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Coeur hybride : la vie ne tient qu'à un fil

Pour des patients insuffisants cardiaques en phase terminale, il existe une alternative à la greffe de coeur. Il s'agit du coeur hybride, une pompe implantée dans l'organisme des patients et souvent installée en attente de greffe. Mais certains patients, pour des raisons médicales ou à cause de leur âge, ne peuvent entrer sur la liste d'attente de greffe en raison de la rareté des greffons. La pompe est donc installée de façon permanente et elle assiste leur coeur pour qu'ils restent en vie. À Nantes, un homme détient un des records mondiaux de longévité avec ce type d'appareil.

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Yves, 67 ans, est le plus vieux porteur de coeur hybride. Il vit relié à une machine depuis neuf ans.

Depuis plus de neuf ans, Yves ne sort jamais sans son petit sac à dos car à l'intérieur se trouvent les deux batteries qui font fonctionner son coeur. Un câble électrique alimente une pompe installée dans le ventre de Yves. Chaque trimestre, il consulte pour vérifier que ce coeur hybride fonctionne bien.

Avant l'opération, Yves souffrait d'une maladie cardiaque grave. Son ventricule gauche n'arrivait plus à se contracter et à envoyer le sang dans ses organes. Alors pour assister son coeur, des chirurgiens ont installé ce dispositif. Le sang est aspiré en bas du ventricule gauche dans une pompe, puis il est renvoyé directement dans l'aorte. C'est donc la machine qui remplace la moitié de son coeur.

Principal risque lié au dispositif : le risque infectieux. Son pansement est donc changé deux fois par semaine dans des conditions très strictes d'hygiène. Et quand il n'est pas à l'hôpital, la femme de Yves s'en occupe. La suite de la visite trimestrielle est assurée par le cardiologue.

Grâce à une échographie, le cardiologue vérifie le fonctionnement du coeur de son patient. Il traque aussi des caillots qui auraient pu se former. C'est un autre risque du dispositif. Il interroge ensuite la machine en raccordant un ordinateur au boîtier du patient. Cela permet de vérifier certains paramètres (nombre de tours par minute, consommation de la turbine…), autant d'indices qui peuvent aussi indiquer la formation d'un caillot.

"La machine fonctionne avec un système électromagnétique. Et s'il y a un caillot, ce système électromagnétique sera perturbé, ça va consommer plus de watts et cela va nous indiquer un problème et il faudra peut-être augmenter l'anticoagulation avant qu'il ne soit trop tard ou qu'il y ait un accident vasculaire cérébral par exemple", explique le Dr Jean-Pierre Gueffet, cardiologue.

Le Pr Roussel, chirurgien cardiaque, installe régulièrement des dispositifs similaires à ses patients. Et s'il permet à de nombreuses personnes de vivre une vie presque normale, les patients doivent être capables de supporter les contraintes du dispositif : "Le patient vit en permanence avec une sorte de cordon ombilical relié à une batterie donc il y a le stress d'avoir toujours de l'énergie. Il faut avoir les nerfs assez solides pour accepter, encaisser les contraintes liées à la batterie qui est en permanence à quelques centimètres du patient". Des nerfs assez solides pour le patient mais aussi pour ses proches. La femme de Yves joue un grand rôle à ses côtés. Depuis neuf ans, elle aussi a appris à vivre avec le coeur hybride de son mari et avec son fil relié en permanence aux batteries qui le gardent en vie mais qu'il faut changer au moins toutes les quatre heures.

D'ici quelques années, des nouveaux dispositifs devraient être mis sur le marché. Principale avancée : il pourrait fonctionner sans avoir besoin d'un câble pour alimenter le coeur hybride.

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