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Cancer de la prostate : plus de dépistages qu'il n'en faut

Bien que la réalisation systématique du dépistage du cancer de la prostate par le test PSA ne soit pas recommandé par les autorités sanitaires, il reste fréquent en France chez les hommes de plus de 40 ans, selon une étude parue ce 15 novembre.

Rédigé le , mis à jour le

Entretien avec le Pr François Haab, urologue

"La Haute Autorité de santé (HAS) a considéré dans ses évaluations successives, comme toutes les agences d’évaluation en santé dans le monde, que la balance bénéfices-risques n’était pas suffisamment favorable [à la réalisation systématique d’un dosage de PSA à visée de dépistage]", rappellent dans un éditorial du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) le président de l’Institut national du cancer (INCa), Norbert Ifrah, et le directeur de Santé publique France, François Bourdillon.

Le PSA (antigène prostatique spécifique) est normalement présent dans le sérum des hommes à une faible concentration. Il augmente en cas de cancer de la prostate, mais aussi lors de pathologies non cancéreuses (hypertrophies bénignes, prostatites). Son taux normal n'écarte pas la présence d'un cancer, selon l'agence du médicament ANSM. 

"La performance du dosage du PSA est questionnable et l’analyse critique [des études, menées en 2010 par la HAS, indiquait] qu’il n’était pas possible de conclure au bénéfice de ce type de programme en population", détaillent-ils, mettant en perspective un risque significatif de sur-diagnostic et de sur-traitement "pour des personnes qui n’auraient pas eu à subir des conséquences de ce cancer de leur vivant".

"Pour les hommes à haut risque, les études, selon la HAS, ne démontrent pas plus que ce type d’action puisse avoir un bénéfice et justifier un programme de dépistage". Toutefois, "les sociétés savantes d’urologie et certaines sociétés d’oncologie ont, quant à elles, un avis plus favorable et recommandent sa réalisation selon des modalités toutefois variables".

Les positions sur l’intérêt du dépistage pourraient évoluer avec le choix de nouveaux marqueurs du cancer de la prostate ou avec l’évolution des traitements.

Très courante chez les hommes de plus de 40 ans

Or, dans le même numéro du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, une équipe de chercheurs français dresse ce constat : entre 2013 et 2015, 48% des hommes de 40 ans et plus avaient eu "au moins un dosage de PSA". Ils étaient autour de 90% entre 65 et 79 ans.

La proportion d'hommes de 40 ans et plus sans cancer de la prostate, repérable dans la base de données gérée par l'Assurance-maladie et ayant eu au moins un dosage de PSA dans l'année, autour de 30% en 2009 et 2011, diminuait à 26,6% en 2014. Mais cette proportion est remontée à 28,9% en 2015, représentant 3,4 millions d'hommes. Cette même année 2015, 45.046 cancers de la prostate ont été nouvellement pris en charge, selon l'étude.

Les hommes atteints d'un cancer localisé de la prostate ont peu de risque de décéder d'un cancer de la prostate dans les dix années suivant le diagnostic, qu'ils aient ou non subi une intervention chirurgicale ou une radiothérapie, selon une étude récemment parue dans le New England Journal of Medicine. Selon les résultats d'une troisième étude publiée ce 15 novembre dans le BEH, les troubles urinaires et les dysfonctionnements sexuels sont plus fréquents chez les patients traités pour un cancer localisé, mais ces derniers rapportent dix ans après leur traitement "une qualité de vie globale comparable à celle des témoins du même âge".

 

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