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IVG : un droit, un choix, une liberté

Au cours de sa vie, une femme sur deux aurait recours à l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). En France, 13.500 jeunes filles de moins de 18 ans ont recours chaque année à l'IVG. Pourtant le sujet reste toujours un tabou. Comment est pratiquée l'IVG ? Quelles sont les différentes méthodes ? Quels sont les délais à respecter ? Pourquoi ce droit est-il menacé 40 ans après la loi Veil ?

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IVG : un droit, un choix, une liberté
IVG : un droit, un choix, une liberté
Sommaire

Qu'est-ce que l'IVG ?

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Michel Cymes et Marina Carrère d'Encausse expliquent l'IVG.

Quarante ans après sa légalisation en France par la loi Veil (promulguée en 1975), l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) reste un sujet tabou.

L'IVG est intégralement remboursée depuis janvier 2013 par l'Assurance Maladie, de même que l'ensemble des examens liés à l'IVG.

Les mineures n'ont pas besoin d'une autorisation parentale pour bénéficier d'une IVG. Elles doivent toutefois être accompagnées par un adulte (qui peut être extérieur à la famille).

En France, 220.000 interruptions volontaires de grossesse sont pratiquées chaque année. Une femme sur trois avorte au moins une fois dans sa vie. Pourtant, pour certaines femmes, le recours à cette intervention médicale comporte de nombreux obstacles.

C'est dans la trompe de Fallope qu'a lieu la fécondation. Un spermatozoïde rencontre un ovocyte. Le noyau de l'ovocyte et celui du spermatozoïde fusionnent et forment la première cellule du futur embryon : l'oeuf. Cette cellule va se diviser. Entre la troisième heure et le quatrième jour, tout en continuant de se diviser, l'embryon se déplace vers la cavité utérine. Son "voyage" va durer trois jours.

Au terme de sa migration, l'embryon arrive dans l'utérus. La muqueuse utérine s'est épaissie et les vaisseaux sanguins qui la parcourent se sont développés de manière considérable : elle est donc particulièrement "accueillante" pour l'embryon. Sept jours après la fécondation, il pénètre entièrement dans la muqueuse utérine : c'est ce qu'on appelle la nidation. L'embryon, nourri par la mère, peut continuer son développement.

Pour interrompre la grossesse en cours, il faut séparer l'embryon de la muqueuse et l'extraire de l'utérus. Il existe deux méthodes pour avorter. Le choix dépend des attentes des femmes et du terme de la grossesse. La première méthode est chirurgicale. Elle est possible jusqu'à la douzième semaine de grossesse. Le contenu de l'utérus est aspiré sous anesthésie locale ou générale. La deuxième méthode est médicamenteuse et peut être réalisée jusqu'à la cinquième semaine de grossesse sans hospitalisation et jusqu'à la septième semaine de grossesse avec quelques heures d'hospitalisation.

L'IVG médicamenteuse

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Qu'est-ce que l'IVG médicamenteuse ?

Aujourd'hui, les femmes qui se font avorter jusqu'à la fin de la cinquième semaine de grossesse peuvent avoir recours à la méthode médicamenteuse sans hospitalisation.

L'IVG médicamenteuse consiste à prendre une pilule dite "abortive" connue sous le nom de RU486. Cette molécule agit sur les récepteurs de l'hormone de la grossesse, la progestérone, et bloque son effet. Ceci a pour effet d'interrompre la grossesse.

Il faut de plus prendre, 48 heures plus tard, un deuxième comprimé à base de prostaglandine, qui va d'abord dilater le col et déclencher les contractions pour évacuer l'oeuf, comme lors d'une fausse couche.

Cette méthode n'est possible que pour les grossesses de moins de cinq semaines (soit sept semaines d'aménorrhée).

L'IVG par aspiration

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Qu'est-ce que l'IVG chirurgicale ?

L'IVG chirurgicale est possible en France jusqu'à la douzième semaine de grossesse (fin de la quatorzième semaine d'aménorrhée). Elle consiste à aspirer le contenu de l'utérus au moyen de sondes creuses branchées sur un appareil.

C'est une intervention qui peut se dérouler sous anesthésie générale de quelques minutes ou sous anesthésie locale. Un traitement complémentaire est prescrit sur quelques jours après l'opération, afin d'éviter la formation de caillot sanguin et d'évacuer ceux qui se seraient formés.

