intégral, ce qui signifie que vous n'aurez pas un centime à avancer.

Quid de la qualité des soins ?

Il existe par ailleurs de nombreuses interrogations autour de ces réseaux de soins. Sur la qualité notamment. Personne n'est capable de dire si la qualité des lunettes ou des prothèses vendues dans le cadre des réseaux est moins bonne ou meilleure qu'ailleurs. Même l'Igas ne peut se prononcer, faute de données disponibles. Dans le domaine de l'optique, du dentaire et de l'auditif, il n'existe quasiment aucun contrôle de la part des autorités sanitaires. Cela n'est pas propre aux réseaux.

Il n'y a pas plus de contrôles pour les professionnels hors réseau, mais dans la mesure où les réseaux ont été créés pour faire baisser les prix, la question de la qualité se pose d'autant plus. Dans son rapport, l'Igas recommande donc vivement de mieux contrôler la qualité des soins dispensés dans le cadre des réseaux et aussi de mieux les encadrer.

Les réseaux de soins se sont créés d'une manière empirique avec un cadre juridique sommaire. Mais vu l'importance que les réseaux de soins sont en train de prendre (aujourd'hui 80% des audioprothésistes en France sont affiliés à un réseau), il y a urgence à mieux les encadrer dans l'intérêt des patients mais aussi des professionnels de santé qui subissent parfois une pression forte de la part des réseaux, notamment sur les prix.

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