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Le blog du Dr Tourmente

Le blog du Dr Tourmente

Elles. Les prostituées et nous : à lire d'urgence

Rédigé le 26/06/2015 / 1

Dans son dernier livre Elles. Les prostituées et nous, Sophie Bouillon s'est plongée dans le monde de la prostitution et dresse avec empathie le portrait de plusieurs prostituées. A travers leurs mots et leurs histoires, elle leur donne la parole et fait état d'une situation inacceptable sur le plan humain. Ce livre pose des questions épineuses et tente de briser les stéréotypes que nous avons tous : vendre son corps est-il un métier comme les autres, que l'on choisit délibérément ? La prostitution est-elle un mal social inévitable ? Loin d'imposer des réponses complexes, l'auteur lance des pistes de réflexions à travers les différents témoignages. A lire d'urgence…

Dans l'inconscient collectif, les prostituées sont là pour éponger les pulsions sexuelles déplacées ou dépravées, pour en protéger nos sœurs, nos filles,  nos amies. Ces femmes sont là pour jouer les putains et nous éviter d'avoir à le faire… A nous, qui avons la chance de vivre dans un autre monde que le leur, un monde où nous avons le choix de notre partenaire.

Ce métier avilissant est très rarement choisi, ne nous leurrons pas. Qui accepterait volontairement de baiser 10 ou 20 fois par jour avec des hommes qui sont sales, parfois violents ou qui sentent mauvais, qui imposent leurs désirs et leurs jouissances sans les partager ? Les jeunes filles et femmes le subissent parce qu'elles n'ont aucun choix, alors elles gagnent tant bien que mal leur vie en assouvissant les fantasmes que les hommes n'osent pas proposer à leurs épouses respectées, en vendant leur corps à ceux dont nous ne voulons pas, en endurant les pénétrations répétées dans ce qu'une femme a de plus intime et précieux...

Alors oui, il y a peut-être 1 ou 2% des prostituées qui le font par choix et par plaisir mais le reste d'entres elles subit. Et l'une d'elles, aujourd'hui extirpée du monde de la prostitution, confie à Sophie Bouillon qu'à ce moment-là, elle se convainquait d'avoir choisi. Parce qu'elle ne connaissait rien d'autre, parce que c'était l'unique moyen de vivre avec cela d'une façon tolérable…

Ici le client est roi, l'argent aussi, conduisant à accepter du sexe non protégé et à prendre des risques pour payer le loyer. Qui sont ces clients ? D'après Maria et Laurie, la vingtaine, il s'agit d'hommes mariés qui ne trouvent pas ce dont ils ont envie chez eux, qui souffrent d'un trouble sexuel ou qui sont handicapés. Il y a parfois des beaux gosses qui n'ont pas envie de prendre le temps de séduire pour pouvoir coucher. Elles racontent qu'elles ne sont pas là uniquement pour leur donner du plaisir, elles sont là pour faire rêver leurs clients, leur faire croire qu'ils sont les meilleurs… Ces deux jeunes filles en seraient presque devenues compréhensives avec certains, les puceaux anxieux ou les hommes en mal d'amour : "ce sont eux qui ont un problème, pas nous".

Que deviennent les prostituées en vieillissant, lorsque le corps se défraîchit et n'offre plus la beauté éclatante de la jeunesse ? Elles baissent leurs tarifs, acceptent des prestations qu'elles avaient toujours refusées jusque là, elles font comme les autres, elles se bradent et mettent encore plus leur santé en danger.

Laurence, qui a réussi à changer de vie en devenant formatrice en ressources humaines en milieu pénitentiaire, témoigne devant les Sénateurs en mars 2014, elle veut  "transformer ses blessures en quelque chose d'utile". Alors elle raconte son histoire, elle explique aux députés les circonstances qui mènent à la prostitution : la maltraitance dans l'enfance, les abus sexuels, le manque d'amour… Puis la honte de son activité, l'alcool pour oublier, l'autodestruction,… Elle analyse aussi le seul moyen de tenir : s'anesthésier le corps et l'esprit. D'après elle, c'est une association qui l'a tirée hors de ce monde. En la lisant, je comprends que c'est surtout sa force de caractère, son courage et sa volonté de s'en sortir...

