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Cancer du rein : un traitement principalement chirurgical

190.000 nouveaux cas de cancer du rein apparaissent dans le monde chaque année. Il est pourtant rare car il représente moins de 3% des cancers. Le cancer du rein touche surtout l'adulte de plus de 50 ans et plutôt les hommes que les femmes. Comment en reconnaître les signes ?

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Cancer du rein : un traitement principalement chirurgical
Cancer du rein : un traitement principalement chirurgical
Sommaire

Qu'est-ce que le cancer du rein ?

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Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent le cancer du rein.

Le cancer du rein est le troisième cancer urologique le plus fréquent après le cancer de la prostate et le cancer de la vessie. Le cancer du rein touche deux fois plus les hommes que les femmes, en particulier après 50 ans. Dans la grande majorité des cas, il est découvert de façon fortuite, au cours d'un examen réalisé pour une toute autre raison.

Les facteurs de risque du cancer du rein : l'obésite, l'hypertension artérielle et le tabagisme favorisent le développement d'un cancer sur le rein. 50% des patients présentent un ou plusieurs facteurs, d'après le Pr Méjean.

Les reins sont deux organes en forme de haricot. Ils assurent la filtration du sang et la production de l'urine. Le sang à épurer arrive au rein par un gros vaisseau, l'artère rénale, qui se ramifie ensuite en plusieurs artérioles qui amènent le sang jusqu'aux unités fonctionnelles du rein que l'on appelle les néphrons. Les néphrons filtrent le sang et fabriquent l'urine. Ils vont aussi réguler la quantité de sel et de potassium. Une fois produite, l'urine passe dans les uretères pour gagner la vessie, avant d'être éliminée lors de la miction.

Le rôle le plus connu du rein est la fabrication de l'urine. Mais il y en a d'autres comme la sécrétion de substances indispensables au fonctionnement du corps. Parmi elles, l'érythropoïétine (EPO) qui permet la maturation des globules rouges dans la moelle osseuse, ou encore la rénine, une enzyme qui sert à réguler la pression artérielle. Si le rein est malade, ce sont toutes ces fonctions essentielles qui se trouvent perturbées.

Le cancer du rein peut naître à partir de tous les types de cellules du rein même si dans la plupart des cas, c'est une cellule du parenchyme rénal qui devient cancéreuse et qui entraîne la formation d'une masse tumorale. Avec le temps et si aucun traitement n'est mis en place, les cellules cancéreuses deviennent plus nombreuses, la taille de la tumeur augmente. Celle-ci peut s'étendre et métastaser le plus fréquemment sur le poumon.

Cancer du rein : le traitement par radiofréquence

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Traitement par radiofréquence d'une tumeur rénale

Pour traiter des tumeurs rénales de moins de quatre centimètres et quand les patients présentent des contre-indications opératoires ou anesthésiques, on peut recourir à une technique peu invasive : la radiofréquence. La radiofréquence est parfois une alternative intéressante à la chirurgie.

Vascularisation, diamètre et volume de la tumeur… ces paramètres visualisés grâce à l'échographie et au scanner sont indispensables pour optimiser le traitement par radiofréquence. Le patient est sous anesthésie locale durant l'intervention.

Le chirurgien commence par injecter un liquide pour repousser le côlon et mieux accéder à la tumeur rénale. Une fois la zone à traiter délimitée, le radiologue positionne une première aiguille munie d'une électrode dans la tumeur selon un guidage très précis. Reste alors à placer deux autres électrodes parallèles à la première et tout se joue au millimètre près. Les trois électrodes sont placées en périphérie de la lésion de façon à dissiper l'énergie thermique dans tout le volume de la tumeur.

Les électrodes introduites dans la tumeur délivrent un courant électrique qui provoque un échauffement des tissus et la mort des cellules tumorales. Complètement nécrosée, la tumeur va progressivement diminuer de taille jusqu'à disparaître.

"L'intérêt de la radiofréquence est de pouvoir traiter des tumeurs de taille assez limitée puisqu'on essaie de se limiter à trois centimètres, en épargnant véritablement le tissu normal du rein. C'est-à-dire d'éviter de perdre une fonction rénale que l'on pourrait préserver", explique le Pr Jean-Michel Correas, radiologue interventionnel. "Le nombre de patients complètement traités dès la première procédure varie entre 80 et 95% selon sa taille. Pour les tumeurs de moins de deux centimètres qui est l'indication typique de la radiofréquence, il est de 90 à 95%. Et pour les tumeurs de plus de trois à quatre centimètres, en revanche on est plus proche de 80 à 85%".

