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L’État rechigne à taxer la malbouffe

À peine avancée par la direction générale du Trésor, l’idée de remplacer les taxes sur les aliments responsables de l'obésité par une taxe proportionnelle à leurs calories a été écartée par le secrétaire d'État au Budget Christian Eckert et Michel Sapin. Interrogé sur RTL, M. Eckert a plus généralement exclu toute augmentation du produit fiscal lié à la "malbouffe".

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L’État rechigne à taxer la malbouffe
L’État rechigne à taxer la malbouffe

"Non, il n'est pas question de regrouper toutes les taxes en une seule taxe qui tiendrait compte des calories", a déclaré ce 2 septembre M. Eckert à RTL, estimant qu'une telle piste, proposée par la direction générale du Trésor, serait bien trop complexe.

Une taxe sur les boissons sucrées a été instaurée en 2012, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Les taxes sur les huiles devraient rapporter 125 millions d'euros en 2016, celles sur les farines 64 millions, et celles sur les produits de la mer, 4 millions d'euros.

Dans un rapport sur les conséquences économiques de l'obésité publié la veille, le Trésor propose notamment une taxe proportionnelle au niveau des calories ou de la qualité nutritionnelle d'un aliment.

"Une option intéressante pourrait être de taxer les produits au-delà d'un certain niveau de calories, ou en fonction de leur qualité nutritionnelle, comme cela a été fait au Mexique à partir de 2014", préconisait ainsi le Trésor. Une autre suggestion serait d'augmenter la TVA sur les produits "jugés néfastes pour la santé".

"Je n'ai pas trop envie [de retenir ces propositions]", a également dit le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin, sur Radio Classique/Paris Première. Alors que le gouvernement essaye "de baisser les impôts, de supprimer les taxes", il ne souhaite pas "en voir créer par ailleurs".

"La direction du Trésor est là pour faire des propositions, alimenter la réflexion et il se trouve que les politiques sont là pour décider", a-t-il ajouté.

Sur RTL, M. Eckert a souhaité rappeler que "le parlement a conduit une réflexion sur un certain nombre de taxes dites comportementales" (comme sur les huiles, les farines, la margarine, le chocolat, les boissons sucrées). S'il y avait des changements en termes de TVA ou de taxes, "nous nous [attacherions] à ce que le produit de cette fiscalité soit constant", autrement dit qu'il n'y ait pas d'augmentation globale de la taxation, a assuré le responsable.

Le coût social de la surcharge pondérale avoisinait 20 milliards d'euros (1% du produit intérieur brut) en 2012, soit un montant comparable à celui de l'alcool et du tabac.

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