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Incontinence urinaire : des solutions chirurgicales contre les fuites

Plus de 3 millions de personnes souffrent aujourd'hui de problèmes d'incontinence urinaire et seulement une personne sur trois ose en parler à un médecin. Rééducation, médicaments, chirurgie peuvent pourtant supprimer les fuites urinaires, au masculin comme au féminin.

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Incontinence urinaire : des solutions chirurgicales contre les fuites
Incontinence urinaire : des solutions chirurgicales contre les fuites
Sommaire

Qu'est-ce que l'incontinence urinaire ?

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Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent les incontinences urinaires.

L'incontinence urinaire reste encore taboue alors qu'elle concerne entre 3 et 5 millions de personnes en France, femmes et hommes confondus. Si l'incontinence urinaire est particulièrement fréquente chez les personnes âgées (ce trouble concerne plus de 15 % des plus de 85 ans), on peut aussi en souffrir beaucoup plus tôt avec parfois de lourdes répercussions psychologiques et sociales. Mais des solutions existent.

L'urine est produite par les reins. Elle passe par les uretères, puis s'accumule dans la vessie. Cette urine est ensuite évacuée par un conduit : l'urètre. Chez les femmes, cet urètre est plus court, il évacue l'urine par le méat urinaire. Autre différence anatomique, chez les hommes, la prostate entoure l'urètre tandis que chez les femmes, c'est la présence du vagin et de l'utérus qui peuvent peser sur la vessie.

Dans les deux cas, à la sortie de la vessie, il y a un dispositif musculaire qu'on appelle le sphincter vésical. Le sphincter vésical agit comme un fermoir. Son bon fonctionnement est facilité par le tonus des muscles pelviens. Mais l'ouverture ou la fermeture de ce sphincter est avant tout, une histoire de pression.

La vessie est un réservoir qui se remplit à basse pression. Durant cette phase, le sphincter reste fermé pour retenir les urines. Lorsque la pression à l'intérieur de la vessie devient trop importante, l'envie d'uriner augmente. Le cerveau reçoit le message et envoie alors un ordre au sphincter pour se relâcher. Autrement dit, ce sphincter est censé rester fermé tant que le cerveau ne lui a pas donné l'ordre de se relâcher. Un ordre neurologique lié aussi à notre volonté.

Or, il arrive que le sphincter se relâche par moment, ce qui provoque les fuites urinaires. Un dysfonctionnement qui peut être aussi bien d'origine mécanique que neurologique. Quand il s'agit d'un problème mécanique, cela peut faire suite à une altération des tissus qui soutiennent l'urètre ou ceux qui se localisent en arrière de la vessie. Dans les deux cas, cela conduit à une faiblesse du sphincter urinaire, la porte de sortie de la vessie ne se ferme plus correctement, les fuites urinaires surviennent par petits jets dès que la pression augmente.

L'incontinence urinaire liée à l'effort peut apparaître à la suite d'un cancer notamment, car les traitements de cette maladie peuvent endommager les tissus musculaires du sphincter urinaire. Les muscles pelviens sont alors trop faibles pour "verrouiller" la vessie. Les patients risquent ainsi d'être victimes de fuites à la suite d'éternuements, de rires ou de quintes de toux. Elles surviennent par jet et sans envie d'uriner, se produisent toujours au cours de la journée, jamais durant la nuit.

L'incontinence par impériosité est liée à un dysfonctionnement de la vessie, dont les muscles se contractent anormalement, même lorsque celle-ci n'est pas pleine. Les envies d'uriner sont alors très fréquentes, de jour comme de nuit, et ne laissent pas le temps d'arriver aux toilettes.

L'incontinence par regorgement ou par "trop plein" est la forme la plus fréquente chez les hommes. Dans ces cas, les fuites se produisent au goutte à goutte, sans envie d'uriner. Les personnes qui en souffrent ont l'impression de mal vider leur vessie et ressentent le besoin de pousser pour uriner. Généralement, elle est due à une augmentation trop importante du volume de la prostate, qui va obstruer l'urètre. Cette affection peut être liée à certaines maladies neurologiques comme la maladie de Parkinson ou des atteintes de la moelle épinière.

La technique par bandelette

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Attention, images d'intervention chirurgicale : la bandelette sera à terme intégrée aux tissus.

La rééducation périnéale est effectuée dans les cas d'incontinence urinaire peu sévère. Cette technique, qui se pratique chez des kinésithérapeutes, consiste à améliorer le tonus du périnée et du sphincter, grâce à des contractions musculaires. L'objectif est de pouvoir contrôler de nouveau sa vessie.

Si la rééducation n'est pas efficace, une intervention chirurgicale au principe assez simple existe depuis plus de dix ans.

Un sphincter artificiel pour retenir les fuites

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Attention, images de chirurgie ! La pose d'un sphincter artificiel est possible chez l'homme et chez la femme.

Lorsque la rééducation ne suffit pas, certains médicaments peuvent être prescrits, mais il est souvent nécessaire d'avoir recours au sphincter artificiel. Cette solution nécessite une intervention chirurgicale sous anesthésie générale et n'est indiquée que lorsque les incontinences sont sévères.

Une manchette remplie de liquide est placée autour de l'urètre, à la manière d'une bague. Elle est reliée à une pompe implantée sous la peau du testicule chez l'homme ou sous la peau de la grande lèvre chez la femme. Lorsque le patient veut vider sa vessie, il appuie sur la pompe qui chasse l'eau de la manchette. L'urètre n'est plus comprimé et libère l'urine. Quelques minutes plus tard, la manchette se remplit de nouveau et resserre l'urètre.

Les injections de toxine botulique

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Les injections de toxine botulique améliorent la continence

Vous connaissez sûrement l'usage de la toxine botulique pour atténuer des rides, mais depuis une dizaine d'années cette substance est aussi utilisée pour traiter les incontinences urinaires liées à des pathologies neurologiques. La toxine botulique est injectée directement dans la vessie.

Les injections de toxine botulique sont envisagées lorsque le reste des traitements, notamment médicamenteux, a été inefficace ou produit des effets secondaires gênants pour le patient.

L'effet de la toxine botulique n'est pas définitif, plusieurs séries d'injections sont nécessaires. Les injections de toxine botulique sont réalisées à l'aide d'un cystoscope, un tuyau rigide équipé d'une caméra reliée à un écran de contrôle. Les injections se font dans le muscle de la vessie (muscle détrusorien). Conséquence non négligeable du traitement : la patiente n'a plus le contrôle de sa vessie. Pour évacuer ses urines, elle doit donc la vider avec une sonde plusieurs fois par jour. Dans 85 % des cas, la toxine botulique permet de supprimer totalement les fuites urinaires.  

Une autorisation de mise sur le marché est actuellement à l'étude pour étendre la prescription de cette toxine aux incontinences qui ne sont pas d'origine "neurologique" en échec de traitement.

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