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Une nouvelle technique pour opérer l'emphysème

L'emphysème touche près de deux millions de personnes en France. Très souvent, il est lié au tabac. Une nouvelle technique est en cours d'évaluation pour tenter de soulager les patients. Il s'agit de valves placées dans les voies respiratoires pour améliorer la circulation de l'air. Pour le moment, le procédé n'est pas remboursé par la Sécurité sociale. Le laboratoire espère obtenir rapidement une autorisation de mise sur le marché.

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Une nouvelle technique pour opérer l'emphysème

Essoufflement, douleurs à la poitrine, grosse fatigue... tels sont les premiers symptômes de l'emphysème pulmonaire. Il s'agit d'une maladie des alvéoles pulmonaires qui détruit progressivement les poumons.

Qu'est-ce que l'emphysème pulmonaire ?

Les alvéoles pulmonaires sont des petits sacs chargés de stocker l'air véhiculé ensuite par les capillaires sanguins. Elles ont une paroi élastique qui les aide à capter l'oxygène nécessaire à notre respiration. En cas d'emphysème, ces alvéoles perdent leur élasticité. Résultat : elles reçoivent l'air mais n'arrivent plus à le rejeter. Comme l'air reste dans les poumons, il les alourdit.

Et il y aussi des conséquences sur le diaphragme qui est le muscle qui permet en se contractant l'entrée de l'air. Quand les poumons sont trop lourds à cause de l'emphysème, ils pèsent sur le diaphragme qui n'arrive plus à remonter. Bilan : un diaphragme qui ne fonctionne pas, des alvéoles pulmonaires détruites, le malade n'arrive plus à respirer normalement. Dès qu'il fait un effort, c'est l'essoufflement.

Une chirurgie moins invasive

L'objectif de la chirurgie est donc de diminuer le volume pulmonaire du patient pour diminuer son essoufflement à l'effort et améliorer sa qualité de vie. Pour cela, les médecins utilisent une nouvelle technique beaucoup moins invasive que l'ablation d'une partie des poumons. À l'aide d'un cathéter, le médecin positionne des valves à l'entrée des bronches malades. À l'inspiration, elles empêchent l'air d'entrer. À l'expiration, elles permettent à l'air et aux sécrétions piégés de s'échapper. Progressivement, il y a une réduction de la taille du poumon.

Une fois la valve chargée au bout du cathéter, pour bien la positionner, le médecin utilise un fibroscope, une petite caméra qui permet de voir l'intérieur des poumons du patient. Dès qu'il repère l'entrée d'une bronche, le chirurgien dépose une valve qui se déploie. Tout l'enjeu est de choisir la bonne taille, car trop petite la valve ne sert à rien. "La valve doit être totalement obstructive. Si l'air continue de passer autour, la valve n'est pas efficace. Il faut que la valve prenne bien la branche pour qu'il n'y ait plus aucun passage d'air autour", explique le Dr Armelle Marceau, pneumologue.

Des résultats prometteurs

Une fois toutes les valves posées, après l'intervention, le patient reste sous surveillance : "Comme le poumon se rétracte, il y a un risque que le poumon se décolle donc il y a un risque de pneumothorax. On garde le patient trois, quatre jours à l'hôpital pour surveiller sa radiographie pulmonaire tous les jours et vérifier qu'il ne fasse pas de pneumothorax", précise le Dr Marceau.

L'intervention permet de ralentir la progression de la maladie, mais elle ne guérit pas l'emphysème pulmonaire. L'arrêt du tabac est par ailleurs une condition indispensable pour bénéficier de l'opération.

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