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Des battements de coeur irréguliers

Notre coeur bat en moyenne 60 à 90 fois par minute. Mais il arrive que ce rythme devienne irrégulier : il s'accélère ou diminue soudainement. C'est l'arythmie cardiaque. Quels sont les traitements contre ces troubles ? Que faire quand les médicaments ne font plus effet ?

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Des battements de coeur irréguliers
Des battements de coeur irréguliers
Sommaire

Qu'est-ce que l'arythmie cardiaque ?

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Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent l'arythmie cardiaque.

Notre coeur bat en moyenne 60 à 90 fois par minute, de manière régulière. Mais il peut arriver qu'il "s'emballe", se mette à accélérer ou à ralentir soudainement. On parle alors d'arythmie cardiaque, une pathologie qui peut être très handicapante, par la fatigue et l'essoufflement qu'elle génère, mais aussi les complications qu'elle peut entraîner. Des complications parfois graves.

Le coeur est divisé en quatre cavités : deux oreillettes et deux ventricules. Le sang veineux arrive dans l'oreillette droite, passe dans le ventricule droit pour être envoyé dans les poumons où il va se charger en oxygène. Puis il revient au coeur, cette fois du côté gauche, d'abord dans l'oreillette puis dans le ventricule afin d'être propulsé dans tout le corps, et le circuit recommence.

Le coeur doit se contracter selon un rythme bien précis. Le myocarde, le muscle qui constitue le coeur, reçoit des messages sous forme d'impulsions électriques. La particularité du coeur, c'est qu'il possède son propre générateur d'électricité : un réseau de cellules nerveuses qu'on appelle le noeud sinusal. Grâce à différentes ramifications, le message électrique progresse dans les oreillettes, puis dans les ventricules. Les différentes cavités du coeur se contractent alors, à un rythme de 60 à 100 battements par minute au repos.

Quand on abuse d'excitants comme le tabac, le café, quand on a une alimentation riche en cholestérol ou tout simplement à cause de l'âge, ce système électrique peut se dérégler. Le rythme cardiaque est alors perturbé au niveau de sa fréquence, de sa régularité et de l'intensité de ses contractions.

On distingue plus de 60 arythmies différentes. Quand le coeur ralentit, on parle de bradycardie. Quand il accélère, on parle de tachycardie ou de fibrillation quand les ventricules battent de manière anarchique, ou encore de flutter quand les oreillettes sont en cause. Ces troubles risquent d'entraîner des problèmes d'irrigation au niveau des organes, notamment le cerveau. Etourdissement, faiblesse, perte de connaissance ou syncope peuvent alors survenir, d'où l'importance de ne pas négliger les troubles du rythme.

Détecter les arythmies cardiaques

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L'épreuve d'effort permet de détecter une arythmie cardiaque.

Pour détecter les arythmies cardiaques, plusieurs examens existent. Parmi eux, l'épreuve d'effort.

Le test d'effort permet de réaliser un électrocardiogramme, c'est-à-dire l'enregistrement du rythme cardiaque grâce à des électrodes placées sur le patient. Cet examen est prescrit par le cardiologue ou le médecin traitant.

Pendant une dizaine de minutes, le patient va faire du vélo. Il franchira plusieurs paliers, un examen pas si facile. Un tracé de référence au repos et un tracé pendant l'effort permettent de comparer d'éventuelles modifications. Les médecins peuvent ainsi affirmer à l'issue de l'examen si le test est normal ou anormal. L'épreuve d'effort permet notamment de détecter une arythmie, c'est-à-dire une perturbation du rythme cardiaque.

Lorsque des arythmies graves sont détectées, des examens complémentaires sont pratiqués comme la pose d'un holter, un appareil qui sert à enregistrer les battements du cœur pendant 24 heures.

Veiller à son rythme cardiaque

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Une consultation chez le cardiologue permet de surveiller le rythme cardiaque.

Les patients souffrant d'arythmie cardiaque doivent bénéficier d'un suivi régulier.

Chez les patients souffrant d'arythmie, le risque de faire un AVC est plus important. On leur prescrit alors des anticoagulants. Une prise de sang mensuelle permet au patient de contrôler le dosage de ces médicaments. "Les anticoagulants de première génération nécessitent une prise de sang et de faire assez attention aux aliments et aux médicaments que l'on prend. Les nouveaux anticoagulants ont l'avantage de ne plus faire de prise de sang parce qu'ils agissent à un autre endroit de la cascade de la coagulation. Il n'y a plus besoin de réaliser le dosage. On sait qu'après la prise de ces nouveaux anticoagulants, le sang sera fluidifié dans les quatre à six heures qui suivent", explique le Dr Nathalie Elbaz, cardiologue.

Pour suivre et enregistrer le rythme cardiaque du patient sur 24 heures, les cardiologues utilisent un holter. Grâce à ce dispositif portable, les médecins peuvent ainsi dépister des troubles du rythme cardiaque ou de la conduction. Le holter permet également d'évaluer l'efficacité d'un traitement contre les troubles de la conduction.

L'ablation par radiofréquence

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Le chirurgien suit sa progression jusqu'au coeur sur un écran radioscopique.

Certains troubles du rythme cardiaque se développent à cause du vieillissement des tissus cardiaques. Le passage des impulsions électriques qui déclenchent les contractions, ne se fait plus correctement à l'intérieur des cavités du cœur.

Quand les traitements médicamenteux ne suffisent pas à réguler le rythme cardiaque, une intervention de cardiologie permet d'éliminer les courts-circuits à l'origine de l'arythmie. C'est ce qu'on appelle l'ablation par radiofréquence. En quoi consiste cette opération ?

Une prothèse comme alternative aux anticoagulants

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Comment la prothèse est-elle installée ?

Les patients atteints d'arythmie prennent souvent des anticoagulants afin de fluidifier le sang qui a tendance à stagner dans les vaisseaux cardiaques et qui complique le bon fonctionnement du cœur. Mais dans certains cas la prise d'anticoagulants est contre-indiquée : accident hémorragique, chutes à répétition, hypersensibilité au médicament, insuffisance hépatique sévère, grossesse. 

Depuis 2011, en France, quelques hôpitaux proposent une alternative à la prise d'anticoagulants. Un essai impliquant 800 patients sélectionnés en fonction de leurs indications est actuellement en cours. Il s'agit de patients souffrant d'arythmie persistante, compliquée parfois d'insuffisance cardiaque ou présentant de graves risques hémorragiques. La procédure est simple et dure un peu plus d'une heure, elle consiste en la pose d'une prothèse.

Pour l'instant cette technique est prise en charge sur les budgets "recherche" des hôpitaux. Un dossier a été déposé auprès des autorités de santé afin d'établir la nomenclature de cet acte et donc son remboursement. La seule prothèse coûte environ 6.000 euros.

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