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BPCO, la bronchite du fumeur

Le 16 novembre marque la Journée mondiale contre la BPCO. Sous ce sigle se cache une grave maladie pulmonaire : la broncho-pneumopathie chronique obstructive. Elle touche 3,5 millions de Français (surtout fumeurs), en tue 17.000 chaque année (sixième cause de mortalité en France). Elle serait en passe de devenir la troisième cause de mortalité dans le monde, selon les projections de l'Association française BPCO.

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BPCO, la bronchite du fumeur
Dossier créé le 12 septembre 2008 ; dernière mise à jour le 16 novembre 2016.
Sommaire

Qu'est-ce que la BPCO ?

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent la BPCO.

Le sigle BPCO désigne une maladie respiratoire dégénérative grave, la broncho-pneumopathie chronique obstructive.

Cette pathologie se manifeste principalement par une toux persistante, des bronchites à répétition, des essoufflements et des difficultés à respirer.

Lorsque l'on inspire, l'air riche en oxygène entre par les voies respiratoires supérieures. Il chemine ensuite dans la trachée. Elle parcourt la partie centrale du cou, descend dans la cavité thoracique et se divise en deux bronches. Ces deux bronches amènent l'air dans leur poumon respectif.

Chacune de ces bronches se ramifie pour donner des bronchioles : de toutes petites terminaisons qui se prolongent jusqu'aux alvéoles pulmonaires. Ces alvéoles sont des minuscules et fragiles vésicules, en grappe, entourées par un réseau de capillaires sanguins. Chaque poumon en contient des milliers. Elles assurent à leur surface les échanges gazeux entre l'air et le sang. L'oxygène de l'air inspiré passe dans le sang, et le sang, lui, se "débarrasse" du dioxyde de carbone dans les alvéoles, qui sera évacué à l'expiration.

En cas de BPCO, les voies respiratoires inférieures sont enflammées. Les bronchioles se mettent à secréter trop de mucus, leur paroi s'épaissit : leur diamètre est réduit. Le tissu autour des bronchioles perd aussi en élasticité. En plus, plusieurs des membranes qui séparent les alvéoles sont détruites (c'est ce qu'on appelle un emphysème).

Toutes ces transformations contribuent à une obstruction lente et progressive des voies respiratoires et à une réduction du passage de l'air. Sans surprise, le tabac est la cause principale de la BPCO. Mais elle peut aussi être une maladie professionnelle.

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BPCO : causes et diagnostic

Comment diagnostiquer une BPCO ?

Comme son nom l'indique, la broncho-pneumopathie chronique obstructive touche les bronches pulmonaires. Tout commence avec leur agression par des substances toxiques, en premier lieu le tabac, qui représente de 80% à 90% de l'ensemble des cas de BPCO.

Le tabac reste la principale cause de BPCO.

Les cas restants regroupent les BPCO dites "professionnelles". Elles sont notamment causées par des poussières de ciment ou de silice, ou des vapeurs de solvants. "L'exposition au fer, aux métaux ferreux, est aussi associée à la BPCO", soulignait en janvier 2016 le pneumologue Gilles Jebrak dans notre émission. En dehors du fer, "le charbon et d'autres [substances, notamment utilisées] en milieu agricole, peuvent être à l'origine de la BPCO. Il y a des tableaux de reconnaissance de pathologies agricoles (pesticides, produits toxiques inhalés…). Certains éléments utilisés pour nourrir le bétail sont aussi toxiques." "L'association du tabac et d'une exposition professionnelle (la BPCO est d'ailleurs parfois reconnue comme pathologie professionnelle) peut expliquer l'apparition d'une BPCO avec un tabagisme relativement modéré"

Au total, la BPCO est la deuxième maladie respiratoire après l'asthme en France.

L'inconnue meurtrière

Longtemps surnommée "l'inconnue meurtrière", la broncho-pneumopathie chronique obstructive constituera en en 2020 la troisième cause de mortalité en France et dans le monde.

La BPCO est mal connue du grand public, qui pense la confond, à tort, à une simple bronchite. Selon un sondage OpinionWay de 2013 réalisé pour la Fondation du Souffle, seuls 11% des Français connaissent l'existence de cette maladie.

S'il est difficile de la détecter précocement, il est tout de même possible de la dépister en cas de doute, grâce à un spiromètre, qui mesure le souffle du malade.

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BPCO : les ateliers thérapeutiques

Chaque semaine, des personnes souffrant de BPCO se retrouvent lors d'ateliers thérapeutiques.

Pour apprendre à mieux gérer et connaître la maladie, des ateliers thérapeutiques sont proposés aux patients. Ensemble ils échangent sur leurs expériences de la maladie. L'objectif des ateliers est de redonner confiance à ces malades dans la gestion de leur maladie au quotidien, de leur donner des clés pour faire face quand ils ne vont pas bien...

Tester de nouvelles techniques, parler, échanger, rire... tout cela participe à améliorer la santé mais aussi le moral des malades. Un moral souvent mis à mal. Un patient sur trois souffre en effet de troubles dépressifs.

Un mal handicapant

À la longue, le poumon est atteint. La BPCO évolue alors vers une insuffisance respiratoire. Il n'y a plus assez d'oxygène dans le sang pour nourrir les organes, notamment le cerveau et le coeur.

Arrivés à ce stade de la maladie, 60% des malades sont reliés à un appareil pour respirer de l'oxygène 15 heures par jour. On appelle ça l'oxygénothérapie ou ventilation assistée.

BPCO : le sport, une bouffée d'oxygène pour les malades

L'importance du sport dans la prise en charge de la BPCO

Faire du sport quand on souffre de BPCO peut sembler impossible pour beaucoup. Et pourtant une activité sportive est bénéfique pour le bien-être des patients.

À Tours, l'association "L'espace du souffle" organise des cours de sport adaptés aux malades. Lors de ces cours de sport adaptés, les malades travaillent leur respiration associée à des mouvements corporels. Cela leur permet de bien prendre conscience de leur corps, de la respiration ventrale et de l'essoufflement.

Chaque posture a son importance. Elle permet au malade de renforcer leurs muscles, de retrouver leur équilibre et de travailler leur souffle. L'autre objectif des cours de sport est de redonner de l'autonomie aux patients. Si le bénéfice physique pour les patients est évident, l'impact psychologique du sport est aussi très important.

S'entraîner à respirer

Pour accompagner au quotidien les patients atteints de BPCO, certains hôpitaux proposent des séjours de réhabilitation respiratoire.

Si des solutions thérapeutiques existent, le traitement le plus souvent recommandé consiste à suivre un programme de réadaptation à l'effort pour permettre de retrouver un peu d'aisance et un minimum d'activité. Il est également indispensable d'arrêter la consommation de cigarettes pour espérer retrouver ses capacités pulmonaires.

La réhabilitation respiratoire, un traitement à part entière

Des études ont montré que l'exercice régulier augmente la tolérance à l'effort, la qualité de vie ; il diminue l'essoufflement, les exacerbations de la maladie, le nombre et la durée des hospitalisations. Dans les formes légères, 30 à 45 minutes de marche par jour sont suffisantes. Dans les formes plus sévères, la réhabilitation respiratoire est indiquée, avec un réentraînement à l'effort. Elle est pratiquée dans les hôpitaux, les centres spécialisés, les réseaux de soins.

Cette réhabilitation respiratoire permet de retarder l'évolution de la pathologie, en redonnant au patient, souvent devenu sédentaire, le goût de l'activité physique, et en améliorant ainsi son souffle.

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