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Suicide à Pompidou : un rapport pointe des défaillances

Dans une synthèse, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) revient sur les conditions qui ont mené au suicide du professeur Jean-Louis Mégnien à l’hôpital Pompidou en 2015. Le rapport, resté secret, pointe de nombreuses lacunes au sein du service de cardiologie notamment.  

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Suicide à Pompidou : un rapport pointe des défaillances - Vidéo : entretien avec le Dr Philippe Halimi, président de l'Association Jean-Louis Mégnien

Victime, selon ses proches, de harcèlement de la part de sa hiérarchie, le professeur Jean-Louis Mégnien, 54 ans, s'était défenestré du 7e étage de l'hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. Le 17 décembre 2015, jour du drame, le spécialiste avait repris le travail depuis seulement trois jours, après neuf mois d’arrêt maladie pour dépression.

Des mails échangés entre le médecin et ses collègues, révélaient notamment qu’il subissait un harcèlement quotidien de la part d’une partie de ces confrères, et qu’il aurait été mis "au placard".

Suite au décès du Pr Mégnien, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait saisi en février 2016 l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), à l'issue d'une enquête menée par la direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) qui avait révélé des "dysfonctionnements".

Défaillances, lacunes, manquements…

Dans cette synthèse, l'Igas énumère "cinq manquements de portée inégale" dans le traitement du conflit qui a conduit au suicide du médecin. En premier lieu, la synthèse dénonce "l'absence de réunion de l'ensemble des protagonistes et d'analyse" lorsque les premiers conflits surgissent en octobre 2013, puis "l'absence de signalement et l'alerte tardive sur la souffrance du Pr Mégnien en novembre 2014".

Ces défaillances "n'ont pas permis à la direction de saisir la médecine du travail, ni la médecine de prévention" de la faculté de médecine dont dépendait le professeur en cardiologie. Les démarches de médiation entreprises par le Pr Mégnien n’ont, par exemple, donné lieu à aucun compte-rendu. L’Igas insiste par ailleurs sur "le manque d'articulation" entre les différents acteurs du dossier.

Un rapport resté secret

Si ce rapport était très attendu, il n’a pourtant pas été rendu public. Dans une lettre adressée à la ministre de la Santé, le chef de l’Igas indique vouloir protéger « la vie privée » et le « secret médical ». Selon lui, les conclusions du rapport pourraient porter préjudice à un grand nombre de confrères du Pr. Mégnien.Toujours selon l’Inspection, ces révélations pourraient également porter atteinte au bon déroulement de l’instruction judiciaire.

Une information judiciaire a en effet été ouverte par le parquet de Paris en décembre 2015, pour « harcèlement moral ». Une hypothèse qui n’a pas été envisagée par le rapport de l’Igas, à la grande surprise de l’Association Jean-Louis Mégnien, réunissant les amis et soutiens du cardiologue. L'association reproche ainsi à l'Igas "de ne pas avoir voulu envisager l'hypothèse du harcèlement moral".

Les soutiens de la victime demandent la publication du rapport

Dans un "souci de transparence et d'équité", l'association, qui lutte contre la maltraitance et le harcèlement au sein de l'hôpital public, va "demander la communication intégrale de ce rapport par tous les moyens possibles".

En parallèle, Marisol Touraine a immédiatement demandé à l'AP-HP de mettre en oeuvre "sans délai" les recommandations de l'Igas. Au nombre de 28, elles concernent tant les procédures de nomination, que de signalement ou de médiation en cas de conflit.

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