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Idées reçues sur le sport

Idées reçues sur le sport

Cœur : le repos du guerrier

Rédigé le 31/10/2015 / 0

Petit mais costaud

Le cœur ou myocarde est un muscle à part. Il est petit et compact, pèse environ 230 g chez la femme et 280 g chez l’homme. Il est capable de faire des prouesses insoupçonnées. Pensez donc : si on considère que le cœur bat à 70 battements par minute, cela donne environ 100 000 battements par jours, 35 millions de fois par an. A 80 ans, il a brassé environ 400 millions de litre de sang et s’est contracté près de 3 milliards de fois. Un travail phénoménal ! Et si l’on fait un exercice physique régulier, toutes ces valeurs sont à revoir à la hausse.

Autonome et fier de l’être

Il fait tout ça sans nous demander notre avis. En effet, nous n’avons pas besoin de réfléchir pour le contracter. Il le fait tout seul et s’adapte en permanence, avec pour objectif de faire en sorte que toutes les régions du corps qui ont besoin de sang puissent en recevoir en fonction des contraintes imposées. Par exemple, le débit de sang circulant lors d’un effort maximal peut être multiplié par 5, passant de 5 litres brassés par minute à 25 litres circulant par minute.

Comment cela est-il possible ? Contrairement à nos muscles dits « volontaires » (ceux qui font bouger notre squelette et sont responsables de nos mouvements), le myocarde possède son propre donneur de rythme (ou « pacemaker »). C’est un groupe de cellules nerveuses qui est capable de s’activer de façon autonome et cyclique.

Aussi, sans aucune influence extérieure, le cœur bat spontanément à 70-80 pulsations par minute.  Nous reviendrons sur cette fourchette de valeurs quand nous parlerons de la prévention cardiaque.

La capacité d’adaptation de notre cœur est lié au fait que notre cœur est soumis en permanence à deux influences aux effets diamétralement opposés. Un peu comme une voiture automatique, nous avons deux pédales avec lesquelles nous pouvons jouer : l’accélérateur et le frein. Ces deux pédales sont en fait deux sous-systèmes nerveux de ce que l’on appelle le système neurovégétatif ou autonome : respectivement, ce sont le système nerveux orthosympathique et le système nerveux parasympathique. Encore une fois, pas besoin de réfléchir pour qu’ils se mettent en action. Par contre, une petite contrariété, un bruit violent, un bon massage, une boisson chaude, un café, un repas un peu lourd, une séance de sauna, etc., sont autant de facteurs extérieurs qui peuvent faire varier notre FCR vers le haut ou vers le bas via ces deux systèmes neurovégétatifs.

Autre influence déroutante pour certaines personnes : un sprinter de 100 m va voir sa FCR augmenter avant le départ. Pourquoi ? Tout simplement parce que notre cerveau anticipe l’effort à venir et envoie une information vers le système neurovégétatif qui va augmenter son activation et faire en sorte d’anticiper l’intensité de l’exercice qu’il va falloir produire en un temps très bref.

Double effet Kiss Cool

La pratique régulière de l’activité physique, quel que soit le niveau, peut faire baisser progressivement la fréquence cardiaque de repos (FCR). Cette baisse permet d’obtenir deux bénéfices que démontre la mesure régulière de la FC durant l’exercice :

1°) La capacité fonctionnelle du cœur augmente. On peut l’évaluer en calculant ce que l’on appelle la réserve cardiaque maximale, c’est-à-dire la fréquence cardiaque (FC) enregistrée lors d’un effort maximale à laquelle on soustrait la FCR. Cela implique que la marge de sécurité de la personne durant un effort va augmenter. Par exemple, si une personne à une fréquence cardiaque maximale de 180 bpm et une FCR de 70, sa capacité fonctionnelle est de 180 – 60 = 120 bpm. Si ,après trois mois  d’entraînement, la FCR de cette personne passe à 60, sa capacité fonctionnelle est de 180 – 50 = 130 bpm. Cela donne une marge de sécurité de 10 battements supplémentaires pour faire face à un exercice physique.

