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Rétention d'eau : quelles solutions ?

Doigts gonflés, mollets qui doublent de volume, jambes en poteaux, autant de conséquences de la rétention d'eau. Ce dysfonctionnement, aussi appelé œdème, est extrêmement courant. En cause, un problème d'évacuation des liquides dans le corps.

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Rétention d'eau : quelles solutions ?
Rétention d'eau : quelles solutions ?

Vous avez du mal à enlever votre alliance, vos chevilles enflent au point de ne plus pouvoir porter vos chaussures favorites ? Pas de panique, vous souffrez probablement de rétention d'eau ! Cette pathologie bénigne mais ô combien inconfortable se manifeste par un gonflement des tissus. A l'origine de l'œdème, une accumulation de liquides dans le corps.

Faire la différence entre les "jambes lourdes" et les "grosses jambes"

Les jambes lourdes se manifestent par des fourmillements et une impression de pesanteur dans les jambes. Il ne s’agit pas d’un problème de rétention d’eau mais seulement de mauvaise circulation sanguine. Il n’y a pas de gonflements visibles. Pour soulager des jambes lourdes, il suffit généralement de les masser, de les passer sous l’eau froide ou de les surélever.

On parle de syndrome de la grosse jambe lorsque la rétention d’eau est chronique. Les mollets et les chevilles sont alors en permanence enflés et prennent la forme d’un poteau. Cette pathologie, qui peut être d’origine veineuse ou lymphatique, nécessite une consultation chez un professionnel. 

Une question d'équilibre des liquides

Notre corps est constitué à 65% d’eau. Cette eau circule en permanence dans le sang et dans la lymphe avant d’être évacuée par les reins. Ces derniers ont pour rôle de maintenir l’équilibre entre l’eau que nous consommons et l’eau que nous éliminons par les urines, la transpiration et les selles.

"On parle de rétention d’eau lorsque notre corps emmagasine plus d’eau qu’il n’en élimine", explique le Dr Philippe Blanchemaison, médecin vasculaire. Cet excédent d’eau est alors stocké dans les cellules de notre organisme. Saturées en eaux, elles se mettent à grossir et génèrent le gonflement de certaines parties du corps comme les mollets, les chevilles ou les orteils.

Un problème de retour veineux

L’eau circule dans notre corps à travers les vaisseaux sanguins. A cause de certaines maladies, de la chaleur ou encore de prédispositions génétiques, il arrive que la circulation se fasse mal.

"Le sang à des difficultés à remonter jusqu’au cœur alors il stagne dans les parties basses", explique le Dr Blanchemaison. A cause de cette stagnation, les vaisseaux sanguins se dilatent et deviennent plus poreux. Une quantité anormale d'eau peut alors s’échapper du sang vers les cellules. Ces dernières se gorgent d’eau et font gonfler les tissus.

Une mauvaise circulation de la lymphe

L'eau de notre corps est aussi en partie transportée par la lymphe, ce liquide jaune sécrété en cas de blessure pour aider à la cicatrisation. Contrairement au sang qui circule en étant poussé par les battements du cœur, la lymphe ne bénéficie d’aucune pompe pour faciliter ses déplacements. Ce sont donc uniquement les mouvements du corps et les contractions musculaires qui assurent sa circulation.

A force de rester trop longtemps assis ou statique, il arrive que la lymphe circule mal. Elle s’accumule alors dans certaines parties du corps comme les jambes, plus touchées par la loi de la gravité. L'eau contenue dans la lymphe ne pouvant plus remonter jusqu'aux reins pour y être filtrée, elle se stocke dans les cellules et génère de l’oedème.

Des facteurs aggravants

La rétention d’eau touche majoritairement les femmes. Certaines hormones féminines (les oestrogènes, l’aldostérone) auraient la propriété d’accentuer les troubles de la circulation veineuse responsables de l’œdème. Ce phénomène interviendrait principalement pendant la grossesse ou lors des fluctuations hormonales précédant les règles ou la ménopause.

Même constat pour plusieurs médicaments contre l’hypertension (bloqueurs calciques) ainsi que certains anti-inflammatoires à base de corticoïdes. Sur du long terme, ces traitements peuvent entrainer beaucoup de rétention d’eau et donc une prise de poids considérable.

Le sel est bien connu pour être un facteur aggravant de l’oedème. Le sodium, naturellement présent dans les cellules du corps, a la capacité de retenir les liquides. Consommé en  grande quantité, il absorbe l’eau de manière excessive et la piège dans les tissus.

Enfin, il arrive que la rétention d’eau soit le symptôme d’une insuffisance rénale. Dans ce cas, le rein joue mal son rôle et n’est plus capable de filtrer la totalité de l’eau consommée par l’organisme. En cas d’œdème chronique, il est donc nécessaire de prendre rendez-vous chez un médecin. Il pourra confirmer ou écarter cette hypothèse grâce à une simple prise de sang.

Quelles solutions ?

Si vous souffrez de rétention d’eau, le premier réflexe à avoir est de limiter votre consommation de sel. Cette mesure simple peut parfois régler définitivement le problème. 

En cas d’œdème chronique, il est nécessaire de consulter un médecin (généraliste ou angiologue). Il vous aidera à déterminer les causes de votre rétention d’eau.

Si le problème est d’origine lymphatique, il pourra vous prescrire des séances de drainage lymphatique chez un kinésithérapeute. Pour le Dr Blanchemaison, "cette méthode de massage est très efficace pour réactiver la circulation de la lymphe et donc favoriser l’évacuation de l’eau".

Si votre rétention d’eau est d’origine veineuse, les bas de contention pourraient bien devenir vos meilleurs alliés ! Pas toujours esthétiques, ils sont néanmoins très efficaces. En comprimant les jambes, ils permettent de réactiver la circulation du sang afin de limiter l’oedème.

Quelque que soit l’origine de votre rétention d’eau, il est important  de ne pas rester statique trop longtemps. En journée, n’hésitez pas à quitter votre bureau pour marcher quelques pas. La nuit, pensez à surélever vos jambes afin d’activer la circulation du sang et de la lymphe.

Dans certains cas, votre médecin pourra vous prescrire des diurétiques. Ces médicaments agissent en éliminant l’excès de sodium contenu dans l’organisme. Comme le sel à tendance à retenir les liquides, diminuer son taux fait automatiquement baisser la quantité d’eau dans le corps. Ces traitements ne sont toutefois efficaces que sur des courtes durées. A la longue, le corps s’habitue et le médicament perd en efficacité. Certaines plantes comme la bruyère, la reine des prés ou le cassis sont également connues pour leurs vertus diurétiques.

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