1. / Maladies
  2. / Maladies infectieuses et tropicales
  3. / Sida-VIH

Sida : la maladie dont on ne guérit pas

Environ 152.000 personnes vivent avec le VIH en France ; plus de 35 millions de personnes dans le monde, dont près de la moitié de femmes et 2,1 millions d'enfants âgés de moins de 15 ans. Les recherches ont beau avoir amélioré les conditions de vie des malades, le sida tue chaque année près de 2 millions de personnes, selon l'Onusida. Pourra-t-on un jour en guérir ?

Rédigé le

Sida : la maladie dont on ne guérit pas
Dossier du 24 mars 2009, mis à jour le 1er décembre 2016.
Sommaire

Le Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH)

Les explications en images

Depuis l'identification du virus il y a un peu plus de 30 ans, la recherche a fait des progrès considérables. Connaissance du virus, développement de nouveaux médicaments et amélioration des stratégies de prévention... Tout est mis en oeuvre pour endiguer la progression du VIH. Et pour cause, on compte encore 6.500 nouvelles contaminations chaque année.

Le VIH, le virus responsable du sida, fait partie des rétrovirus, ce qui veut dire qu'à l'intérieur, le matériel génétique n'est pas de l'ADN mais de l'ARN (une forme simplifiée comportant un seul brin et non une double hélice comme l'ADN). Ce type de virus renferme aussi des enzymes. Ce sont elles qui vont permettre au virus d'infecter les cellules du corps humain.

Comment se passe concrètement cette infection ? Une fois dans l'organisme, le virus cible nos cellules de défense. Sa principale cible, ce sont les lymphocytes, qui jouent un rôle essentiel dans la réponse immunitaire. Ces cellules présentent à leur surface des récepteurs que reconnaît le VIH et sur lesquels il va se fixer. Son matériel génétique pénètre alors à l'intérieur de la cellule et s'intègre à l'ADN de la cellule infectée. Le virus va alors se multiplier dans la cellule qui l'abrite. Il détourne les enzymes de la cellule infectée pour produire de nouveaux virus. Une fois libérés dans l'organisme, ces virus vont infecter d'autres lymphocytes et ainsi de suite… Le nombre des cellules immunitaires chute et le système de défense s'affaiblit. Le corps devient immuno-déficient : incapable de se défendre contre les infections.

Pour lutter contre le VIH, on associe plusieurs médicaments dits antirétroviraux. Un premier type de médicament empêche le virus d'entrer dans la cellule en bloquant le récepteur du lymphocyte. Un deuxième médicament empêche que le matériel génétique du virus puisse s'intégrer à celui de la cellule. Un troisième médicament agit sur l'étape d'assemblage des nouveaux virus pour les empêcher d'infecter d'autres cellules. Ces trithérapies permettent donc d'attaquer le virus sur plusieurs fronts en même temps. Sa progression dans l'organisme est bloquée. Le virus n'est pas éradiqué pour autant. Le patient reste séropositif mais ne développe pas le sida.

Sida : des tests à faire chez soi

Autotest de dépistage du VIH : mode d'emploi

Les autotests de dépistage du VIH sont en vente en pharmacie depuis septembre 2015. Accessibles sans ordonnance pour un coût de 25 à 30 euros, ils permettent de savoir en quinze minutes si on a été infecté par le VIH. L'objectif n'est pas de remplacer les tests réalisés en laboratoire mais de permettre aux personnes qui échappent aux dépistages classiques de savoir où ils en sont avec le sida.

Autotest, mode d'emploi

Le test doit être fait au moins trois mois après le rapport à risque. Avant ce délai, le résultat peut être un faux négatif. Après l'avoir désinfecté avec la lingette fournie, l'utilisateur pique le bout de son doigt à l'aide d'une aiguille. Il prélève ensuite une goutte de sang, grâce à l'embout du test, qu'il place sur le support, qui détecte et révèle la présence d'anticorps du VIH. Les résultats apparaissent au bout de 15 à 30 minutes : une barre si c'est négatif, deux si c'est positif. En cas de résultat positif, il est important de contacter rapidement son médecin ou la plateforme Sida Info Service au 0 800 840 800.

Les autotests de dépistage du VIH sont des tests à réaliser chez soi. Simples d'utilisation, le résultat est obtenu en quinze minutes. Le temps nécessaire pour détecter la présence ou l'absence d'anticorps du VIH. Résultat : si une bande apparaît, le test est négatif. Si deux bandes apparaissent, le résultat est positif.

Si le test est positif, deux choses à faire : faire confirmer le résultat de l'autotest par un test de dépistage en laboratoire et contacter immédiatement son médecin. Même si le prix de l'autotest VIH est un peu élevé, il est le seul à ce jour à avoir reçu un marquage CE. Alors ne cédez pas à la tentation d'acquérir un produit moins cher sur Internet, où sont vendues de nombreuses contrefaçons sans fiabilité garantie.

Depuis septembre 2015, 9.000 pharmacies proposent ces tests à la vente, soit un peu plus du tiers des officines. Au total, fin novembre 2015, 70.000 autotest VIH ont déjà été commandés par les pharmacies.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr

Séropositivité et sida

Xavier a 49 ans. Séropositif depuis 21 ans, il a appris à vivre avec la maladie.