2°) Le cœur devient efficient. Cela peut se voir sur le terrain de 2 façons :

  • Pour une même intensité de travail, le cœur bat moins vite. Par exemple, on constate après entraînement que la FC d’une personne est plus basse pour une même vitesse de pédalage ou de course.
  • Pour une FC donnée, la personne peut aller plus vite. Par exemple, une personne réussit à courir à une vitesse de 12 km/h à une FC de 160 bpm après un entraînement alors qu’elle ne dépassait pas les 10 km/h.

Simple comme une mesure

Comment la mesurer ?

La fréquence cardiaque est le paramètre cardiovasculaire le plus facile à mesurer. Il suffit par exemple de prendre son pouls au niveau de l'artère carotide (cou) ou radiale (poignet).

Mieux, il est possible aujourd’hui d’avoir cette valeur de façon quasi instantanée avec les cardiofréquencemètres. Ce sont ces petits appareils composés d’un capteur (le plus souvent une ceinture que l’on attache au niveau du thorax et d’un récepteur (montre ou autre). Les plus performants permettent de mesurer la FC battement par battement comme on le fait avec un électrocardiogramme chez le médecin.

Vraiment au repos ?

Qu’entend-on par « repos » quand on parle de FC de repos ? Généralement, il s’agit de l’état où l’on est lorsque l’on s’est allongé pendant une minute au moins dans un endroit calme, sans trop de bruit, ni de passage. Ce n’est pas donc forcément celle du repos, le matin au réveil, à laquelle on pense toujours malgré l’influence négative de la sonnerie du réveil.

Surveiller la bête

Lorsque l’on mesure la fréquence cardiaque (FC) au repos, on estime qu’un individu sédentaire ne devrait pas dépasser cette fourchette de 70-80 bpm. Par contre, au repos, il arrive que le cœur batte moins vite, surtout si la personne s’exercice physiquement de façon régulière.

CITER ICI ARTICLE DU MEDECIN CONCERNANT PREVENTION ET FC DE REPOS avec la valeur de référence 70 bpm…

Une nouvelle variable

Reste à parler d’un paramètre particulier : il est possible aujourd’hui de mesurer ce que l’on appelle la variabilité de la fréquence cardiaque. Apparue dans le domaine médical dans les années 40 et les années 60 pour l’exercice physique, elle a été démocratisée grâce à la miniaturisation du matériel de mesure que sont les cardiofréquencemètres.

Il s’agit d’une mesure permettant de rendre compte d’une chose tout à fait naturelle : notre cœur n’est pas un métronome. Il est, nous l’avons dit plus haut, soumis à d’une double influence nerveuse, sans parler des facteurs externes. Ainsi, deux battements de cœur ne sont pas toujours séparés par la même durée (exprimées en millisecondes, ms). Il existe une certaine variabilité entre les battements qui reflète l’influence du système nerveux autonome sur le cœur : soit une dominante du orthosympathique, soit une dominante du système parasympathique.

On peut ainsi vérifier l’impact d’une séance, faire un suivi individuel pour voir comment le corps réagit à un programme d’entraînement, vérifier si la récupération est bien gérée lors d’une saison. Il a été démontré également que le niveau de condition physique, l’âge, certaines maladies dont plusieurs très graves (comme la carcinose), etc., peuvent avoir un impact sur la variabilité de la fréquence cardiaque.

Conclusion

D’énormes progrès ont été fait pour mieux comprendre et mieux utiliser l’information que nous envoie notre cœur au quotidien. Tour à tour critiqué pour sa grande variation en fonction du contexte, puis de nouveau remis sur le devant de la scène avec une analyse pointue au niveau mathématique pour donner accès à l’intime relation que ce muscle entretient avec le système nerveux malgré son autonomie de fonctionnement. S’ouvre alors un monde incroyable qui n’a pas fini de faire parler de lui tant au niveau de l’entraînement que la prévention de certaines maladies. Pour les sportifs comme pour les sédentaires, nous allons voir progressivement s’affiner les outils d’analyse et d’aide à la décision dans la gestion de l’intensité de l’entraînement tout comme la gestion de la récupération, voire l’optimisation des séances et des programmes élaborés pour faire progresser ce muscle si vaillant malgré sa petite taille.

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