Ce livre met en colère, il bouleverse, il transforme notre indifférence confortable en impuissance douloureuse puis en volonté de changer les choses. Progressivement puisque "tout ne peut pas changer du jour au lendemain" pour reprendre les mots de Laurence… avec des lois, d'abord, pour mieux protéger les prostituées, et mais aussi en changeant notre regard sur les prostituées.

Elles. Les prostituées et nous, Sophie Bouillon, éditions Premier parallèle. 5,99€ ici en format numérique, version papier à 14€, disponible sur commande en librairie ou sur lalibrairie.com

PS : La responsabilité pénale des clients a été rétablie par les députés, la proposition loi renforçant la lutte contre la prostitution a été adoptée en deuxième lecture. Une loi que les intéressées désapprouvent puisqu'elle entrave leur gagne-pain et risque de précariser leur situation. Mais d'autres propositions intéressantes ont été proposées : l’accompagnement des associations, l’aide à l’insertion et les droits des prostituées étrangères.

L'été, la saison du désir ?

Rédigé le 19/06/2015 / 0

La peau qui se dénude, la chaleur qui invite à se laisser aller, les vacances qui incitent à l'oisiveté… Les ingrédients de l'été sont propices à la montée du désir. Mais qu'en disent les études scientifiques ?

D'emblée, les études portant sur le désir estival sont rares. Dans un article publié sur Allodocteurs en 2013, La libido dans les chaussettes en hiver, le Dr Buvat sexologue estimait qu'il y avait "très peu de données sur les variations saisonnières du désir". Hormis dans un cas bien particulier, la dépression saisonnière qui survient en hiver et est susceptible d'altérer le désir. Mais que se passe-il en été, saison chaude par excellence ?

La fréquence des rapports sexuels est plus élevée en été qu'en hiver, chez les femmes vivant dans un pays soumis à des variations majeures de luminosité. Certaines études ont montré que le taux de testostérone, influençant le désir, était le plus élevé en été ; toutefois les variations des taux seraient insuffisantes pour avoir un impact dans les pays où la luminosité est stable, d'après le Dr Buvat.

En 2013, dans une étude finlandaise intitulée Comment l'été affecte le désir sexuel ?, les auteurs concluent que l'humeur a une forte association avec le désir sexuel et ils reviennent sur l'impact de la fatigue et de la dépression sur la libido. Ils avancent la théorie qu'en ayant un retentissement sur l'énergie et le niveau d'alerte, la lumière du sommeil pourrait augmenter le désir sexuel.

L'été caliente

Rien de neuf sous le soleil scientifique en conclusion… Le soleil justement, qui met de bonne humeur, illumine les tenues légères des femmes et incite à une douceur de vie sensuelle. Oui, l'été, synonyme de vacances pour la plupart, offre une ambiance caliente propice à la détente, aux retrouvailles pour les couples et aux conquêtes pour les célibataires. Adieu stress professionnel, course effrénée et épuisement. Bonjour farniente, cocktails en bord de mer et siestes crapuleuses !

Le désir est le fruit de conditionnements multiples : la qualité de la relation, l'environnement familial et professionnel mais aussi l'envie d'avoir envie contribuent à l'épanouissement du désir ou à son étiolement. La connotation érotique de l'été, de sa chaleur indolente et des vacances oisives sont de véritables boosters, les sens sont aux aguets et l'envie de plaisir est décuplée. Alors que cela s'explique scientifiquement ou pas, laissez monter la température de votre désir cet été…

Retrouvez en juillet quelques idées légères et coquines pour pimenter pour votre libido !

Apprenez la bienveillance envers vous-même

Rédigé le 12/06/2015 / 0

Bienveillance : disposition d'esprit inclinant à la compréhension et à l'indulgence… La bienveillance est une générosité d'âme dont nous faisons rarement preuve envers nous-mêmes et c'est le thème du dernier livre de Christophe Carré qui propose un manuel de douceur pour nous.

