1. / Maladies
  2. / Cerveau et neurologie
  3. / Sclérose en plaques

Sclérose en plaques : une maladie neurologique

En France, plus de 90.000 personnes souffrent de sclérose en plaques, avec 2.000 nouveaux cas par an, selon l'Association française des sclérosés en plaques. Parmi elles, 2 à 4% sont des enfants. Mais si les chercheurs ont aujourd'hui déterminé comment la SEP attaque le système nerveux central, ils ne savent toujours pas pourquoi.

Rédigé le , mis à jour le

Sclérose en plaques : une maladie neurologique
Sclérose en plaques : une maladie neurologique
Sommaire

Comprendre ce qu'est la sclérose en plaques

AD_sep_intro_250915.flv
Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent la sclérose en plaques.

En France, environ 90.000 personnes sont atteintes de sclérose en plaques. La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire du système nerveux central d'origine immunologique. Pour une raison mal connue, des agents du système de défense, certains lymphocytes, s'activent anormalement et s'attaquent au circuit nerveux.

Leur cible est la gaine de myéline. Pour simplifier, la gaine de myéline est une sorte de protection du neurone qui ressemble à la partie plastique d'un fil électrique. Dans cette maladie, les lymphocytes attaquent cette gaine et la détruisent par endroit. Du coup, la circulation de l'influx nerveux est altérée au niveau de l'axone, comme si l'électricité ne passait plus ou qu'elle passait mais beaucoup moins vite. Ces attaques peuvent concerner les neurones du cerveau mais aussi la moelle épinière.

La démyélinisation perturbe la transmission des ordres entre le cerveau et le reste du corps. Ce qui provoque un mauvais fonctionnement des organes et des muscles. Selon la localisation de la lésion, les malades peuvent avoir des signes différents : difficultés à marcher, engourdissement des membres, perte de l'équilibre mais aussi des anomalies de la parole, des flous visuels et surtout une très grande fatigue.

Essais cliniques : le choix des patients

ad_sclerose_en_plaques_essai_clinique.flv
Quels sont les critères de sélection pour les essais cliniques ?

À l'hôpital La Pitié-Salpêtrière à Paris, une nouvelle étude clinique est organisée pour tester un traitement contre l'inflammation, sur des malades atteints de sclérose en plaques. Les essais thérapeutiques doivent durer trois ans et le choix des patients qui vont participer est très sélectif. Même si l'on ne guérit toujours pas la maladie, ces quinze dernières années, la recherche a fait d'énormes progrès dans la lutte contre la maladie.

Le suivi des malades se fait sur plusieurs niveaux, dans le cadre de consultations multidisciplinaires associant neurologues, kinésithérapeutes, psychologues et d'autres médecins en fonction des troubles.

Le traitement des symptômes se fait grâce à des médicaments, celui des poussées, pour lequel on utilise des corticoïdes à haute dose sur une courte période, avec une efficacité peu durable, et qui entraînent beaucoup d'effets secondaires. Enfin, le traitement de fond a pour but de diminuer la fréquence des poussées et parfois, de ralentir l'évolution de la maladie.

Ces traitements vont agir sur le système immunitaire, puisque l'origine de la sclérose en plaques est liée à plusieurs facteurs : une prédisposition génétique, un facteur environnemental (un virus assimilé pendant l'enfance est notamment évoqué) et une anomalie du système immunitaire.

Les médicaments utilisés vont agir sur cette réponse immunitaire anormale, l'acétate de glatiramère et l'interféron bêta. Ce dernier, en plus d'espacer les poussées, ralentit la progression des lésions. Il est utilisé soit sous forme d'injection sous-cutanée, soit intramusculaire. Les effets secondaires sont souvent importants mais son action sur la maladie est prouvée et son efficacité sur le handicap est en cours d'évaluation. 

Autres possibilités en cas de forme agressive ou ne répondant pas aux traitements précédents : le natalizumab, administré par perfusion mensuelle ou les immunosupresseurs. Ces derniers comprennent la mitoxantrone ou le fingolimod, qui est le premier traitement donné par voie orale. Le 20 janvier 2012, l'Afssaps avait recommandé de renforcer la surveillance cardiaque du fait de décès inexpliqués après la prise du médicament.

Actuellement, elle se concentre principalement sur deux pistes : la greffe de cellules, pour réparer la myéline, et la stimulation de la réparation spontanée.

Le combat contre la sclérose en plaques progresse. Depuis juin 2007, un nouveau médicament a été mis sur le marché pour diminuer les poussées les plus sévères de cette maladie.

Vivre avec une sclérose en plaques

AD_SEP_temoin.flv
Armelle vit avec une sclérose en plaques, elle raconte comment la maladie a changé sa vie.

Quelle que soit la forme, les malades souffrent de troubles variés, dont les plus classiques sont des paralysies, des difficultés urinaires, une vision floue, des troubles de l'équilibre, parfois des troubles de la mémoire...

Ces signes de la sclérose en plaques sont plus ou moins marqués et plus ou moins associés. Sur le plan psychologique, il y a autant de façons de gérer sa maladie qu'il y a de formes de sclérose en plaques.

