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Le blog du Dr Tourmente

Le blog du Dr Tourmente

Cinq idées reçues sur la sexualité des hommes

Rédigé le 31/07/2015 / 0

Après les idées reçues sur la sexualité des femmes, voici quelques préjugés à propos de la sexualité des hommes. Les hommes ne pensent qu'à ça, ils sont volages, ils aiment tous les gros seins, les mots crus ou la fellation… Encore une fois, il s'avère que les généralités ont bon dos ! Décryptage.

  • Les hommes ne pensent qu'à ça

Faux.

Attention cliché ! Non, les hommes ne sont pas gouvernés par leur pénis ou en tout cas pas seulement… Il est impossible de nier que si l'on reste sur le plan des hormones, la testostérone, responsable du désir, est produite de façon linéaire tout au long du mois (contrairement aux oestrogènes majoritairement responsables du désir féminin, sécrétés avec des pics). Mais les hormones sont loin de tout contrôler : l'éducation, la société, le stress, la fatigue, certaines maladies,… de nombreux facteurs interviennent dans le désir. Les différences entre les deux sexes tendent à s'atténuer : la sexualité des femmes deviendrait presque masculine…  Et certaines femmes ont des désirs beaucoup plus importants que certains hommes.

Une étude abondamment relayée par les médias avait estimé que les hommes pensaient 19 fois par jour au sexe alors que les femmes avaient des pensées sexuelles 10 fois. Précision importante : ils pensaient davantage que ces dames au fait de manger ou de dormir ! Hommes et femmes sont des êtres sexués et il paraît tout à fait normal qu'ils pensent au sexe les uns comme les autres.

De plus, il y a une grande variabilité entre les hommes : certains se retournent sur une jolie femme tandis que d'autres ne la remarquent pas ; certains trompent leur femme alors que d'autres sont toujours fidèles ; certains ont une libido galopante pendant que d'autres se contentent d'un rapport de temps en temps. Prenons chaque personne dans son unicité, avec ses particularités et gardons-nous de toujours vouloir ranger hommes et femmes dans des cases !

  • Les hommes sont volages

Faux !

Un préjugé qui découle directement de l'idée reçue précédente… Animés par des pulsions sexuelles impossibles à réprimer, les hommes papillonneraient d'une femme à l'autre pour assouvir leurs désirs. Or la réponse semble évidente : cela dépend des hommes !

Depuis toujours, certains ont besoin d'aller voir à droite à gauche, de multiplier les conquêtes à l'instar de Don Juan, de se rassurer sur leur virilité et leur pouvoir de séduction. Il y a même une forme de pression sociale, la société faisant preuve d'une indulgence étonnante devant les incartades masculines en comparaison aux infidélités féminines… Les personnes en couple peuvent être volages parce que leur couple ne comble pas tous leurs besoins (sexuels, émotionnels, intellectuels), à cause d'un conflit conjugal ou par envie de la nouveauté. D'autres se nourrissent de la séduction, des frissons de la découverte d'une autre femme et ont, par nature, un tempérament infidèle.

Mais gare aux généralisations, tous les hommes ne se retrouvent pas dans le donjuanisme : certains se satisfont sans frustration d'une seule femme ! La fidélité reste pour la majorité des couples une pierre d'achoppement et cette exclusivité est une preuve d'amour et de respect.

Nota bene : l'infidélité n'est pas l'apanage des hommes mais les femmes ne sont pas le sujet de cet article…

  • Les hommes aiment tous les gros seins

Ah le fantasme des poitrines épanouies, emblème de la féminité… Cette fascination est bien réelle, mais pour une partie de la gent masculine seulement.

Le sein renvoie à l'enfance où la mère comble nos besoins de façon quasi-immédiate, à la nécessité de sécurité. Il y a un côté animal dans le sein imposant, que va téter le petit instinctivement : la mamelle délivre le précieux lait, chaud et réconfortant, comblant les besoins physiques. En grandissant, l'homme reste fasciné par ces organes qui lui ont apporté tant de plaisir : il transpose les besoins alimentaires aux besoins sexuels mais la fonction de plaisir reste intacte.

Sur un plan hormonal, la clé se nomme ocytocine, hormone produite aussi bien au cours de l'allaitement qu'au cours des rapports sexuels. La mère en produit car elle favorise l'éjection de lait et l'attachement entre la maman et son bébé. Mais l'ocytocine est aussi sécrétée par deux amoureux, quand ils sont ensemble, se prennent par la main ou se caressent la cuisse. Elle fait aussi partie du détonnant cocktail d'hormones sécrétées durant l'orgasme !

