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L'auto-rééducation après une tendinite de l'épaule

L'articulation de l'épaule est l'une des plus sollicitées du corps humain, mais aussi l'une des plus indispensables au quotidien. Et comme toutes les articulations, elle peut être le siège d'une tendinite provoquant des douleurs importantes. Mais en cas de tendinite de l'épaule, en plus de la kinésithérapie traditionnelle, il est possible de réaliser quelques exercices à la maison : c'est l'auto-rééducation.

Rédigé le , mis à jour le

''Tendinite de l'épaule : se rééduquer soi-même'', chronique du Dr Stéphane Cascua, médecin du sport, du 14 janvier 2015

La tête de l'humérus, le sommet de l'os du bras est recouvert de tendons. Ils s'y accrochent puis se prolongent vers l'omoplate à la manière de cheveux bien peignés, on les appelle la "coiffe des rotateurs". À l'autre extrémité, ils rejoignent des muscles qui s'accrochent sur l'omoplate. Quand ces derniers se contractent, ils fixent la tête de l'humérus dans son logement sur l'omoplate. Ils créent ainsi un centre de rotation et les gros muscles peuvent entrer en action pour monter le bras ou le faire tourner. Ils sont recouverts par un bec osseux provenant de l'omoplate appelé acromion.

Lorsque la coiffe des rotateurs fonctionne mal. La tête de l'humérus n'est pas fixe, elle pistonne vers le haut quand vous montez le bras. Les tendons viennent cogner la voûte formée par l'acromion et ils se font raboter. Un cercle vicieux commence. Les tendons s'usent, deviennent moins efficaces, la tête humérale pistonne vers le haut et les tendons s'usent encore plus. La kinésithérapie et l'auto-rééducation ont pour mission de restaurer un fonctionnement harmonieux afin de rompre cet emballement lésionnel.

L'auto-rééducation de l'épaule

Une fois que votre médecin a fait le diagnostic de lésion de la coiffe des rotateurs, quelques exercices peuvent être réalisés à la maison. L'auto-rééducation complète efficacement la kinésithérapie traditionnelle.

Pour le premier exercice, penchez-vous légèrement en avant. En vous décontractant, laissez tomber le bras. Lentement, faites de petites rotations. Après quelques séances, prenez la position du chevalier servant et poussez vers le bas avec votre main en écrasant un ballon. Faites ce geste tous les jours pendant une à trois minutes. Ce mouvement travaille votre relâchement et mobilise vos tissus. Il a pour objectif d'ouvrir l'espace entre la voûte osseuse et la tête humérale afin de libérer le passage de vos tendons.

Renforcer les muscles

Il est aussi très important de renforcer les muscles. Il faut particulièrement travailler les petits muscles de la coiffe des rotateurs. Pour cela, prenez un haltère léger ou une bouteille d'eau plus ou moins remplie. Avec vos coudes fléchis, faites de petits cercles de 20 centimètres de diamètre en montant légèrement sans que le coude ne dépasse l'épaule. Trouvez et faites évoluer la charge afin que vous puissiez réaliser, une à deux fois par jour, une trentaine de rotations. Ce mouvement permet de renforcer les muscles de la coiffe des rotateurs et de mieux synchroniser leurs contractions. Ils deviennent plus puissants et fixent au mieux le centre de rotation de l'épaule. L'élévation du bras est modérée et ne provoque pas de frottements tendineux sur la voûte osseuse.

Renforcez aussi les muscles qui abaissent l'humérus. Les muscles pectoraux et dorsaux sont les principaux abaisseurs de l'humérus. Les pectoraux se situent en avant, les dorsaux en arrière. Ils tirent vers le bas le sommet de l'humérus alors que le deltoïde élève la portion basse. Si tous ces muscles travaillent de concert, ils réalisent un effet levier qui permet de monter et descendre le bras sans écraser la coiffe des rotateurs.

Pour réaliser l'exercice baptisé "les salutations", les jambes légèrement fléchies, penchez-vous en avant en conservant le bas du dos bien droit. Laissez tomber les bras à la verticale puis écartez-les à 45°. Montez votre membre supérieur lentement et descendez-le doucement. Réalisez ce mouvement vingt à trente fois matin et soir. Quand l'exercice devient trop facile, saisissez un petit haltère ou une bouteille d'eau minérale dont vous augmenterez progressivement le contenu. En position haute, le coude est fléchi à 90° non loin de votre oreille et votre main se place au contact du sommet de votre crâne. Le plus souvent, grâce à cette trajectoire, votre lésion tendineuse ne frotte plus sur les reliefs osseux de l'omoplate, mais passe sous un ligament plus souple, on parle de "voie de passage". Ce mouvement sollicite le deltoïde et le grand dorsal.

À eux deux, ils provoquent une bascule de l'humérus : le premier fait monter le bras, le second tire la tête vers le bas et évite les frottements tendineux. L'ascension de la main reproduit un geste propre au sport de lancer et de raquette et optimise sa coordination protectrice. La descente lente du bras permet aussi d'améliorer vos interactions musculaires lors du freinage du smash ou du lancer. Le contrôle de ce mouvement est essentiel pour éviter que la tête humérale emportée par son élan ne vienne cogner les reliefs osseux. De surcroît, au cours de cet exercice, un côté du tendon de la coiffe est emmené par l'humérus alors que son muscle tire dans l'autre sens. Pratiquées sur le terrain, à vitesse élevée et en excès, ces contraintes de fin de geste provoquent des tendinites. En revanche, programmées progressivement et avec modération et surtout lentement, ces tractions tissulaires assurent une adaptation et un renforcement tendineux. On parle de préparation ou de rééducation excentrique.

Les gros muscles de l'avant, ceux qui permettent de frapper au service, doivent aussi être renforcés. Il est nécessaire de renforcer les pectoraux et d'optimiser leur synchronisation avec la coiffe et le deltoïde. Pour cela, on a l'exercice "montée de ballon". Ecrasez un ballon sur le mur et faites le monter quitte à ce qu'il glisse un peu vers votre avant-bras. Redescendez lentement. Réalisez ce mouvement environ trente fois, une à deux fois par jour. Avec cet exercice, vous associez élévation du membre supérieur grâce au deltoïde et abaissement de la tête par contraction des pectoraux. Les tendons ne frottent plus. De surcroît, l'instabilité du ballon peaufine la coordination de la coiffe des rotateurs et le centrage de la tête de l'humérus. Cette posture ressemble à celle des sports de lancer et de raquette. De fait, vous améliorez les interactions musculaires nécessaires à l'obtention d'un geste indolore et efficace.

Faut-il arrêter le sport en cas de tendinite de l'épaule ?

Il ne faut pas arrêter le sport en cas de tendinite de l'épaule. Chez les nageurs, le crawl et le papillon se montrent agressifs pour les tendons de l'épaule. En revanche, la brasse est souvent bien tolérée et peut même contribuer à la rééducation. Les tennismen et autres sportifs de raquette en profitent pour travailler leur condition physique cardiovasculaire en courant. Il sollicite leur explosivité en travaillant leurs appuis.

La musculation est souvent possible tant que le coude reste en position basse. Typiquement le tirage horizontal et le développé assis ne provoquent pas de douleur et renforcent même les abaisseurs. Pour entretenir la coordination, le tennis de table est une bonne solution. Rapidement au cours du traitement, sur le court de tennis, coup droit et revers deviennent indolores. Eux aussi sollicitent les abaisseurs. La technique peut être travaillée à l'aide d'éducatifs bien encadrés.

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