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IVG médicamenteuse : manque d'information sur les effets secondaires

D'après une étude de l'Inserm, les femmes recourant à l'IVG médicamenteuse ne sont pas toujours suffisamment informées de ses possibles effets secondaires – tels que des douleurs très fortes et des saignements importants.

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IVG médicamenteuse : manque d'information sur les effets secondaires
IVG médicamenteuse : manque d'information sur les effets secondaires

Plus d'un quart (27%) des femmes ayant réalisé une interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse a perçu "des douleurs très intenses" (notées 8 ou plus sur une échelle de 10) et un tiers a eu des saignements qui leur ont paru "inquiétants" ou "très inquiétants", selon une étude menée par deux épidémiologistes de l'Inserm auprès de 453 femmes, et présentée ce 18 novembre par la Fondation de l'avenir.

Autorisée depuis 1990, la technique médicamenteuse a représenté plus de la moitié (57%) des IVG réalisées en 2015, selon la direction études et statistiques du ministère des Affaires sociales. Elle consiste à prendre un médicament qui bloque le développement de la grossesse puis, 36 à 48 heures plus tard, un autre qui déclenche l'expulsion. Elle peut être pratiquée jusqu'à 5 semaines de grossesse (et jusqu'à 7 semaines en établissement de santé).

Selon Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles, co-auteure de l'étude, beaucoup de femmes interrogées ont déclaré qu'"elles auraient préféré être davantage informées, notamment sur les saignements".

Prendre en compte la douleur

"L'idée générale, dans le public et le milieu hospitalier, [est que] l'IVG médicamenteuse est [...] simple, facile d'accès [et] rapide.", détaille Philippe David, chef de service du centre IVG de la clinique Jules-Verne de Nantes, qui a piloté l'étude. Mais "la douleur n'était pas du tout étudiée".

Par rapport à la méthode par aspiration, réalisée à l'hôpital, la technique médicamenteuse (voir encadré) est effectivement plus "simple", ne comporte pas de geste intrusif ni d'anesthésie, et la femme est dans le cadre familier de son domicile, reconnaît le Dr David. Mais, selon lui, il ne faut pas pour autant la "systématiser". "Il est important que les femmes aient le choix et qu'on prenne en compte la situation de chacune", a-t-il expliqué à l'AFP.

La durée du processus et le risque d'isolement doivent notamment être pris en considération. Selon l'étude, la douleur est plus forte chez les femmes n'ayant jamais été enceintes auparavant ou qui ont habituellement des règles douloureuses. Celles qui ont reçu un seul comprimé de mifépristone (le premier des deux médicaments à ingérer pour interrompre la grossesse) ont aussi souffert davantage que celles qui en ont pris trois.

L'enquête montre enfin que les antalgiques ne les ont que "moyennement" soulagées. Très peu ont pris des antalgiques puissants, la plupart s'étant contentées de paracétamol ou d'anti-inflammatoires. "Il faudrait avoir des protocoles de prise en charge de la douleur beaucoup plus puissants", juge Mme Saurel-Cubizolles.

Le recours à l'IVG reste stable en France, avec environ 220.000 interventions réalisées en 2015.

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