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Don de sang : une coopération internationale limitée mais efficace

Début août, la Belgique a lancé un appel pour reformer ses stocks de plasma. Il était destiné plutôt à sa population, même si des échanges de poches de sang possédant un groupe sanguin rare sont possibles.

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Don de sang : une coopération internationale limitée mais efficace
L'export de poches de sang est extrêmement encadré et plutôt rare.

Quinze sachets de plasma consommés par jour. Un total considérable pour ce Belge, ce qui a conduit la Croix-Rouge de Flandre à lancer un appel aux dons. Son groupe sanguin, AB, n’est pas considéré comme rare et un surplus de dons par des Belges suffisait amplement à satisfaire la demande exceptionnelle en plasma.

Car la banque de sang belge, comme l’établissement français du sang (EFS), a comme devoir d’être autosuffisante. La règle est même inscrite dans les statuts de l’institut français : "Sa mission première, qui est une mission de service public, est d’assurer l’autosuffisance de la France en produits sanguins dans des conditions de sécurité et de qualité optimales."

Un manque d’un certain type de groupe sanguin ou un besoin massif et soudain de sang est en principe anticipé par les différentes banques de sang, en Europe du moins. "On n’a jamais fait appel à un pays étranger lors d’attentats", assure Sylvie Gross, directrice médicale de l’EFS. Même chose en Belgique et Royaume-Uni, où de nombreuses personnes ont été victimes du terrorisme ces dernières années.

L’EFS dispose, comme les autres pays, d’une banque de sang rare. Située à Créteil, elle stocke les poches de groupes sanguins rares, c’est-à-dire ceux que l’on ne retrouve que chez 4 habitants sur 1000. Mais il peut arriver qu’un pays ne dispose pas du produit adapté à un patient avec un groupe sanguin singulier. La France a par exemple importé en 2016 six poches depuis la Nouvelle-Zélande et deux de Finlande pour une seule personne.

L’export ne concerne qu’une partie minime des activités de l’EFS

"Ce sont des demandes très réglementées", explique le Dr Sylvie Gross. Le directeur de l’EFS doit en informer l’Agence nationale de sûreté du médicament (ANSM) puis effectuer la demande auprès des directeurs des autres établissements de sang à l’étranger. Suivant la procédure inverse, l’EFS peut exporter des poches de sang pour des patients étrangers au groupe sanguin quasi unique.

Le raptriement sanitaire de Français blessés à l’étranger explique la majeure partie de l’envoi de sang. Mais l’export de poches est minime dans l’activité de l’EFS : environ 40 à 60 produits par an, une goutte d’eau comparée à la consommation nationale annuelle de 3 millions de poches de plaquettes, de plasma ou de globules rouges.

Les échanges de liquide vermeil sont réduits à leur portion congrue. Que les patients des régions frontalières de la Belgique, de l’Allemagne ou de l’Italie reçoivent du sang de ces pays, et inversement, serait pourtant logique. Mais il faudrait pour cela harmoniser les règles régissant notamment le don. "On est tenus de sélectionner les donneurs à peu près sur les mêmes règles", affirme le Dr Gross. Un à peu près insatisfaisant dans un domaine qui a par le passé été entaché par les scandales. "Il faut que l’on reste autosuffisant au niveau national, c’est une priorité", clame la directrice médicale de l’EFS, expliquant ainsi les multiples appels au don au cours de l’année, pour que les stocks ne descendent jamais à un niveau critique.

 

Pour savoir où donner votre sang, rendez-vous sur le site de l'EFS.

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