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PMA : 130 médecins expliquent pourquoi ils ont bravé la loi

Dans un manifeste publié dans Le Monde daté du 18 mars, 130 médecins et biologistes reconnaissent avoir aidé des couples homosexuels à avoir des enfants, en infraction avec la loi et dénoncé les "incohérences" de la politique d'aide à la procréation en France.

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PMA : 130 médecins expliquent pourquoi ils ont bravé la loi
PMA : 130 médecins expliquent pourquoi ils ont bravé la loi

"Nous médecins, biologistes, reconnaissons avoir aidé, accompagné certains couples ou femmes célibataires dans leur projet d'enfant dont la réalisation n'est pas possible en France", écrivent les signataires dans le quotidien Le Monde daté du 18 mars 2016.

Réunis par le gynécologue René Frydman, le père du premier bébé-éprouvette français, les signataires réclament notamment l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes alors qu'elle est actuellement réservée aux couples hétérosexuels infertiles.

"Le don de sperme pour une femme célibataire, sans préjuger de son mode relationnel actuel ou futur, homo- ou hétérosexuel est une interdiction qui nous paraît devoir être levée puisqu'une femme célibataire est reconnue dans ses droits pour élever ou adopter un enfant", écrivent-ils.

Cette mesure qui faisait partie des promesses de campagne de François Hollande a cristallisé les débats sur la PMA, avant d'être enterrée.  

Les signataires demandent également à ce que les femmes puissent congeler leurs ovocytes en vue d'une grossesse ultérieure, une possibilité qui existe déjà dans des pays comme l'Espagne, la Grande-Bretagne ou la Belgique.

En France, en revanche, l'auto-conservation n'est autorisée que si la femme présente une pathologie à risque pour sa fertilité, comme un cancer nécessitant une chimiothérapie, ou si elle souhaite donner une partie de ses ovocytes, alors que les hommes peuvent conserver leur sperme en paillettes "dans tout laboratoire de ville agréé", notent-ils.

Parmi les autres "incohérences", ils relèvent l'interdiction de l'analyse génétique de l'embryon avant son implantation dans l'utérus alors que "l'analyse du risque chromosomique fœtal est autorisée aux femmes enceintes qui le souhaitent après quelques semaines de grossesse, dans le cadre du dépistage anténatal".

Une telle autorisation permettrait, selon eux, d'éviter de nombreux "échecs prévisibles", souvent "sources de déception, de complications et d'une multiplication de prises en charge coûteuses".

Ils préconisent enfin la mise en place d'un "véritable plan contre l'infertilité" pour développer une prévention "qui fait cruellement défaut" et qui permettrait d'informer "sur l'effet inexorable de l'âge", mais également sur les conséquences de l'obésité, des addictions ou de l'environnement polluant.

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