Covid : deux ans après l'infection, un risque accru de séquelles psychiatriques

Epilepsie, démence, schizophrénie... Les risques de séquelles neurologiques et psychiatriques seraient augmentés dans les deux ans qui suivent une infection au Covid-19, d'après une étude du Lancet Psychiatry.

Dr Charlotte Tourmente
Dr Charlotte Tourmente
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Covid : deux ans après l'infection, un risque accru de séquelles psychiatriques
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Le Covid a-t-il un impact durable sur le cerveau ? Une nouvelle étude publiée dans le Lancet Psychiatry alerte sur une hausse du risque de séquelles neurologiques et psychiatriques après l'infection. 

Les chercheurs qui signent cette étude ont analysé les données électroniques de santé d'1,2 million de patients dans les deux ans suivant une infection au Covid-19. 14 diagnostics parmi les plus fréquents, tels que les démences, les déficits cognitifs et la schizophrénie, ont été passé au crible.
Ces données se situant entre début 2020 et avril 2022, l'étude concerne les premiers variants comme alpha, delta et omicron. 

Ils ont ensuite comparé les données à celles de patients ayant eu d'autres infections respiratoires durant la pandémie. Ces derniers constituent un groupe contrôle.

Des données rassurantes chez les enfants

Chez les enfants infectés par le Covid, d'abord, les chercheurs ont observé une augmentation du risque d'épilepsie et de troubles psychotiques à type de schizophrénie et d'hallucinations. Si le risque est multiplié par trois, il reste faible : 18 enfants sur 10 000 infectés au Covid, contre six dans le groupe contrôle. En revanche, les enfants n'ont pas développé de déficit cognitif. Une donnée très rassurante pour cette période d'apprentissage qu'est l'enfance.

Davantage de" brouillard cérébral", démence, épilepsie et psychose

Et chez les adultes ? Dans les six mois suivant un Covid, les patients ont aussi présenté davantage de troubles que ceux ayant souffert d'une autre infection respiratoire. Les auteurs montrent que le risque a augmenté en ce qui concerne les démences, les troubles psychotiques (schizophrénie, hallucinations), le déficit cognitif aussi appelé "brouillard cérébral" et l'épilepsie.

Par exemple, le risque de démence chez les plus de 65 ans était de 4,5 % chez ceux qui ont eu le Covid-19, tandis qu'il était de 3,3 % en cas d'autre infection respiratoire. Ceci pourrait s'expliquer à la fois par l'impact du virus sur le cerveau mais aussi par les bouleversements liés à la pandémie, confinement et climat très anxiogène en tête.

Pour finir par une bonne nouvelle, le risque d'anxiété et de troubles de l'humeur, la fréquence de ces troubles dans le groupe infecté est revenue à celle du groupe contrôle dans les deux ans.

Des résultats limités mais alarmants

La population étudiée n'est toutefois pas représentative de la population générale : seuls les patients symptomatiques, dont le diagnostic a été enregistré dans leur dossier médical, ont été inclus. Ce qui exclut tous ceux qui n'ont pas consulté un médecin ou pharmacien, du fait de symptômes légers ou absents.   

Ces résultats soulèvent la problématique des séquelles neurologiques et psychiatriques, dans un contexte d'accès aux soins plus compliqué dans ces deux domaines. Les auteurs soulignent la nécessité de mieux comprendre le phénomène et d'améliorer le diagnostic mais aussi la prise en charge de ces séquelles.

Covid : attention aux symptômes neurologiques  —  Le Magazine de la Santé