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Handignez-vous !

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La Méthode Petö ou l’Education conductive

Rédigé le 07/11/2016 / 0

 

A Eva

Il y a quelques années, Valentin avait 6 ans, désespérée de ne le voir faire aucun progrès, j’ai pris mon ordinateur : quelqu’un dans le monde avait-il une solution à me proposer ? Je ne savais pas où chercher mais il devait bien y avoir une personne dans le monde qui avait dû se pencher sur les enfants comme mon fils ! A force de chercher, de guerre lasse, et sans doute par pitié, google a fini par me proposer un blog d’une maman dont le nom est à jamais gravé dans ma mémoire car c’est elle qui m’a ouvert la porte, cette même porte que j’essaie à mon tour d’ouvrir à bien d’autres enfants ! Eva Vidrai…

Eva était d’origine hongroise – était car elle a quitté notre monde depuis et doit être au paradis des mamans – sa fille souffrant de paralysie cérébrale elle s’était tournée tout naturellement vers son pays natal. Un pays qui croit aux enfants même les enfants paralysés cérébraux et qui applique une méthode plutôt qu’une thérapie dès le plus jeune âge, dès le diagnostique : la méthode du docteur Pétô qui remonte aux années 40.

Eva décrivait les progrès de sa fille. Elle venait 8 mois par an en Hongrie pour que sa fille puisse être prise en charge à l’Institut Petö de Budapest et rentrait en France pendant les vacances voir son mari et son fils aîné . Je la trouvais bien courageuse et l’idée de faire de même me semblait impossible. Je ne savais pas alors que Valentin allait me mener à voyager tous les ans dans des contrées que je ne pensais jamais visiter.

Eva m’a introduite dans un groupe de parents d’enfants handicapés et c’est à ce moment là que j’ai découvert toutes les possibilités, toutes les thérapies, les domaines des possibles offerts dans d’autres pays que le nôtre refusait à nos enfants…

Et puis le temps est passé, j’ai opté dans un premier temps pour la méthode Médek et le Brucker Biofeedback qui me semblaient plus rapides et plus adaptées à Valentin et qui lui ont fait faire de nombreux progrès…

J’ai cherché une école d’Education Conductive près de chez moi, mais il n’y en a pas près de Paris. La plus proche était à Pouilly en Bourgogne. Nous y sommes allés Valentin et moi pendant une semaine l’été 2016. Mélanie l’a créée pour sa fille Alice et ses amis en 2008. En 2009, le centre devient permanent. Une Educatrice Conductrice Hongroise, formée à l’Institut Péto l’anime. Pendant 5 jours de 9h à 17h, Valentin et moi nous avons travaillé avec d’autres petits copains conseillés par la conductrice Mira.

  • Qu’est-ce que cette méthode ?

Ce n’est pas vraiment une méthode mais un apprentissage ou une technique. Les enfants sont en groupe comme dans une classe… Car c’est de cela qu’il s’agit d’une école où on apprend l’autonomie et la confiance en soi. L’intérêt est multiple : socialisation, stimulation, respect de l’autre.. Cela ne vous rappelle rien ? C’est tout simplement ce que l’on apprend aux enfants dits normaux non ? Pourquoi ne pas l’apprendre à tous ?

Toute la journée, ce sont des exercices et des jeux. Les enfants se stimulent les uns les autres mais ne sont jamais évalués les uns par rapport aux autres. Leur but ? Pouvoir jouer avec l’autre, lui passer un petit pochon en tissus, une baguette magique… Il s’agit de gestes très simples répétés tous les jours : lever un bras puis l’autre, plier les genoux, les jambes, des gestes indispensables pour apprendre à vivre dans la vie quotidienne, à s’asseoir tout seul, à se mettre debout., à se déshabiller et à manger de façon autonome. Lorsque l’enfant ne peut pas faire les gestes seul, un adulte l’aide mais le but est qu’il arrive petit à petit tout seul…
 


La petite classe
 

Comme à l’école, cette technique développe les capacités motrices mais aussi le langage et la mémorisation à travers des comptines et des petites histoires.

Le but ultime est d’aider l’enfant à vivre malgré le handicap, à créer des stratégies pour contourner ses difficultés, acquérir le plus d’autonomie possible, préparer sa vie d’adulte… Finalement leur permettre eux aussi d’avoir une vie autonome et épanouissante… Est-ce trop demander ? C’est ce que l’on fait pour tous les autres enfants pourquoi pas pour eux ?

 

        


Mira fait marcher Valentin avec un déambulateur

Du coup l’enfant n’est plus surprotégé, il n’est plus victime des à quoi bon… Et il arrive à faire des gestes qu’on lui aurait cru impossibles à exécuter. Valentin m’a bluffée ! Seul il s’est levé en tirant sur ses bras accrochés à un espalier adapté.

Mais ceci n’est possible que si l’adulte a une vision positive de l’enfant, s'il a confiance en l’enfant et en sa capacité à progresser. Nous le savons, seule une attitude sincère d’attente positive et dynamique, de respect et de confiance peut l’aider à progresser. Une attitude qui malheureusement n’est pas générale en France !

Pourquoi, pourquoi nos enfants ne sont-ils pas pris en charge de cette manière dès l’entrée en néonatalogie comme c’est le cas en Hongrie, ou dès 18 mois comme en Norvège ? En Norvège, l’Education Conductive est même inscrite dans la loi comme un droit pour les enfants handicapés moteurs. Dans la plupart de ces pays, les séances d’éducation conductive sont remboursées par la sécurité sociale ou seule une faible part reste à la charge des parents. A Budapest, l’Institut International Petö a reçu jusqu’à 800 enfants par an.

Cette technique s’adresse aux enfants handicapés moteur qui ont préservé leur capacité de compréhension. Il est conseillé de commencer le plus tôt possible mais l’éducation conductive peut s’adapter aux adultes même si la prise de poids rend plus difficile sa pratique. En Hongrie, les enfants pratiquent tous les jours même adultes. Mais le plus remarquable dans le système Hongrois, c’est que le but de l’Education Conductive est de permettre aux enfants d’intégrer une scolarité normale ! C’est dans le programme. Il n’est pas toujours possible bien sûr mais nous en rêvons nous parents d’enfant handicapé français car nous c’est rarement au programme et  faire accepter nos enfants dans les écoles de la République est un combat de tous les instants !!

  • Où pratiquer en France ?

Il faut pratiquer le plus souvent possible, tous les jours ou par stage de plusieurs semaines par an.

Il existe 170 centres dans le monde, 6 en France, aucun à Paris ou en banlieue parisienne. En France tous les centres ont été créés par des parents. Ni les pouvoirs publics ni le corps médical ne semblent s’’y intéresser malgré les résultats. Ce n’est pas faute de les informer : les parents invitent, informent les politiques, les médecins … Ils écrivent qu’ils sont intéressés…. et rien ne bouge !! Quand changerons-nous en France un système inefficace qui endort les parents, n’apporte rien aux enfants à l’âge où justement ils pourraient apprendre et avancer …

– 4 Centres permanents: l’association EHM de Pouilly-sur-Loire , l’association Honorine Lève-Toi/Centre d’éducation conductive de Bayeux, le CEC du Gard enfin l’association la Maison Escargot de Plédéliac

– 2 Centres temporaires: l’association SEIMC de Maucomble et l’autre par l’AFPEC de Laval.

L’éducation conductive est représentée en France par l’association française de pédagogie conductive (AFPC) et la FEPEC, fédération des établissements privés d’éducation conductive.

 

Article écrit en collaboration avec Mélanie Jeannot, présidente association école conductive de Pouilly sur Loire.

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