Les gens manquent souvent de bienveillance envers eux-mêmes et ne le remarquent même plus tellement les pensées et comportements toxiques et nocives sont devenus automatiques. Exigence excessive, mauvaise image de soi-même,  regrets ou ressentiments, contrôle permanent, incapacité à exprimer ses besoins ou à les écouter, ce ne sont quelques-unes des causes de la violence intérieure qu'ils s'infligent. Christophe Carré propose dans son livre, La bienveillance envers soi-même, de guider vers plus d'harmonie, plus de douceur envers vous-mêmes, de manière à améliorer ses relations avec les autres. Il lance différentes pistes de réflexion et propose d'approfondir celle qui vous "parle" le plus.

Comprenez qui vous êtes

C'est la première étape : en réfléchissant sur vous, en vous confrontant au passé, à vos expériences, à vos sensations,…  mais aussi en réfléchissant à ce que les autres ont fait de vous, à ce qu'ils attendent de vous, à ce que vous subissez pour être fidèle à l'image de vous qu'ils attendent. "Connais-toi toi-même"… Ce précepte qui était gravé sur le fronton du temple de Delphes est la base : qui êtes-vous ? Quels sont vos besoins ? Vos désirs et vos rêves ? Quels sont vos échecs, vos frustrations, vos regrets ?

Soyez doux avec vous-même

Le psychologue propose d'agir plutôt que de subir, de faire preuve de souplesse, d'aimer le changement et de s'y adapter mais d'accepter aussi ce qui ne peut être changé… Il conseille d'arrêter de se juger, de se comparer aux autres : on ne peut pas plaire à tout le monde alors où est le problème ? L'une des clés du bonheur est sans doute d'apprendre à vivre au présent, sans craindre le futur ni ressasser le passé. Une autre est de savoir s'occuper un peu de soi-même, de se consacrer du temps et de l'attention…

Réconciliez-vous avec vos émotions…

Certains les étouffent tandis que d'autres se laissent mener par le bout du nez par elles. Les émotions ne sont pas dans la mesure et il est parfois compliqué de trouver un juste milieu ! Qu'elles soient négatives ou positives, elles ont toutes une utilité et indiquent si un besoin est satisfait ou pas. Christophe Carré  conseille donc d'en tenir compte, de les écouter, sans réagir pour autant sous le coup d'une émotion…

Changez en profondeur…

Etriqué dans votre travail, votre vie personnelle, vous avez tendance à vous dire : "c'est ma nature, je ne peux pas changer". Quel fatalisme… Identifiez vos besoins et vos désirs, et soyez libre, libérez-vous des habitudes et automatismes qui vous enferment. En un mot, vivez ! Si vous voulez vraiment changer, c'est en profondeur qu'il faut agir, en comprenant la façon dont vous fonctionnez et faites vos choix. Alors il ne s'agit pas de changer radicalement du jour au lendemain car vous aurez vite fait de retomber dans vos vieux schémas en renforçant les résistances, mais le psychologue conseille "la politique des petits pas", des petits changements qui en appelleront de plus importants…

Choisissez d'être heureux !

Modifiez votre regard sur le monde en voyant les côtés positifs plutôt que les négatifs ; engagez-vous dans de nouveaux projets ; adoptez de nouveaux comportements (faire 30 mn de marche par jour par exemple ou assister à ce cours de poterie dont vous avez toujours rêvé !) ; multipliez les petits plaisirs, savourez-les, variez-les ; cultivez l'humour et ne vous prenez pas au sérieux.

Montherlant écrivait : la vie est une chose délicieuse aussitôt qu'on décide de ne plus la prendre au sérieux. Il avait bien raison, riez de la vie !