Pour les psys, l'homme n'est pas seulement un animal, il est doué de conscience et d'inconscient et l'histoire personnelle peut intervenir  dans l'attrait pour les seins : si sa mère a été envahissante, une forte poitrine sera vécue comme étouffante, agressive et le partenaire masculin pourra être beaucoup plus attiré par les femmes à petites poitrines.

Certains hommes associent les petits seins à l'élégance tandis que d'autres considérent les plus gros comme le symbole d'une meilleure fertilité et une meilleure capacité à nourrir la progéniture.

Autre argument, à l'inverse du sexe féminin, caché dans ses profondeurs, les seins sont affichés, visibles, moins mystérieux et donc plus rassurants aux yeux des hommes . De quoi leur donner un pouvoir d'attraction phénoménal, quelle que soit leur taille !

  • Les hommes aiment tous les fellations

Faux.

C'est indéniable, la fellation a de nombreux atouts pour elle : la muqueuse buccale reproduit la muqueuse vaginale, le gland du pénis est stimulé par la langue qui peut aller titiller la zone très sensible qu'est le frein (la partie qui relie le prépuce au pénis) ou la couronne, qui sépare le gland du reste du pénis. Sans compter que la femme consacre toute son attention au sexe de l'homme. Que demander de plus ?

Eh bien pourtant, tous les hommes n'aiment pas cette pratique : ils estiment parfois que cela met la femme dans une position soumise, voire dégradante (largement véhiculée par la pornographie  et que beaucoup trouvent au contraire particulièrement excitante). Certains pensent inconsciemment que leur sperme est sale et ils ne l'imposent pas à leur amante.

Autre raison : cette pratique expose le pénis à la vue, contrairement à la pénétration. Ceux qui complexent sur sa taille ne souhaitent surtout pas le mettre à la merci d'un regard.

Enfin, pour les psys, la peur de la castration explique parfois ce rejet de la fellation : elle les empêche de s'abandonner aux caresses buccales par peur que les dents de leur maîtresse se referment sur leur sexe… ?

  • Tous les hommes aiment les mots crus

Faux.

Pour ceux qui les apprécient, les mots crus sont excitants, stimulants, transgressifs ; ils ajoutent une énergie agressive, qui est retrouvée dans l'acte de pénétration, aussi bien de celui qui prend que de celle qui reçoit. Les mots crus, souvent entendus dans la pornographie, nourrissent les fantasmes et transforment la femme en maîtresse subversive.

Doit-elle forcément être érotisée en cliché pornographique pour que le plaisir soit là ? Certains sont bloqués par ce mode d'expression qu'ils jugent vulgaire, notamment lorsqu'il vient de l'épouse sacrée, de la madone respectée. D'autres n'en voient tout simplement pas l'intérêt préférant le langage des corps.

Attention à ne pas heurter la sensibilité de son ou sa partenaire, qui peut être freiné(e) dans son plaisir en se sentant rabaissé(e) à une image dégradante.

En sexualité, la suggestion est toujours préférable au fait d'imposer…

Bonus : les hommes ne simulent pas dans cet article.

Cinq idées reçues sur la sexualité des femmes

Rédigé le 24/07/2015 / 0

En complément de la série sexo à propos des idées reçues sur le désir, l'érection, le clitoris,…  je vous propose une série plus "psycho-sexo" à propos des ides reçues sur la femme, l'homme, le couple. Alors, en terme de psychologie sexuelle, les femmes viennent-elles toujours de Vénus et les hommes de Mars ? Honneur aux dames cette semaine !

  • On ne couche pas le premier soir

D'où vient cette injonction qui veut qu'une femme couchant le premier soir, est une fille facile ? Sans doute de l'idée reçue qu'une vraie dame maîtrise ses pulsions, ne cède pas immédiatement au désir masculin ni à ses propres impulsions sexuelles. Cela signifie qu'elle n'est pas esclave de son corps et qu'elle attend des sentiments considérés comme honorables. Mais nous ne sommes plus au 19ème siècle, objecteront celles qui couchent rapidement… et force est de reconnaître que la sexualité féminine se rapproche de son pendant masculin : certaines femmes succombent à leurs désirs, sans scrupule et en assumant une sexualité libérée et moderne. Elles gardent parfois une pointe de culpabilité (on ne se libère pas ainsi du joug d'une société judéo-chrétienne dominée par les hommes), ou craignent d'être mal jugée et assimilée à un objet sexuel. Oui, le syndrome de la madone et de la putain a encore de beaux jours devant lui…

Alors quelle est la juste place entre la femme honorable, qui laisse aux sentiments le temps d'éclore mais est parfois jugée coincée, et celle qui écoute ses instincts, suit ses pulsions sexuelles quitte à être jugée trop vite par son partenaire ?