Le patient peut rentrer chez lui dès le lendemain mais il doit passer des examens d'imagerie plusieurs mois après la radiofréquence, puis tous les ans pendant dix ans pour prévenir d'éventuelles récidives.

Cancer du rein : l'ablation de la tumeur

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Attention, images d'intervention chirurgicale ! La tumorectomie est réalisée à l'aide d'un robot.

La chirurgie est le traitement de référence du cancer du rein. La tumorectomie (ablation de la tumeur en préservant le rein) est de plus en plus pratiquée. Elle consiste à ouvrir la paroi de l'abdomen pour retirer la tumeur, une partie ou la totalité du rein (néphrectomie). Effectuée à l'aide d'un robot, cette chirurgie ne laisse pas de grande cicatrice.

Aujourd'hui les progrès de la chirurgie permettent de retirer des tumeurs tout en préservant au maximum le tissu rénal. Des robots très perfectionnés, pilotés par des chirurgiens, donnent de bons résultats dans le traitement du cancer du rein.

Les traitements classiques, comme la chimiothérapie et la radiothérapie, ne sont pas actifs sur ce type de cancers. Mais une autre technique, l'immunothérapie, peut compléter le traitement, quand il y a plusieurs métastases. Elle stimule les défenses immunitaires et détruit les cellules cancéreuses.

Le traitement est très efficace s'il s'agit d'une petite tumeur, bien localisée dans le rein et sans métastase. 80% des patients sont encore en vie cinq ans après la détection de leur cancer. Ce pronostic est beaucoup plus sombre lorsque le mal est découvert à un stade avancé et qu'il existe des métastases.

Néphrectomie : l'ablation du rein

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Attention images de chirurgie ! La néphrectomie correspond à l'ablation du rein.

Le cancer du rein évolue silencieusement et il est souvent découvert fortuitement. En effet, près de 70% des cancers du rein sont découverts par hasard.

Quand la tumeur est mise en évidence, même s'il n'y a pas de symptômes, de douleurs, il est important d'agir pour éviter l'évolution du cancer.

Le traitement très souvent proposé est la chirurgie. Et dans certains cas, c'est la totalité du rein que l'on retire. Cela s'appelle la néphrectomie élargie.

Cancer du rein : le suivi post-opératoire

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Consultation post-opératoire à l'hôpital Foch (Suresnes).

Après avoir été opéré d'un cancer du rein, le suivi est essentiel. "Lors de la consultation post-opératoire, on présente au patient le résultat de l'analyse de la tumeur qui a été retirée, ce qui lui permet de comprendre sa pathologie. Cela permet de confirmer qu'il s'agissait d'une tumeur maligne qui justifiait l'opération, de confirmer l'agressivité du cancer et son extension qui va déterminer le suivi ultérieur", explique le Dr Yann Neuzillet, chirurgien urologue. Cette consultation est aussi l'occasion de vérifier la cicatrice laissée par l'opération.

Comme pour tous les cancers, un suivi régulier est indispensable. Le but : repérer au plus tôt une éventuelle récidive.

Voir aussi

Bernard Giraudeau, un parrain pour la lutte contre le cancer

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Témoignage de Bernard Giraudeau, le 31 mars 2009

Bernard Giraudeau, acteur-réalisateur-scénariste et écrivain, a lutté pendant de nombreuses années contre un cancer du rein. Il est mort le samedi 17 juillet 2010, dans un hôpital parisien, à l'âge de 63 ans. Atteint d'un cancer du rein depuis 2000, puis du poumon cinq ans plus tard, il témoignait avec courage dans les médias de sa vie avec la maladie.

C'est de ce combat qu'il a témoigné, sur le plateau du Magazine de la santé, avec beaucoup de dignité, de sagesse et d'humanité. Bernard Giraudeau était aussi le parrain de l'Association de Recherche sur les Tumeurs du Rein (ARTuR) et de La Maison du cancer.