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Cancer du poumon : le progrès des traitements

Le cancer du poumon est la première cause de décès chez l'homme et la troisième chez la femme. Mais il est de plus en plus fréquent dans la population féminine, alors qu'il diminue chez les hommes. Quels sont les liens avec le tabac ? Quels sont les signes et les traitements ?

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Cancer du poumon : le progrès des traitements
Cancer du poumon : le progrès des traitements
Sommaire

Qu'est-ce que le cancer du poumon ?

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Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent le cancer du poumon.

Avec plus de 40.000 nouveaux cas chaque année en France et plus de 30.000 décès, le cancer du poumon fait partie des cancers les plus fréquents et les plus meurtriers. Le cancer du poumon touche majoritairement les hommes mais augmente de façon inquiétante chez les femmes. En cause : le tabac, dans plus de 80% des cas.

Nous avons deux poumons, de part et d'autre de la cage thoracique. Ils se trouvent en appui sur le diaphragme et ils permettent la respiration. Ce sont des organes qui ont une consistance spongieuse. Le poumon droit est divisé en trois lobes, alors que le poumon gauche n'est constitué que de deux lobes. Dans sa partie inférieure, la trachée se scinde en deux bronches : l'une pénètre dans notre poumon gauche, l'autre pénètre dans notre poumon droit.

Dans les poumons, ces bronches se ramifient en conduits de diamètre de plus en plus petit : les bronchioles. Elles permettent d'acheminer l'air jusqu'au alvéoles pulmonaires. Les alvéoles pulmonaires sont des petits sacs en forme de "grappe", qui permettent les échanges gazeux entre le sang et les poumons.

Dans la majorité des cas, le cancer du poumon se développe à partir des cellules des bronches ou des bronchioles. Les cellules cancéreuses se développent de manière anarchique, à la fois vers la lumière de la bronche ou de la bronchiole, et vers l'extérieur. Il se forme alors une masse tumorale, qu'il est possible de voir à l'imagerie.

Il existe principalement deux grands types de cancers du poumon, qu'on distingue en observant les cellules cancéreuses au microscope :

  • le cancer à petites cellules (qui représente environ 20% de cancers du poumon). Les cellules cancéreuses sont très petites et se multiplient généralement très rapidement. Ce type de cancer est le plus agressif.
     
  • le cancer non à petites cellules : il représente environ 80% de cancers du poumon. Il se développe généralement moins rapidement. Ce type de cancer se subdivise en trois principaux sous-groupes : l'adénocarcinome, le carcinome épidermoïde et le carcinome à grandes cellules indifférenciées.

Quand les cellules du cancer du poumon migrent dans d'autres organes (pour former ce qu'on appelle des métastases), elles le font le plus souvent vers les glandes surrénales, les os, le cerveau et le foie.

Cancer du poumon : quand la tumeur doit être enlevée

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Attention, images d'intervention chirurgicale : pour accéder au poumon, il faut d'abord écarter soigneusement les côtes.

Dans certains cas, lorsque le cancer reste très localisé, un traitement chirurgical est envisageable. Il permet de retirer la tumeur et la partie du poumon atteinte par la maladie (ablation d'un lobe du poumon qui a été touché par le cancer).

Il existe deux principaux types de cancer du poumon : celui que l'on appelle "non à petites cellules", qui est le plus répandu et correspond à 80% des cas, et le cancer dit "à petites cellules". Ces deux types sont traités différemment et seul le cancer du poumon "non à petites cellules" est opérable.

En complément à la chirurgie, ou lorsqu'elle n'est pas possible, on utilise la radiothérapie, c'est-à-dire des rayons qui détruisent les cellules cancéreuses, et la chimiothérapie, qui fait appel à des médicaments anticancéreux. D'autres traitements locaux agissent directement sur la tumeur : la cryothérapie, par exemple, qui utilise le froid pour diminuer la taille du cancer.

Des opérations moins lourdes

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Attention, images d'intervention chirurgicale : on peut éviter d'ouvrir le thorax dans le cas de petites tumeurs.

Les traitements du cancer du poumon se multiplient aujourd'hui. La chirurgie tente de progresser pour devenir moins traumatisante. Quelques chirurgiens français parviennent à retirer certaines tumeurs de petite taille en évitant l'ouverture du thorax.

C'est une intervention assistée par une caméra vidéo interne, moins lourde pour le patient.

Cancer du poumon : l'espoir de l'immunothérapie

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Ces dernières années, un nouveau traitement se développe. Il utilise les défenses immunitaires du corps pour lutter contre le cancer. C'est ce qu'on appelle l'immunothérapie.

Après la chimiothérapie et les thérapies ciblées, l'immunothérapie pourrait devenir une nouvelle voie dans le traitement des cancers du poumon.

Le principe de l'immunothérapie ciblée est d'aider le système immunitaire à mieux combattre les cellules cancéreuses. Selon le Dr Benjamin Besse, oncologue, l'objectif de l'immunothérapie est de "réveiller le système immunitaire pour qu'il reconnaisse enfin le cancer qui parvient à se cacher du système immunitaire". L'immunothérapie est donc un traitement qui va casser cette "cape d'invisibilité" et faire en sorte que le "système immunitaire reconnaisse le cancer comme un ennemi et l'attaque".

Avant chaque injection, le médecin doit contrôler l'état de santé du patient. Pas question de poursuivre l'immunothérapie en cas d'effets secondaires violents ou de mauvaise réponse du corps au traitement. La fabrication du produit a lieu dans la pharmacie de l'hôpital. Sous une hotte stérile, l'anticorps chargé de stimuler les défenses immunitaires est ajouté à une poche de chlorure de sodium. L'immunothérapie est adaptée à chaque patient en fonction de son poids et des recommandations médicales. Le dosage doit être le plus précis possible.

Les premiers résultats de l'immunothérapie sont encourageants. Et pour les nombreux malades atteints d'un cancer du poumon, l'immunothérapie représente un espoir réel. "L'immunothérapie est un traitement efficace mais pas chez tous les patients", souligne le Dr Besse, "mais quand l'immunothérapie fonctionne, en règle générale, elle fonctionne longtemps. Et c'est quelque chose d'assez nouveau dans les traitements, des patients peuvent être traités des mois, parfois des années avec ces traitements, avec peu d'effets secondaires".

D'ici un à deux ans, l'anticorps injecté aux patients devrait obtenir son autorisation de mise sur le marché. L'immunothérapie devrait progressivement se banaliser pour traiter les patients atteints de cancer du poumon.

Identifier l'ADN de la tumeur pour mieux la traiter

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Eliane souffre d'un cancer du poumon, elle bénéficie d'un nouveau traitement issu d'une nouvelle famille de médicaments anti-cancer,

Un nouveau médicament permet d'éviter des traitements lourds comme la chimiothérapie. En revanche, il s'adresse à une catégorie très ciblée de patients atteints d'une mutation génétique. C'est ce qu'on appelle la médecine personnalisée, lorsqu'un traitement est lié à des caractéristiques - le plus souvent génétiques - du malade. Pour savoir si un malade atteint d'un cancer du poumon fait partie de cette catégorie et peu ainsi bénéficier de ce type de traitement, tout commence par une analyse très précise de la tumeur.

Les cellules cancéreuses se développent et prolifèrent grâce à des activateurs de croissance. Chez 10% des patients atteints d'une cancer du poumon, l'ADN de ces activateurs présente une mutation spécifique. C'est dans ce cas précis que la molécule du nouveau médicament va réagir en bloquant l'action de ces activateurs et ainsi ralentir, voire stopper, la croissance de la tumeur.