Il n'y a pas de réponse universelle, ce serait trop simple. Mais peut-être qu'à partir du moment où la confiance et le respect sont présents dans la relation, suivre ses envies, qu'elles soient sexuelles ou émotionnelles, immédiates ou plus lentes, est le meilleur moyen d'assumer sa décision sans avoir trop d'états d'âme.

  • Les femmes font l'amour par amour

C'est la suite de l'idée préconçue numéro 1.

Le désir féminin a longtemps fait peur et continue dans cette lignée, sans doute parce qu'il renvoie à la crainte séculaire de l'infidélité et d'un batard illégitime qui ne perpétuerait pas la lignée du seigneur. L'amour est noble, la sexualité est sale, un constat binaire quelque peu simpliste…

Certes, la sexualité est un moyen d'exprimer son amour mais elle n'est pas que cela : c'est un vecteur de plaisir, d'instinct animal, parfois de tendresse et de partage avec un autre être humain. C'est un besoin naturel et humain.

Pourquoi la femme devrait-elle s'offrir par amour uniquement tandis que l'homme qui suit ses désirs est un homme viril, que la société ne juge pas, ou en tout cas pas aussi mal qu'une femme dans la même situation ? A l'heure de la parité, celle-ci s'invite aussi dans le lit… et les femmes revendiquent les mêmes droits que les hommes. Dans l'imaginaire idéal dont nous avons hérité, sexualité et sentiments sont associés mais dans un monde réel, faut-il forcément aimer pour faire l'amour ? Ou désirer pour aimer ? A chacun de trouver la réponse qui lui convient et l'épanouit.

  • Les femmes n'aiment pas les films porno

Ces films choqueraient leur pudeur : ces films, mis en scène par des hommes, montrent le sexe féminin dans toute sa crudité, en gros plan et dans la lumière alors que les femmes imaginent souvent leur sexe creux, vides, mystérieux. Ils en agacent certaines parce qu'ils montrent une image dégradante et loin de la réalité de la femme, présentée comme une maîtresse qui hurle de plaisir dès que l'homme la touche.

Et pourtant, les femmes regardent de plus en plus des films pornographiques, soit en couple, à la demande de leur partenaire souvent mais pas seulement, soit seule pour se détendre et avoir un support visuel à la masturbation. Dans ces cas-là, il s'agit plutôt de jeunes femmes. En se mettant à la place de l'acteur dominant ou de l'actrice dominée, elles y trouvent les fantasmes de domination, de soumission, de voyeurisme ou d'exhibitionnisme nécessaires à leur excitation et la violence constatée dans les scenarios reflètent pour certains psys la violence de leur désir.

  • Les femmes doivent se masturber pour apprendre à connaître leur corps

On lit cette phrase partout mais faut-il absolument se masturber pour avoir une vie sexuelle heureuse ? La masturbation offre une indépendance sexuelle : il est possible de satisfaire sa pulsion sexuelle immédiatement, seule et de façon autonome. A l'heure où les femmes sont indépendantes financièrement, elles se libèrent également du besoin d'un homme pour les faire jouir et peuvent combler immédiatement un besoin impérieux. La connaissance de son corps lui permet également de montrer à son nouvel amant un moyen efficace de lui donner du plaisir.

Mais certaines femmes adorent les caresses de leurs amants et sont très épanouies sexuellement alors qu'elles ne se sont jamais masturbées. Et c'est leur droit le plus respectable… Ne pas satisfaire leur pulsion leur fait peut-être attendre avec plus d'excitation leur prochain rapport ? La sexualité est aussi une découverte à deux, rappelez-vous les émois de vos premiers ébats, la découverte du corps de l'autre, l'apprentissage sexuel. Il y a aussi un jeu érotique à apprendre le corps de son amant, de sa maîtresse, à découvrir les ressorts du plaisir, loin de l'efficacité et du culte de l'orgasme.

Et s'il y a une difficulté à atteindre l'orgasme ou une méconnaissance de son corps, doit-on forcément conseiller la masturbation ? Son apprentissage peut évidemment leur donner certaines clés, une meilleure connaissance d'elle-même et une plus grande confiance en elles mais il me semble réducteur de tout axer sur la masturbation qui est un outil primordial mais pas une solution en soi : la jouissance à deux n'est pas la même que la jouissance seule, elle demande un abandon tellement plus grand et son impossibilité ne sera pas uniquement résolu par la masturbation.

