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Maladie de Lyme : pas de nouvelle loi, mais le gouvernement agira ''avant l'été''

L'Assemblée nationale a examiné ce 5 février une proposition de loi UMP visant à mieux diagnostiquer, soigner et prévenir la maladie de Lyme. Le texte, déjà rejeté en commission, n'a finalement pas été adopté. Le gouvernement s'est toutefois engagé à "saisir les acteurs de la recherche" sur cette pathologie.

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Maladie de Lyme : pas de nouvelle loi, mais le gouvernement agira ''avant l'été''
Ixodes scapularis (ou ''tique du cerf''), l'une des tiques vectrices de la maladie de Lyme aux États-Unis (DR)

Présentée par les députés UMP François Vannson (Vosges) et Marcel Bonnot (Doubs), cette proposition de loi visait à "améliorer la connaissance du nombre", "des besoins" et "des modalités de prise en charge" des personnes atteintes par la maladie de Lyme. Ambitionnant également  d'"améliorer la formation des professionnels", elle prévoyait en outre la publication, par le gouvernement, d'un rapport sur la question, dans un délai de deux ans.

La borréliose de Lyme est une maladie infectieuse, due à une bactérie transmise par les piqûres de tique. Difficile à diagnostiquer et méconnue, elle peut avoir de graves conséquences si elle n'est pas traitée à temps, provoquant des troubles invalidants et douloureux, notamment neurologiques, articulaires et musculaires, comme des méningites ou des paralysies faciales.

La maladie de Lyme concernerait 27.000 personnes chaque année en France.

Les députés de la majorité avaient assuré en commission, le 28 janvier, qu'ils "partageaient les objectifs" du rapporteur devant cet important problème de santé publique. Ils ont toutefois voté contre la proposition de loi, jugeant que l'état actuel des dispositifs règlementaires et des publications en cours sur le sujet permettaient déjà d'envisager au mieux l'approche de cette maladie par les pouvoirs publics.

Un rapport du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) avait déjà été publié en 2014, ont-ils rappelé, estimant peu opportune la publication d'un nouveau rapport. La députée PS Chaynesse Khirouni a ainsi déclaré qu'"il n'[était] plus temps de publier des rapports, mais d'agir".

Les députés socialistes et certains de l'opposition ont également estimé qu'une loi n'était pas le meilleur outil pour aborder ce sujet. Ils souhaitent toutefois interpeller le gouvernement ce 5 février pour l'encourager à mettre en œuvre des actions concrètes, notamment au travers du projet de Loi Santé.

Des méthodes de dépistage très controversées

François Vannson a regretté dans un communiqué ce rejet. "Il relève de notre responsabilité d'élus nationaux de s'emparer de ce type de sujet pour faire évoluer la situation", estime-t-il.

Au stade précoce, la maladie de Lyme se soigne "très facilement" avec des antibiotiques, souligne le député. Mais les symptômes "peuvent être confondus avec de nombreuses autres pathologies", et les tests de dépistage, comme les traitements à prescrire, "notamment dans les formes chroniques de la maladie", sont sujets "à des controverses", explique-t-il.

Parmi les nombreuses critiques faites aux méthodes françaises de dépistage : l'un des tests ne détecterait qu'une seule souche de la bactérie responsable de la boréliose, tandis que cinq types sont en circulation en Europe.

François Vannson a déploré le "nombre impressionnant de malades non soignés en France". Selon l'Institut national de Veille Sanitaire (InVS), 27.000 nouveaux malades de Lyme sont détectés chaque année. En Allemagne, où les tests contiennent les cinq souches de borréliose, le chiffre monte à 80.000.

Les promesses du gouvernement

Suite à la mise à l'écart de la proposition de loi par l'Assemblée nationale, le gouvernement s'est toutefois engagé à "saisir les acteurs de la recherche" sur cette pathologie. Laurence Rossignol, la secrétaire d'Etat chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l'Autonomie, s'est réjouie d'un débat dans l'hémicycle qui a offert "l'occasion d'informer, de sensibiliser nos concitoyens", mais n'a pas soutenu le texte, affirmant que "de nombreuses actions [étaient] en cours et d'autres [seraient] prochainement engagées par le gouvernement à la suite des recommandations du HCSP".

Le gouvernement souhaite faire "réaliser des études cliniques", "épidémiologiques" et "sociologiques" notamment, a-t-elle assuré, promettant la saisine "avant l'été" des acteurs de la recherche.

"Nous engageons une réflexion pour renforcer les outils de communication auprès de la population et des professionnels de santé […] et pour évaluer les performances des tests de dépistage commercialisés", a-t-elle aussi déclaré. 

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