Chez les porteurs du VIH, la quantité de défenses immunitaires chute. Au-dessous d'un certain seuil, le corps devient incapable de se défendre face aux bactéries, aux champignons ou même aux tumeurs. Ces maladies, qualifiées d'opportunistes, touchent les poumons, la peau ou encore le cerveau.

Petit à petit, le malade s'affaiblit. Il ne parvient plus à lutter et les maladies opportunistes conduisent alors au décès.

On parle de sida lorsque ces maladies opportunistes apparaissent. Avant, c'est la séropositivité. Le passage au stade de sida peut se faire à n'importe quel moment pour un porteur du VIH.

Quand le sida a été découvert, les malades avaient seulement quelques années devant eux. Aujourd'hui, grâce aux progrès thérapeutiques, une personne contaminée peut espérer vivre vingt-cinq ans.

Les traitements et la recherche en matière de vaccin

Les mécanismes du fonctionnement de la trithérapie en vidéo

Actuellement, les "AntiRétroViraux" (ARV) empêchent le VIH de se multiplier mais ils ne guérissent pas. Regroupés en trois grandes familles, les ARV peuvent agir aux différentes étapes de l'infection : au niveau de la fusion du virus avec la membrane du lymphocyte ; au niveau de la transformation des gènes et à celui de l'assemblage du nouveau virus.

Depuis 1997, on associe trois médicaments pour être efficace contre le VIH. C'est ce que l'on appelle la trithérapie. Elle a été un tournant dans le traitement du sida mais il est toujours impossible de détruire le virus et d'en débarrasser l'organisme.

En mai 2009, la première trithérapie anti-VIH, en un comprimé quotidien, arrive sur le marché français à l'initiative conjointe de deux laboratoires américains concurrents. La prise de ce médicament est possible pour les patients déjà sous traitement, ayant un taux de virus dans le sang indétectable depuis plus de trois mois et n'ayant pas d'antécédent d'échec thérapeutique avec d'autres antirétroviraux. Le nouveau médicament fournit au patient la même quantité de molécules et pourrait répondre aux besoins de près de 30.000 des 120.000 séropositifs français.

Des dizaines d'équipes de par le monde tentent de mettre au point un vaccin efficace contre le VIH. Mais à ce jour, aucun vaccin préventif efficace n'a pu aboutir.

En revanche, en 2014, une petite société française quasiment inconnue a présenté l'une des pistes les plus prometteuses pour mettre au point un vaccin thérapeutique contre le sida.

Des effets secondaires handicapants

Christine est séropositive depuis 1991. Les traitements ont eu de lourdes conséquences sur son organisme.

Les médicaments provoquent fréquemment des effets indésirables, même s'ils ne sont pas systématiques. Les médecins essaient de les maîtriser grâce au choix de plus en plus vaste de médicaments.

Les multithérapies peuvent être à l'origine de fatigue, de maux de tête et de troubles digestifs. Plus grave, des modifications du métabolisme peuvent également survenir, qu'il est possible de juguler grâce une activité physique adaptée.

La prévention, mot clé de la lutte contre le sida

Parler de la maladie à son entourage est une chose difficile.

6.000 à 7.000 personnes découvrent encore leur séropositivité chaque année en France. Et si personne n'est à l'abri d'une contamination, les personnes les plus touchées restent les populations migrantes, en particulier les femmes, ainsi que les jeunes hommes homosexuels.

Un seul mot d'ordre : sortez couverts ! Le meilleur moyen d'échapper au sida reste la prévention. Hétérosexuel ou homosexuel, et quel que soit votre âge, n'oubliez pas d'utiliser un préservatif lors de rapports sexuels à risques.

En plus de la version masculine, il existe également un préservatif féminin. Il est doté d'un anneau souple à chaque extrémité et s'introduit dans le vagin pour en tapisser les parois.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr

Sida : la cohorte Visconti

Le mystère des patients en rémission après l'interruption des traitements

Cela reste encore un mystère pour les chercheurs. Certains patients séropositifs qui ont eu un traitement antirétroviral précoce, c'est-à-dire peu de temps après la contamination, ont toujours une charge virale indétectable malgré l'arrêt de ces traitements et depuis plusieurs années. Des patients, au nombre de 21, regroupés sous le nom de "Cohorte Visconti" font l'objet d'un suivi scientifique. Les chercheurs pensent que dans le monde ces patients représenteraient entre 7 à 15% des séropositifs.

Au début des années 2000, les équipes d'Orléans sont les premières à détecter ces patients. Aujourd'hui on en connaît une vingtaine en France, regroupés dans la cohorte ANRS (Agence nationale de recherche sur le sida) Visconti. Les organismes des patients de la cohorte Visconti contrôlent le virus mais ils restent pourtant porteurs. En cherchant bien dans leurs cellules, on trouve toujours des traces du VIH.

Ces patients représentent un espoir pour la recherche sur le sida. La cohorte Visconti a déjà permis de confirmer l'intérêt d'un traitement très précoce des personnes infectées par le VIH pour préserver leur système immunitaire.

Sponsorisé par Ligatus

Voir aussi sur Allodocteurs.fr

Besoin d'un conseil médical ?

Nos médecins partenaires répondent à vos questions immédiatement 24h/24