  • Le plaisir des femmes dépend de la taille du pénis

Oui et non…

Faisons un peu de mathématiques pour commencer, le vagin a une profondeur de 8-9 cm au repos, extensible à 11 ou plus lors des rapports. En moyenne, un pénis en érection mesure 13 cm. Il est donc rare que le pénis soit trop petit, mais soyons honnêtes, cela peut arriver ; certaines femmes ont besoin qu'ils touchent le fond du vagin pour avoir un plaisir maximal donc si le pénis n'en est pas capable, elles peuvent être frustrées. A l'inverse, elles sont nombreuses à redouter un sexe trop grand de peur d'avoir mal durant la pénétration.

Autre facteur anatomique qui entre en compte : les muscles du périnée… S'ils sont distendus, la femme ne peut pas les contracter autour du pénis et elle le sent moins (point positif : une rééducation périnéale efficace remédiera au problème).

De plus, la femme surinvestit parfois la taille du pénis car elle imagine son vagin vide et immense… La largeur du pénis entre également en compte puisque les pressions et les frottements contre les parois vaginales jouent un rôle. Et certaines femmes se sentent ainsi "remplies" par le sexe de leur amant.

Qui qu'il en soit, les sources de plaisir féminin étant variés, il est toujours possible pour l'homme pourvu d'un petit pénis de stimuler adroitement le clitoris ou le point G situé à 4 centimètres environs de l'entrée du vagin et de donner un orgasme à sa partenaire.

 

 

 

 

 

 

Voyager avec une maladie chronique

Rédigé le 16/07/2015 / 0

La maladie n'empêche pas le voyage ! Simplement, elle nécessite de préparer davantage son périple afin de ne prendre aucun risque et d'en profiter  en toute sérénité.

C'est une lapalissade mais ne partez que si votre maladie est stabilisée et si vous vous sentez suffisamment en forme pour voyager.

Faites une liste de tout ce à quoi vous devez penser (vaccins, médicaments, ordonnance, tout ce qui est nécessaire à votre confort…) pour éviter les oublis de dernière minute. Les plus prévoyants la garderont d'une année sur l'autre et l'enrichiront de leurs expériences… Partez avec les coordonnées de vos médecins (noms, numéros de téléphone, emails, lieu d'exercice), les coordonnées de la compagnie d'assistance et la référence de votre contrat d'assurance (à savoir, il est possible de joindre un médecin régulateur qui peut vous conseiller sur la conduite à tenir en cas de problème).

Prévoyez une trousse à pharmacie de voyage basique, vous n'êtes pas à l'abri d'une turista ou d'une piqûre ! Et n'oubliez pas crèmes solaires, lunette de soleil et chapeau, protection contre les moustiques, brumisateur pour vous rafraîchir…

Médicaments et vaccins

Demandez à votre médecin de rédiger un compte-rendu, si possible en anglais, de vos antécédents et de la maladie dont vous souffrez.

Si vous prenez des médicaments, consultez votre médecin pour avoir des ordonnances à jour, sur laquelle le nom de la molécule (la dénomination commune internationale) est noté si vous voyagez hors de France. Vous devez voyager avec 2 jeux de médicaments : l'un dans votre sac à main, avec l'ordonnance en cas de contrôle à l'aéroport, l'autre dans votre valise, avec une photocopie de l'ordonnance.

Si vous partez à l'étranger, renseignez-vous sur les vaccins nécessaires selon votre destination et n'oubliez pas qu'un certain temps est nécessaire avant qu'ils soient efficaces ! Emportez votre carnet de vaccination avec vous.

Voyager avec un handicap

En cas de handicap, il existe des services d'aide à la SNCF ; Access plus propose différentes options : une assistance en gare, un service d'accompagnement avec les Compagnons du voyage, un service domicile-train (où vous êtes pris en charge de votre domicile jusqu'à votre place, ou de votre place jusqu'à votre lieu de résidence. Un devis peut être réalisé avant).

Autre possibilité pour les bagages : la SNCF vient les chercher à domicile et les livrent à l'endroit choisi (coût : 38€ le premier bagage, 20€ les suivants).

Sur le même principe, les compagnies aériennes proposent une assistance à l'aéroport, un coupe-fil pour l'enregistrement, un embarquement prioritaire et une aide pour la sortie de l'avion (qui se fera au calme, une fois les autres passagers débarqués).

