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Parkinson : stupeur et tremblements

Les symptômes de la maladie peuvent être atténués les premières années grâce aux médicaments. On ne guérit aujourd'hui pas de cette pathologie. Même la chirurgie du cerveau, réservée aux cas les plus graves, n'empêche pas la destruction des neurones. Mais la recherche dans ce domaine laisse entrevoir des espoirs de traitements.

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Parkinson : stupeur et tremblements
Parkinson : stupeur et tremblements
Sommaire

La cause : des neurones détruits

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Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet vous montrent comment la maladie de Parkinson affecte le cerveau.

En France, selon l'association France Parkinson, on estime à 150.000 le nombre de personnes atteintes de la maladie de Parkinson, deuxième source de handicap d'origine neurologique chez les personnes âgées. Cette maladie neurodégénérative provoque des troubles principalement moteurs. Les pertes d'équilibre se multiplient, les chutes se répètent, la marche devient difficile, voire impossible.

Il n'y a pas encore de traitement pour guérir la maladie de Parkinson, en revanche des traitements et des solutions existent pour améliorer les symptômes et rendre la vie des malades un peu plus facile.

Pour comprendre la maladie de Parkinson, il faut s'intéresser à deux zones spécifiques de notre cerveau et la façon dont elles sont reliées. Les neurones de la substance noire (aussi appelée locus niger) innervent une structure extrêmement importante et multi-tâches de notre cerveau : le striatum. Une fois innervé, le striatum envoie à son tour des messages nerveux aux zones du cerveau en charge de la motricité (qui gèrent les mouvements), mais aussi du limbique (tout ce qui concerne la gestion des émotions, de l'affect, de l'humeur) et enfin des fonctions cognitives (ce qui tient à la réflexion). Les neurones qui partent de la substance noire pour rejoindre le striatum libèrent un neurotransmetteur (c'est-à-dire un messager chimique) plutôt rare dans le cerveau : la dopamine.

Que se passe-t-il dans le cerveau d'un malade de Parkinson ?

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La recherche sur la maladie de Parkinson - Reportage du 12 avril 2010

Dans la maladie de Parkinson, ce sont précisément les neurones dopaminergiques qui sont touchés. Sans qu'on sache expliquer pourquoi, des protéines s'agrègent à l'intérieur du corps neuronal et forment ce qu'on appelle les corps de Lewy. Puis, les neurones disparaissent. Quand un grand nombre de neurones de la substance noire ont disparu, le striatum se retrouve "en manque" de dopamine. Chez une personne normale, l'activité dopaminergique est visible dans la striatum grâce à un processus de radioactivité… Chez une personne atteinte de la maladie de Parkinson, il y a beaucoup moins de dopamine.

Le striatum ne peut plus assurer ses fonctions et les symptômes cliniques de la maladie apparaissent. Il s'agit surtout des signes moteurs, avec une "triade" caractéristique : tremblements, ralentissement des mouvements (bradykinésie) et rigidité musculaire. Des signes associés aussi à des troubles du sommeil, des symptômes dépressifs, avec perte de motivation et une grande fatigue. Et dans 80% des cas, après quelques années d'évolution de la maladie, des difficultés intellectuelles finissent par apparaître.

La prise en charge des patients parkinsoniens

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Les conseils des différents spécialistes permettent à Anne-Marie d'améliorer son quotidien.

La maladie de Parkinson est évolutive et irréversible. Elle progresse de manière plus ou moins lente, en fonction des malades. Les symptômes varient aussi d'un jour à l'autre, l'intensité du tremblement, de la lenteur ou de la raideur, est fluctuante en fonction des moments. Des troubles de l'équilibre, de la mémoire et du sommeil sont également possibles.

À l'hôpital Léopold Bellan, on propose depuis peu un service d'hôpital de jour, dans lequel on accueille les patients sur une journée. Ils peuvent ainsi en quelques heures rencontrer plusieurs spécialistes.

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Traitements : ils ne s'attaquent qu'aux symptômes

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Séance de kinésithérapie avec un patient parkinsonien

À ce jour, on ne sait pas guérir la maladie de Parkinson. Les médicaments ne servent qu'à diminuer les symptômes. Il faut traiter tout en limitant les effets indésirables, qui sont fréquemment induits par le traitement.

Le traitement est en général constitué de plusieurs médicaments, la L-dopa et les agonistes dopaminergiques. Leur efficacité dure généralement de trois à huit ans, c'est ce que l'on appelle la "Lune de miel", avant la réapparition des symptômes pendant des périodes plus ou moins longues.

Il est fréquent que les patients parkinsoniens adoptent un mode de vie moins actif du fait de la raideur des muscles, des troubles de l'équilibre, et de la fatigue qu'engendre la maladie. Pourtant, selon certaines études, le sport serait déterminant pour tempérer les difficultés motrices des malades et pourrait même stimuler temporairement la fabrication naturelle de dopamine dans le cerveau.

Il est donc primordial de maintenir son activité physique, de suivre des séances d'orthophonie si la voix et l'écriture sont altérées, et surtout d'entretenir sa motricité grâce à la kinésithérapie, qui est un complément thérapeutique important, voire indispensable. La pratique régulière d'un sport peut conduire les médecins à réduire les doses de médicaments et aussi le nombre de prises.

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La chirurgie : réservée aux cas les plus graves

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Attention images de chirurgie impressionnantes ! Chirurgie de stimulation cérébrale

Lorsque les symptômes ne sont plus ou mal corrigés par les traitements classiques, la chirurgie peut être une solution. Mais le traitement chirurgical, par stimulation du cerveau, est réservé à 10% des malades seulement, ceux qui souffrent d'une forme grave de la maladie.

Cette méthode consiste à implanter des électrodes dans chacun des deux noyaux subthalamiques (aires du cerveau associées à la motricité). Les stimulations électriques vont réguler l'activité excessive des neurones qui subsistent.

L'étape suivante a pour but de relier ces électrodes à des stimulateurs - deux boîtiers qui sont situés chacun sous une clavicule. C'est un peu l'équivalent d'un pacemaker pour le coeur, ce sont eux qui génèrent le courant envoyé vers les noyaux subthalamiques... Depuis 1993, en France, 3.000 patients en ont bénéficié. Dans la moitié des cas, les résultats s'avèrent plus qu'encourageants.

Une étude récente (février 2013) menée notamment par une équipe de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (Paris) a montré que la stimulation cérébrale profonde pourrait être pratiquée de manière précoce, très rapidement après l'apparition des complications motrices, avec de bons résultats.

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