Quand la maladie se déclenche, le quotidien des malades se dégrade rapidement. Armelle, 30 ans, a eu ses premières poussées en 2008. À l'époque elle était agent administratif dans un musée parisien. Après un arrêt de travail de plusieurs mois, elle a repris son poste. Ce travail est indispensable pour elle, aussi bien financièrement qu'humainement, malgré les poussées et les douleurs.

Des centres d'accueil pour les malades atteints de SEP

AD_SEP_centre_accueil.flv
Outre les séances de kinésithérapie, des activités culturelles et divertissantes sont organisées par le centre d'accueil.

Pour les malades les plus atteints de la sclérose en plaques, il existe en France des centres d'accueil comme celui de Courcouronnes (91), géré par l'Association Française des Sclérosés En Plaques (AFSEP). Ce centre rassemble 60 résidents de 24 à 70 ans, qui sont pris en charge, aussi bien au niveau des soins que de la vie quotidienne.

Diagnostic de la SEP : de l'IRM à la TEP

ad_sclerose_en_plaques_recherche.flv
Qu'est-ce que la tomographie par émission de positions ?

Aujourd'hui, le meilleur moyen de faire le diagnostic est la détection par IRM des lésions neuronales causées par la sclérose en plaques. Pourtant ces images, qui montrent l'état des tissus, ne donnent aucune information sur le fonctionnement des neurones. C'est dans cette optique que l'on utilise la TEP, la tomographie par émission de positons.

Bien sûr, cet examen est très contrôlé : la molécule radioactive injectée a une durée de vie de 40 minutes et l'exposition aux radiations est deux fois moins importante qu'une radio dentaire.

Sclérose en plaques : l'importance de la rééducation

2015-09-25-AD-sclerose-en-plaque-reeduc-VF-101167_logo.flv
Pour retrouver un peu de mobilité, des patients se rendent dans des centres spécialisés pour un séjour de rééducation intensif.

Pour tenter d'améliorer la mobilité des patients atteints de sclérose en plaques, la fondation hospitalière Sainte-Marie propose des séjours de rééducation intensifs. Parmi les activités proposées : du yoga kinésithérapique et du renforcement musculaire. "À travers ce yoga kinésithérapique, on peut lutter contre les troubles neurologiques, les déficits. On va donc faire du renforcement musculaire, des étirements, du travail d'équilibre…", précise Benjamin Fhal, masseur kinésithérapeute.

Lors des séances, l'essentiel n'est pas de réussir, mais d'essayer. L'objectif majeur est de se détendre et d'apprendre à être un peu plus indulgent avec son corps : "On ne peut pas empêcher la douleur ou la fatigue mais peut-être qu'on peut avoir un autre regard sur cette souffrance ou sur cette douleur dans le sens où on va essayer d'apprendre au patient à avoir de la bienveillance pour lui, à avoir une ouverture, à ralentir…", note Benjamin Fhal.

Outre le yoga et le renforcement musculaire, les patients peuvent se voir proposer des séances d'isocinétisme, une technique de rééducation assistée par une machine et basée sur un rythme constant des mouvements. Durant la séance, le patient enchaîne les exercices. Certains visent à travailler l'endurance et la force, d'autres la précision. Répétées régulièrement, les séances d'isocinétisme contribuent au renforcement musculaire et donc à une amélioration des capacités motrices.  

Les séances d'isocinétisme tout comme les cours de yoga, font partie d'un programme de rééducation intensif d'un mois. Les patients doivent ensuite entretenir les résultats obtenus par de la kinésithérapie.

SEP : des injections de botox contre la raideur musculaire

2015-09-25-AD-sclerose-en-plaque-toxine-botulique-VF-101168_logo.flv

La sclérose en plaques entraîne souvent une raideur au niveau des muscles des bras ou des jambes. Pour limiter ces contractures et améliorer la mobilité des patients, les médecins pratiquent parfois des injections de toxine botulique.

La toxine botulique est une toxine qui a la propriété de détendre les muscles comme l'explique le Dr Claire Aymard, du service médecine physique et de réadaptation de la Fondation hospitalière Sainte-Marie : "La toxine botulinique a une action de paralysie partielle sur les muscles. Elle agit au niveau des terminaisons des nerfs qui viennent se connecter avec le muscle. Et il y a une déconnexion entre le nerf et le muscle qui fait qu'il y a un relâchement du muscle".

Avant de pratiquer les injections, le médecin fait faire quelques exercices au patient. Objectif : forcer l'extension des muscles pour mesurer l'importance de la spasticité.

Les injections doivent se faire à la jonction du muscle et des terminaisons nerveuses. Il est donc important de repérer précisément les points à injecter. Les injections de toxine botulique sont toujours précédées d'une petite décharge électrique : "On stimule électriquement le muscle avec de petites impulsions. On est alors sûr d'être dans le muscle que l'on veut injecter".

Les doses des injections sont très précises. Selon le Dr Aymard, "si les doses sont trop élevées, on peut entraîner une faiblesse trop importante des muscles injectés. Et on peut tomber dans l'autre extrême : le patient devient trop faible pour marcher".

Les résultats ne sont pas immédiats, il faut attendre quinze jours en moyenne pour apprécier les premiers effets de la toxine. Les effets de la toxine botulique s'estompent avec le temps. Et pour plus d'efficacité, les patients doivent suivre régulièrement des séances de kinésithérapie.