N'oubliez pas d'informer au moins 48 heures à l'avance la SNFC ou la compagnie (mieux vaut se renseigner au moment de la réservation des billets sur le délai nécessaire pour organiser le trajet dans les meilleures conditions).

Pour en savoir plus, retrouvez le dossier très détaillé du Guide du routard.

Des guides et des sites dédiés à l'accessibilité en cas de handicap existent : par exemple,  Le guide accessible ou Handivers horzions.

Une fois sur place…

Renseignez-vous sur l'environnement médical : sachez où vous rendre en cas de problème médical (en France, c'est facile avec les hôpitaux, à l'étranger l'ambassade peut vous renseigner sur les cliniques fiables, où l'on parle français, si vous ne parlez pas anglais ou la langue du pays).

En dépit de toutes les tentations que suscite la découverte d'un nouvel environnement ou d'un pays inconnu, le b.a.ba d'un voyage réussi est de vous écouter et de respecter vos limites : faites-vous plaisir bien sûr mais sans vous mettre en danger ; prévoyez des plages de repos régulières et respectez votre rythme, c'est le meilleur moyen de profiter pleinement de vos vacances.

Bon voyage !

Le yorgasme à la mode cet été…

Rédigé le 09/07/2015 / 0

La sexualité est affaire de mode… Après le coregasm l'été dernier, c'est désormais le yorgasm qui a le vent en poupe. Késako ? Un anglicisme issu de la contraction de yoga et orgasme. Alors, le yoga pour grimper aux rideaux est-il une promesse crédible ?

La posture du chat ou de l'aigle pour atteindre le 7ème ciel, c'est la dernière mode en provenance de Buenos Aires, capitale caliente s'il y en est… La technique aurait été développée par des coachs sportifs, des sexologues ainsi que des acteurs porno et porte le nom de sexercices. La marque de lubrifiant argentine qui la sponsorise est allée jusqu'à lancer une chaîne youtube pour promulguer ses vidéos à mi-chemin entre "Véronique et Davina" et la parodie de film érotique : une jolie blonde ondule et frétille en murmurant lascivement uno-dos-tres au rythme des exercices et des contractions de son périnée. Moi, ça m'a valu un bon éclat de rire tellement elle est ridicule mais je vous laisse seul(e) juge avec cette vidéo publiée dans un article de Paulette magazine…

Du coup, j'ai jeté un œil sur Internet et j'ai découvert que des applications et plusieurs sites chantaient les louanges du yoga sur la sexualité aussi bien masculine (améliorer la souplesse du bassin, tenir son érection plus longtemps) que féminine (augmentation du désir, renforcement du périnée, amélioration de la lubrification).

Quels effets réels a le yoga ?

Le yoga a de nombreuses vertus : développer la souplesse, améliorer sa musculature, travailler sur la respiration, harmoniser corps et esprit. Il apprend à prendre conscience de son corps, à contracter et relâcher en conscience les différents muscles, y compris ceux du périnée dont les contractions jouent un rôle-clé dans l'orgasme. De plus, il offre une meilleure gestion du stress nocif sur la sexualité, et enseigne le lâcher-prise indispensable à l'orgasme… Ces dernières propriétés peuvent éventuellement être intéressantes sur le plan sexuel.

Certains, rares il faut l'avouer, parviennent à l'orgasme par la simple contraction de leur périnée, sans stimulation des organes génitaux. Il est donc possible, en théorie d'avoir un orgasme ainsi, mais avec ou sans yoga... Et soyons claire : chez la grande majorité des gens, les contractions du périnée et le yoga devraient être pratiqués intensément pour en percevoir un bénéfice sur leur orgasme !

A l'opposé de la philosophie du yoga…

Ce qui est le plus dérangeant dans cette mode, c'est cette injonction d'orgasme à travers le yoga, qui est totalement opposée à l'esprit du yogi : la performance n'est jamais recherchée et là on baigne dans la performance sexuelle... La pratique ancestrale qu'est le yoga est une école de l'humilité, où l'on respecte sa forme du jour et les limites de son corps, où l'on s'occupe de soi globalement, en prenant soin de son organisme et de son esprit.

Alors, en cas de trouble sexuel, le yoga peut éventuellement être utile en complément d'une thérapie sexuelle, pour apprendre à se détendre et prendre conscience de son corps (pas pour muscler de façon intensive et impérieuse son périnée !)… Mais faire des du yoga uniquement pour ses bienfaits sexuels, semble très paradoxal et peu réaliste : faites-en parce que ça vous plaît et faites l'amour en plus !