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Migraines : comment s'en sortir ?

Près de huit millions de personnes en France souffriraient de migraine, selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Souvent minimisée par l'entourage, la migraine est pourtant une affection vraiment handicapante pour la personne atteinte. La migraine n'est pas une fatalité, il existe aujourd'hui des traitements de fond efficaces qui permettent de soulager durablement.

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Migraines : comment s'en sortir ?
Migraines : comment s'en sortir ?
Sommaire

Qu'est-ce que la migraine ?

Michel Cymes et Marina Carrère d'Encausse expliquent les migraines.

Mal de tête tenace, intolérance au bruit, à la lumière et parfois même aux odeurs, nausées… Ces symptômes accompagnent généralement la migraine. En France, huit millions de personnes souffrent de cette maladie.

Dans les différentes crises migraineuses, il y a une implication des vaisseaux qui irriguent le cuir chevelu et le cerveau. Une partie de ces vaisseaux se trouve entre les méninges. Une autre partie se situe à l'intérieur du tissu cérébral. La paroi de ces vaisseaux contient des fibres musculaires capables de se contracter et de se relâcher. C'est ce qui permet d'augmenter ou de diminuer le diamètre des vaisseaux. Ce mécanisme permet d'adapter la quantité et la pression de sang dans le cerveau.

Les migraines surviennent lorsque la paroi des vaisseaux sanguins se contracte rapidement. C'est ce qui fait souffrir le cerveau. Les terminaisons nerveuses de la paroi des vaisseaux sont alors irritées et un signal est envoyé au centre de la douleur. Celui-ci ordonne aux vaisseaux de se dilater afin de baisser la tension. Problème : cela provoque aussi un afflux de sang brutal dans les vaisseaux situés à la surface du cerveau et c'est ce qui serait à l'origine de nombreuses migraines.

Mais ce n'est pas tout. La distension des vaisseaux les rend "poreux". Autrement dit, la paroi laisse passer dans les cellules voisines des molécules, telles que l'histamine et les kinines. Des substances qui provoquent une inflammation locale. Et qui dit inflammation, dit douleur. Une douleur souvent perçue comme des pulsations dans la tête, généralement accompagnée de flashs et parfois même de nausées et de vomissements.

Si la plupart du temps, les crises de migraine ne durent que quelques heures, chez 10% des patients elles peuvent dépasser les 48 heures. Les femmes sont majoritairement touchées. Et les enfants ne sont pas épargnés, environ 5% d'entre eux souffriraient de migraines.

Migraines : des traitements efficaces

Le diagnostic précis du type de migraine permet d'établir un traitement efficace.

Evaluer son traitement en quatre questions :

Traitement de la crise : les recommandations

Depuis 2013, il est recommandé de prendre un anti-inflammatoire (naproxène, ibuprofène, kétoprofène, diclofénac) et en cas d'inefficacité en 1 à 2 heures, de prendre le triptan. SI au bout de 3 crises, ce schéma n'est pas efficace au moins 2 fois, les neurologues conseillent de prendre le triptan d'emblée, dans l'heure qui suit le début de la douleur.


 

Les quatre questions du Dr Dominique Valade, neurologue aux Urgences Céphalées de l'hôpital Lariboisière (Paris), pour savoir si on doit changer son traitement contre la migraine :

  • Est-ce que vous êtes calmés en moins de deux heures ?
  • Est-ce que vous tolérez bien le traitement ?
  • Est-ce que vous ne prenez pas plus d'une seule prise pour soigner une crise ?
  • Est-ce que vous revenez à votre état antérieur dans les quelques heures qui suivent ?

Une réponse négative à ces questions (même une seule) signifie que le traitement n'est pas adapté.

La migraine n'est pas une fatalité. On sait actuellement soulager la douleur.

Il existe deux grands types de traitements : ceux qui soulagent la douleur (les anti-inflammatoires sont à privilégier - voir encadré), à utiliser lors de la migraine, et les médicaments de fond. Il faut les prendre régulièrement pour agir sur la maladie en général, et pas seulement sur la crise.

Il y a quelques années, les triptans ont révolutionné le traitement de la crise de migraine. Mais les recherches ne s'arrêtent pas là. Après les triptans, qui ont une action vasculaire, on attend les ditans dans quelques années. Ils agiront sur le neurone, sur le récepteur de la sérotonine 5-HT1F  et non plus sur le vaisseau (et la vasoconstriction), ce qui limitera les effets indésirables.

