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Cannabis : une vraie dépendance

Herbe, marijuana, hash ou haschich, tous ces produits viennent de la même plante, mais sous un conditionnement différent. Cette plante, c'est le cannabis, la substance illicite la plus consommée en France avec 3,9 millions de consommateurs, dont 1,2 million de consommateurs réguliers. Usage récréatif, drogue, usage médical... Quels sont les différences et les risques associés ?

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Cannabis : une vraie dépendance
Cannabis : une vraie dépendance
Sommaire

Les effets du cannabis

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent les effets du cannabis.

Les effets psychotropes du cannabis reposent sur la teneur en THC (Tétra-Hydro-Cannabinol) : la marijuana, la forme séchée du cannabis, n'en contient que quelques pourcentages, le haschich, c'est-à-dire la résine de cannabis en contient 20%, tandis que l'huile de cannabis en contient 50%.

Quelle que soit la forme consommée, le THC se retrouve très vite dans la circulation sanguine et arrive au cerveau. Cette molécule induit au départ une sensation de détente et d'euphorie car elle agit indirectement sur ce qu'on appelle le circuit de la récompense.

Les neurones du circuit de la récompense libèrent un messager chimique : la dopamine. Plus il y a de dopamine libérée, plus la sensation de plaisir augmente. Habituellement, en l'absence de cannabis, cette production est régulée par un autre circuit responsable de notre vigilance. Une sorte d'équilibre est instauré pour éviter de nous mettre en danger. Mais en présence de cannabis, cette régulation est bloquée car le THC a la particularité de pouvoir se fixer sur les neurones qui régulent la production de dopamine, comme si le frein était levé.

Le circuit de la récompense n'est plus sous contrôle, et la production de dopamine devient plus importante. Cela explique la sensation d'euphorie et de plaisir. Un bien-être de courte durée car il diminue au fil du temps. La personne doit alors consommer de plus en plus de cannabis pour retrouver cet état.

Cannabis : quand la dépendance s'installe…

La consommation régulière de cannabis peut conduire à une dépendance chez certaines personnes.

Lorsque la consommation de cannabis devient une addiction et a des conséquences physiques et psychiques, une hospitalisation pour sevrage peut être proposée. Dans cet environnement protégé et entouré de professionnels de santé, le patient prend généralement conscience de son addiction et apprend à résister aux tentations.

"Les buts de l'hospitalisation sont multiples. En premier lieu, il y a le sevrage du cannabis qui n'est pas forcément facile en ambulatoire. On essaie un peu de mettre à distance les patients de leur environnement où il y a souvent beaucoup de consommateurs de cannabis. Et on évalue l'état psychiatrique des patients puisqu'on sait que le cannabis a tendance à aggraver certaines symptomatologies comme des troubles anxieux, les troubles dépressifs et même les troubles délirants…", explique le Dr Chloé Lucet, psychiatre.

Pour les aider à réduire leur consommation de cannabis, les services d'addictologie accueillent les patients pour une simple consultation ou pour un séjour de trois semaines.

Cannabis : l'usage thérapeutique

Certains malades passent outre la législation…

L'usage thérapeutique du cannabis est un usage vieux de plusieurs siècles. La plus vieille trace remonte au IIIème siècle dans une tombe égyptienne contenant la dépouille d'une jeune femme morte pendant l'accouchement et contenant des restes de résine de cannabis.

Scientifiquement, son efficacité serait prouvée pour soulager les douleurs ou les nausées, pour retrouver l'appétit, pour se détendre ou encore pour dormir.

Mais contrairement à d'autres pays, cet usage médical est aujourd'hui interdit en France.

Cannabis : un test remis en cause

Quelles sont les mesures faites pour prouver la prise de cannabis ?

"Mauvais trip" pour les tests de dépistage des drogues… des scientifiques remettent en cause leur fiabilité. Il s'agit des tests qui permettent de détecter la consommation de cocaïne, d'héroïne de cannabis ou encore d'ecstasy à partir de la salive. Cela fait deux ans qu'ils sont utilisés par la gendarmerie lors des contrôles routiers à la place des tests urinaires. Mais selon des études récentes, ces tests salivaires induiraient des erreurs.

D'un point de vue juridique, ce test ne permet pas en lui-même de condamner un contrevenant. Il autorise simplement les forces de l'ordre à le placer en rétention afin de pouvoir pratiquer une prise de sang. C'est cet examen qui constituera l'élément de preuve.

Cannabis : l'accompagnement des jeunes consommateurs

Consultation familiale pour un jeune consommateur de cannabis

Le premier joint est souvent fumé entre copains, de plus en plus jeune, parfois 13 ou 14 ans. Pour ces adolescents, un accompagnement psychologique peut aider à réduire, puis à arrêter la consommation de cannabis. Un accompagnement qui peut aussi concerner les parents.

En effet, l'environnement familial a un impact sur l'ado et donc sur sa consommation de cannabis. À l'inverse, la consommation de cannabis du jeune et son comportement ont aussi un impact sur l'environnement familial. Il est donc important de prendre en charge le jeune consommateur de cannabis et son environnement familial.

Lors des consultations, le propos n'est donc pas uniquement centré sur la consommation de cannabis. Il s'agit aussi d'améliorer la communication au sein de la famille pour mieux appréhender le mal être de l'adolescent.

Cannabis chez les jeunes : la prise en charge des parents

En 2016, en France, un jeune de 17 ans sur deux a expérimenté le cannabis et 9% sont des fumeurs réguliers. Des chiffres nettement en hausse depuis 2011, qui font de la France l'un des pays les plus concernés en Europe.

Quand leur enfant fume du cannabis, beaucoup de parents s'inquiètent et ne savent pas très bien comment s'y prendre. À l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, le service d'addictologie leur propose depuis quelques mois un accompagnement.

"Dans les dépendances aux substances, la motivation des adolescents et des jeunes consommateurs n'est pas très forte pour venir se soigner. En revanche, il y a une vraie souffrance parentale, une difficulté à se positionner. Et notre objectif est d'aider les familles à se positionner", explique le Dr Xavier Laqueille, chef du service d'addictologie du centre hospitalier Sainte-Anne.

Pour le Dr Laqueille, la prise en charge des parents permet de "modifier les fonctionnements intrafamiliaux, c'est-à-dire que les parents sont beaucoup plus dans la réalité, sont beaucoup plus dans la communication, sont beaucoup dans l'affirmation de leur rôle de parents, de leur identité de parents. Et de ce fait, cela amène leur enfant, leur adulte jeune, leur jeune adolescent à être dans une relation avec eux qui sera plus structurée et cela favorise dans un second temps la demande de soins".

Depuis que cette consultation existe, une quarantaine de couples ont été reçus à l'hôpital Sainte-Anne.

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