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Changer d'habitudes pour réduire les risques de cancer du sein

Une part significative des cancers du sein qui apparaissent après la ménopause est directement liée à des facteurs "comportementaux", tels que la consommation d'alcool, une alimentation déséquilibrée ou du surpoids, et pourraient donc être évités. Telle est la conclusion d'une étude de suivi portant sur plus de 67.000 femmes françaises, publiée le 4 février 2016 dans l'International Journal of Cancer.

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Changer d'habitudes pour réduire les risques de cancer du sein
Changer d'habitudes pour réduire les risques de cancer du sein

Parmi les facteurs de risque identifiés du cancer du sein, il est courant de mentionner les antécédents familiaux, l’âge des premières règles ou celui de la ménopause. Si ces causes sont totalement indépendantes de la volonté des femmes, d'autres sont d'ordre comportemental, tels que la consommation d'alcool, le tabagisme ou la qualité de l'alimentation.

Afin de déterminer la part des cancers essentiellement liés à ces dernier facteurs, des épidémiologistes de l'Inserm ont étudié les données d'une importante étude, portant sur 67.634 femmes françaises âgées de 42 à 72 ans au moment du recrutement, et suivies sur une quinzaine d'années. A l'issue de cette période, 497 cancers du sein ont été diagnostiqués chez des femmes avant la ménopause, et 3.138 après la ménopause.

Les données sont trop ténues concernant les cancers diagnostiqués avant la ménopause pour identifier leurs causes. "[Ils] ne sont statistiquement attribuables à aucun facteur de comportement pris isolément", précisent Françoise Clavel-Chapelon, directrice de recherche Inserm, dans un communiqué accompagnant la publication de l'étude.

En revanche, il semble clair que de nombreux cas de cancers diagnostiqués après la ménopause pourraient être évitables. Dans la cohorte étudiée, 53,5% des cancers étaient liés à ces facteurs comportementaux. Malgré la taille de l’échantillon, une forte marge d'erreur subsiste. Les données publiées permettent d'estimer [1] que 12.8 à 78.7% des cancers du sein post-ménopause sont liés à ces facteurs dans la population générale.

Pour la cohorte étudiée, les chercheurs ont évalué le pourcentage de cancers qui auraient pu être évités selon le type de comportements. Selon leurs calculs, la consommation d'alcool de "plus d'un verre par jour" serait liée à 5,6% de ces cas de cancer du sein. Environ 10% auraient pour origine une alimentation déséquilibrée, et 5% le "surpoids à l’âge adulte" (IMC supérieur à 25kg/m2). L'utilisation d'un traitement hormonal de la ménopause était liée à 14,5% des cas. Les chercheurs notent que, depuis dix ans, "les traitements hormonaux de la ménopause sont beaucoup moins utilisés et que leur composition a changé".

L'analyse désigne enfin le sous-poids à la puberté à l'origine de 17,1% des cas de cancers étudiés ; les chercheurs soulignent toutefois que les mécanismes biologiques susceptibles d'êtres impliqués ne sont pas identifiés.

Source : Proportion of premenopausal and postmenopausal breast cancers attributable to known risk factors: Estimates from the E3N-EPIC cohort. L. Dartois et coll. International Journal of Cancer, 4 fev. 2016. doi: 10.1002/ijc.29987

 

[1] Il y a statistiquement 19 chances sur 20 que la valeur correcte, pour la population générale, se trouve dans cet intervalle.