Les traitements de fond  sont indiqués dès lors que le patient consomme le traitement de crise plus de 2 jours par semaine depuis 3 mois au moins. Seuls l’amitriptyline, le divalpraote de sodium, le valproate de sodium, le métoprolol, le propanolol et le topiramate ont fait la preuve de leur efficacité. "En France, l’oxétorone est très largement utilisée, bien que considérée comme manquant de preuves", ajoute le Dr Roos.

Quand la migraine empoisonne la vie quotidienne malgré les médicaments anti-douleurs, la consultation en neurologie permet de diagnostiquer de manière plus précise le type de migraine, et de trouver un traitement adéquat.

Soigner les migraines par l'ostéopathie

L'ostéopathie, un traitement efficace contre les migraines ?

Les migraines peuvent avoir plusieurs origines. Parfois, elles sont la conséquence d'une anomalie du squelette au niveau de la chaîne masticatrice ou des cervicales.

Et quand les médicaments ne suffisent pas ou entraînent des effets secondaires trop gênants, certains patients migraineux s'orientent vers d'autres méthodes, et notamment vers l'ostéopathie.

Dans certains cas, des séances d'ostéopathie peuvent soulager les patients.

Migraines : le recours à l'hypnose

Séance d'hypnose pour lutter contre la migraine

Pour soulager les douleurs liées à la migraine, certaines personnes tentent l'hypnose. L'objectif des séances d'hypnose est d'apprendre aux patients à mieux gérer leurs crises douloureuses comme l'explique le Dr Adrian Chaboche, hypnothérapeute : "On propose une expérience au patient où il peut faire autre chose que de ressentir cette douleur. C'est un travail sensoriel, d'intuition, de relation entre le thérapeute et le patient…".

À l'aide de paroles douces et apaisantes, l'hypnothérapeute incite le patient à relâcher ses tensions et sa vigilance. Le but : être dans un état de conscience détendu. "Pour la migraine, il n'y a pas de protocole mais on va s'intéresser à ce qui est spécifique dans la migraine du patient. Certaines personnes sont définies par leur migraine sauf qu'elles ne définissent pas leur migraine comme le médecin la définirait", note le Dr Adrian Chaboche.

Focaliser le cerveau sur des sensations agréables pour oublier la douleur, c'est tout l'enjeu des séances d'hypnose. Et pour aller encore plus loin, le thérapeute peut proposer au patient l'auto-hypnose. L'objectif est de permettre au patient de gérer de manière autonome ses migraines. Plusieurs études ont montré que l'hypnose soulageait les crises migraineuses.

Migraines : médicaments et dépendance

Le dépendance aux médicaments peut être soignée en quelques jours d'hospitalisation.

Les crises de migraine sont parfois tellement douloureuses que ceux qui en souffrent ont souvent tendance à consommer beaucoup de médicaments.

Paracétamol, triptans... Pour lutter contre la migraine, il existe des médicaments puissants. Ils sont très efficaces mais peuvent conduire à une dépendance.

Un vrai problème car à hautes doses, ces médicaments ne sont pas dénués d'effets secondaires…

Un ''serre-tête'' pour lutter contre la migraine

Le principe de l'appareil repose sur la neurostimulation du cerveau par des ondes électriques.

Depuis 2009, une entreprise belge a mis au point un appareil anti-migraine (qui ressemble à un serre-tête), qui repose sur l'envoi d'impulsions électriques sur le nerf trijumeau.

Le principe de cet outil thérapeutique anti-migraine repose sur la stimulation électrique transcutanée. L'électrode envoie des impulsions de basse fréquence pour agir sur les terminaisons nerveuses frontales du nerf trijumeau. Résultat : le seuil de déclenchement des migraines est modifié et les crises deviennent de moins en moins fréquentes.

Pour les neurologues, cette technique est intéressante en prévention car elle permet de réduire la consommation de médicaments. Les études cliniques sont concluantes mais le dispositif est encore peu développé en France. La raison : peut-être son coût, 314 euros uniquement pris en charge par certaines mutuelles.

L'appareil coûte 300 euros. Mais la société propose une location renouvelable afin de tester ce traitement et voir s'il est efficace.

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