Bienveillant avec soi-même, Christope Carré, éditions Eyrolles, 18€

Semaine du diabète : le point sur les troubles sexuels

Rédigé le 05/06/2015 / 0

C'est la semaine du diabète du 6 au 13 juin et l'occasion de parler de son éventuel retentissement sur la sexualité. Trouble de l'érection, éjaculation rétrograde, baisse de la libido ou encore sécheresse vaginale et infections peuvent perturber la vie sexuelle des personnes diabétiques, qui n'osent pas toujours en parler avec leur médecin. Or il existe des traitements pour retrouver une sexualité épanouie...

Précisons d'emblée que ces troubles sont loin d'être systématiques pour ne pas stresser les personnes diabétiques dont la vie sexuelle se porte bien ! Mais des complications sexuelles peuvent émailler l'évolution de la maladie et en parler tôt avec son médecin permettra à celui-ci de proposer un traitement.

Honneur aux dames

Les femmes sont plus exposées aux mycoses vaginales et aux infections, qui rendent les rapports douloureux. Un diagnostic précis amène à un traitement : des antifongiques (qui s'attaquent aux champignons responsables des mycoses) sont prescrits en ovule à insérer dans le vagin et/ou en crème à appliquer sur la vulve.

La sécheresse vaginale est également un problème : le diabète risque d'altérer les nerfs responsables de la lubrification, le phénomène qui "hydrate" le vagin. Résultat, la sécheresse rend la pénétration douloureuse et pousse parfois les femmes à abandonner la sexualité. Un traitement efficace peut pourtant être proposé aux femmes motivées, à l'aide d'ovules et de crèmes à appliquer plusieurs fois par semaine.

Les difficultés à atteindre l'orgasme ne sont pas rares. Quand il s'explique par des rapports douloureux, rendant le lâcher-prise impossible, il faut traiter la cause (infections, sécheresse), mais si il est lié à une atteinte des nerfs responsables de la sensibilité, au niveau du clitoris notamment, nous ne disposons pas de remède miracle pour le moment. Bien traiter son diabète pour garder une glycémie équilibrée est  le meilleur moyen de tenir à distance ce trouble.

Du côté des hommes

L'érection peut pâtir du diabète par atteinte des nerfs ou des vaisseaux qui entrent en jeu dans le mécanisme érectile. D'après l'association française du diabète, sur les 10 à 15% d'hommes souffrant de dysfonction érectile, 30 à 50% sont diabétiques. Et la fréquence de ce trouble augmente avec l'âge, la durée du diabète et un mauvais équilibre de la glycémie. Des traitements par comprimés, comme le Viagra et assimilés, ou des injections dans les corps caverneux remédient aux érections déficientes.

L'éjaculation se fait parfois en direction de la vessie, c'est ce que l'on appelle une éjaculation rétrograde. Elle ne dispose hélas pas de traitement.

La prostate s'infecte parfois et cette prostatite se manifeste par des symptômes urinaires, tels que les brûlures, les difficultés à uriner, ainsi qu'une pesanteur pelvienne. Lorsqu'elle devient chronique, des douleurs au moment de l'éjaculation sont possibles en plus des symptômes précédents.  Un traitement par antibiotique, adapté au germe en cause, solutionne la prostatite.

La baisse de libido dans les 2 sexes

Hommes comme femmes peuvent également souffrir d'une baisse de libido. Une maladie chronique a un retentissement psychologique, elle altère la confiance en soi, entraîne parfois une dépression.

Autre paramètre ayant un retentissement sur l'estime de soi : la prise de poids parfois entraînée par l'insuline, qui rend moins à l'aise dans son corps et moins confiant dans sa capacité de séduction. En cas de déprime ou de dépression, il ne faut pas hésiter à consulter un psychologue.

Un réflexe : consulter !

Devant un trouble sexuel, un seul réflexe : en parler à son médecin (diabétologue, généraliste, sexologue), qui prescrira un traitement.

En plus de l'observance stricte du traitement, la pratique régulière d'un sport, une alimentation équilibrée, le maintien d'un poids de forme et l'arrêt du tabagisme sont des mesures primordiales. Avec un objectif : maintenir la glycémie dans la norme et prévenir l'apparition de troubles liés au diabète.