Le droit à l'avortement menacé

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L'IVG est parfois un véritable parcours du combattant (sujet du 28 octobre 2009)

Si le nombre d'avortements en France est stable, ce n'est pas le cas du nombre des établissements de santé qui l'exercent. En 2010, 571 établissements déclaraient une activité d'IVG en France métropolitaine, contre 588 en 2009. Et c'est le secteur privé qui se désinvestit majoritairement de la pratique, qu'il considère comme peu rentable : la part du public est passée de 65 % en 1995 à 70 % en 2005 pour atteindre 77 % depuis 2008.

En avril 2014, près de 40 ans après la promulgation de la loi Veil, le Planning familial a lancé une campagne destinée à

Selon le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, "5% des établissements publics et 48% des établissements privés pratiquant l'IVG ont fermé ces dix dernières années, soit plus de 130 établissements au total". De plus, "37% des gynécologues partiront à la retraite dans les cinq ans". Le Haut conseil déplore "l'absence d'une relève militante".

Conséquence de ce désengagement : les délais s'allongent pour les femmes qui souhaitant avorter.

Les difficultés d'accès à l'IVG dans certains territoires font que parfois, le délai légal de 12 semaines de grossesse (14 semaines d'aménorrhée) est dépassé. Un ultime recours est de se rendre dans un pays où les délais sont supérieurs, notamment aux Pays-Bas, en Espagne ou en Grande-Bretagne. Selon Véronique Séhier, co-directrice du Planning familial interrogée par l'AFP en novembre 2014, ce phénomène peut être estimé à "entre 3.500 et 5.000" femmes chaque année.

Des actions pour défendre le droit à l'IVG

A l'initiative des ministères de la Santé et des Droits de la femme, un site internet institutionnel dédié à l'information à l'avortement (www.ivg.gouv.fr) a été lancé le 28 septembre 2013, en réponse à la croissance du nombre de sites diffusant des informations "mensongères ou orientées" sur le sujet. Comme l'observait à cette époque, le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes les sites anti-avortement à l'apparence "neutre, voire institutionnelle" délivrant une information "fallacieuse" étaient les premiers référencés et les plus visibles sur Internet. Le Haut conseil jugeait "que l'accès à une information de qualité [était] un droit non garanti".

Au mois de janvier 2014, l'Assemblée nationale a adopté en première lecture un article controversé confortant le droit à l'IVG. Dans le texte original, seule une femme enceinte "dans une situation de détresse" pouvait recourir à une interruption volontaire de grossesse. La formule, jugée obsolète, a été supprimée.

IVG, 40 ans après la loi Veil

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Entretien avec le Dr Sophie Gaudu, chef de service de la maternité des Bluets (Paris)

Le 26 novembre 2014, à l'occasion du quarantième anniversaire du discours de Simone Veil à l'Assemblée, la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a constaté l'existence, en France, "[d']un discours de culpabilisation, et un risque de recul, de retour en arrière [sur la question de l'IVG]".

"Nous devons être vigilants", a-t-elle poursuivi, dans une interview sur Radio Classique. "Il s'agit de rappeler l'importance de cette loi et de rappeler que le combat pour que les femmes puissent maîtriser leur corps reste un combat d'actualité."

"On le voit aux portes de la France, on entend dans des pays de grande civilisation des responsables dire que le statut des femmes, c'est la maternité", a-t-elle expliqué, en référence notamment à des propos tenus le 24 novembre 2014 par le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

"On entend, dans notre pays même, des voix s'élever qui ne s'entendaient pas il y a quelques années", a-t-elle ajouté, rappelant la "manifestation il y a quelques mois avec des milliers de personnes dans la rue contre l'interruption volontaire de grossesse".

"Il y a eu, à l'Assemblée nationale même, des parlementaires qui réclamaient la fin du remboursement de l'IVG. On entend parler « d'IVG de confort ». Tout cela c'est une parole réactionnaire [...] contre les femmes qui se libère", a dit la ministre.

Des numéros de soutien et d'écoute permettent de vous aider, de vous soutenir et de vous guider. N'hésitez pas à les contacter :

  • Sexualité, contraception, IVG...
    Numéro Vert : 0800 08 11 11
     
  • Fil Santé Jeunes
    Service d'écoute anonyme et gratuit, de 8 h à 0 h : 0 800 235 236
     
  • Ecoute, sexualité et contraception
    Numéro Vert : 0 800 803 803
     
  • Mouvement français pour le planning familial
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  • Info IVG Ile-de-France : 01 47 00 18 66 (du lundi au vendredi de 12 h à 19 h)